une heure de pluie
J’ai d’abord vu le vent, la pluie, et je me suis souvenue de ces journées qui m’offraient de rester ici. J’écoutais l’eau venir frapper les carreaux et je regardais se mêler le vert du pré et celui du poirier. Il m’arrivait souvent de faire un gâteau pour le retour des enfants. Ce matin, j’ai mis du miel sur mes tartines de pain beurré puis j’ai vite enfilé mes bottes en caoutchouc pour emmener Joséphine à l’arrêt du car. Nous étions en retard. Je suis rentrée, trempée, et au lieu de me jeter dans la course du matin, je me suis assise sur le canapé avec un autre bol de café. Mon ordinateur sur les genoux, j’ai fait comme si la journée pouvait m’attendre un peu, j’ai cherché la couverture à carreaux et espéré que les enfants ne se réveillent pas trop tôt. J’avais quelques minutes devant moi et dehors, le vent soufflait encore plus fort. J’ai pensé aux gâteaux que j’aurais fait aujourd’hui si j’en avais eu le temps, j’ai cherché des idées de patron et pensé au week-end qui vient. J’enfonçais mes pieds sous les coussins et remontais le col de mon gilet. Il ne faisait pas si froid mais l’humidité s’est infiltrée partout. Je n’avais aucune idée des vêtements qui allaient m’habiller aujourd’hui. il était temps d’y penser, presque trop tard. Peut-être la chemise blanche à plis, elle pourrait éclairer un peu cette journée de pluie. La demie-heure est vite passée mais je repartais avec la sensation de m’être accordée un beau cadeau. j’ai pensé à Aimé et à sa phrase du moment « on devrait faire ça plus souvent ». Le temps se joue de nous mais il lui arrive d’être doux. Quand j’ai réveillé les enfants, je ne sais par quelle magie il était à peine plus tard que les autres matins de semaine. Vite habillés, ils trouvaient leur petit sac de goûters et je cherchais leurs vêtements de pluie. Georges réclamait un chapeau et Blanche s’extasiait sur les nouvelles bottes que j’enfilais, en vérité de très vieilles chaussures que j’estimais pouvoir sacrifier par ce temps d’eau et de boue. « C’est celle que porte toutes les maîtresses dans les dessins animés." Dans la voiture, nous nous accordions sur la nécessité de partir un peu plus tôt. J’expliquais alors aux enfants qu’il nous restait quelques semaines d’entraînements pour être prêts l’année prochaine. Ils m'assuraient que le défi pourrait sans problème être relevé et paraissaient confiants. Je l’étais aussi, pour septembre prochain.

















