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Il avait fait cette route des dizaines de fois et hier après-midi, dans la voiture, j’imaginais qu’à chacun des ces allers retours, il avait pensé à cette fois-là. Nous avions suivi la construction de ce musée avec ses photographies, les enfants se souviendront toujours du récit de leur papa monté sur la grande grue des pompiers pour trouver une autre vue, j ‘avais aimé assister à la construction de ce musée par photographies interposées, du premier coup de pelleteuse à la visite des grandes pompes venues l’inaugurer. Deux heures de route pour une très particulière nuit des musées. Nous avons tous reconnu le grand bâtiment rond quand nous sommes arrivés, la queue de visiteurs était très longue mais elle avançait vite. Je pensais à l’émotion qui devait être la sienne, à voir toutes ces petites fourmis dans ce bâtiment qu’il connaissait par cœur et qu’il n’avait connu qu’occupé de travailleurs. Architecte, ouvriers, chefs de projets, archéologues et historiens, il nous racontait encore et Blanche nous disait son impatience à visiter le camp romain. Un monsieur s’est avancé pour dire que le premier ministre, photographe à ses heures, avait beaucoup aimé les photographies. Son directeur de cabinet aussi. Forcément flatté, aujourd’hui, c’est à ses enfants que le monsieur des images avait envie de les présenter. Nous sommes passés sous les combattants de pierre, romains contre gaulois puis nous avons commencé la visite comme si de rien n’était. Je reconnaissais certains détails vus en images tant de fois, les enfants voulaient tout regarder et tout comprendre, les  camps romains, les lances et les boucliers peints, « est ce que Vercingétorix ressemblait en vrai à l’image qu’on lui a donné ? ». Il y avait du monde dans les allées mais nous arrivions à nous faufiler pour regarder celui qui fabriquait les sandales des romains et cet autre qui nous montrait comment se monte un cote de maille. Nous avons regardé le tissage et les enfants ont chaussé des casques romains. Il croisait d’autres personnages aussi émus que lui, ceux qui avait construit ce grand rond de béton, électriciens ou maçon venus eux aussi montrer le chef d’œuvre à leurs enfants. C’est moi qui ai lu aux enfants le nom de leur papa, écrit en grand. Blanche et Aimé essayait de reconnaître les images qu’ils avaient déjà vus sur l’ordinateur, Marcel avait besoin d’un moment pour réaliser que c’est son papa qui était l’auteur de l’exposition et Georges le cherchait sur toutes les images exposées « ce sont des photos de ton papa » lui avait on dit. Je le photographiais avec ses enfants au milieu de ces grands panneaux pour qu’il garde un souvenir de ce moment dont il m’avait si souvent parlé. J’essayais d’imaginer l’émotion qui devait être la sienne, je m’appliquais pour qu’il puisse s’y replonger après ce moment si vite passé. Il faudrait revenir avec Joséphine. Après, il y a eu le moment sur le toit planté de bouleaux, le camp romain comme un vrai, l’attente de grand le feu d’artifice avec des « ahh » et des « ohhhh ». Nous venions de repartir quand Aimé nous a demandé « mais en fait, c’est Jules César ou Vercingétorix qui a gagné ? ». Il faudrait revenir. Bientôt.