27 mai 2012

ah quelle journée!

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Il y avait les parfums de l’été qui sortait de la terre encore humide, ceux des fleurs  qui commencent à ouvrir, ceux des journées dénuées de contraintes, il y avait six enfants qui couraient, sautaient, se poursuivaient, criaient, vivaient de part et d’autre du muret, il y avait un tout petit André qui les regardaient courir partout et un petit Georges qui me paraissait tout un coup très grand. Il y avait cette incomparable sensation de temps mêlé à la joie quand on sait qu’après une longue journée pleine il y aura une autre longue journée pleine. Il y avait eu un échange de pingouins et des bracelets qui portent chance. Il y avait des enfants aux alliances changeantes et ce retour dépité du ruisseau parce que « finalement il y a trop d’eau. »Il y avait un kouglof et de la confiture de chocolat au petit-déjeuner.  Il y avait un déjeuner sous la tonnelle qui mêle ses pétales à tous les plats servis et le goût des oranges grecques au dessert. Il y avait, pour le goûter, un gâteau préparé par Etienne et Blanche et la citronnade à la menthe.  Il y avait une ânesse et un cheval partis se promener avec nous, les couronnes de fleurs d’Anaïs et le soleil qui tape comme en été, juste adouci par un petit vent léger. Il y avait Joséphine et son cheval, des galops dans les boutons d’or et les enfants qui attendent leur tour puis qui lui serrent les bras autour de la taille, pour ne pas tomber. Des petits bouts de galop, encore, et des trots pour faire moins peur. Il y avait la lumière suspendue pour le dîner des enfants et des parents qui essaient de se préserver un moment, un morceau de fromage et un petit verre de blanc. Il y avait la première chauve-souris et le bruit des grillons, toujours le chant des grenouilles et le chat qui se méfie de cette horde d’enfants. Il y avait des clans, des rivalités, les drames que l’on peut  vivre à six ans, d’autres alliances encore et une chambre à cinq lits, chaque soir une nouvelle configuration. Il y avait une dent tombée et une petite souris qui a eu bien du mal à se faufiler au milieu de tous ces oreillers. Il y a eu un pull presque tricoté, de la couture en projets et la moitié du pot de gingembre tombée dans le crumble à la rhubarbe. Il y a eu une table même pas débarrassée, « on verra demain » et cet épuisement qui s’installe à la fin de ces journées qui paraissent si longues. Pas parce qu’on s’y est ennuyé, mais parce qu’en une on a vécu mille journées sans  arrêter de discuter, de marcher, de lire, de jouer, de cuisiner, de courir et de sauter par dessus le muret. P1017827P1017842P1017859P1017863P1017873P1017888P1017988

Posté par marionl à 10:32 - Permalien [#]