15 mai 2012

des planches et un jardin

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 Cinq jours devant nous et ce soir déjà, j’annonçais aux enfants des bouts de notre programme. Des framboisiers, du jardin potager et du tri dans les armoires. Ce rangement ne me déplaît pas, les étagères débordent d’été et d ‘hiver mêlés et les pulls et les cols roulés ont beaucoup donné . Il y aura aussi une marche en famille et une journée à Alésia mais c’est surtout le quotidien qui s’installera pendant ces journées sans travail. J’ai envie de lenteur même si elle est occupée, et de moments ici qui nous permettront d’envisager l’été. je sais que les journées passeront très vite. Ce soir, les enfants savaient qu’ils pourraient veiller et attendaient la baby-sitter avec impatience. Ils lui avaient préparé des dessins et nous pressaient de partir. Nous allions voir Joséphine sur scène, le théâtre est pour elle une option au baccalauréat. J’ai admiré ma fille et une tribu d’adolescents pleins d ‘émotions et de plaisir à jouer. J’ai entendu les textes qu’ils avaient choisis, faits de violence et d’envies, de  morales et de batailles. Tout d'un coup leurs combats essentiels ramenaient mon week-end tranquille au rayon des futiles. J’ai vu leur joie quand ils sont descendus de scène, leur plaisir d’avoir bien joué, ensemble pour une dernière fois. Leur âge m’a paru beau et dur, ils m’ont attendris, j’ai eu envie de toucher cette émotion qui affleurait et je me suis souvenue que j’étais ce soir au rayon des mères, celles qui félicitent et ramènent les héros à la maison. Ce soir, je crois que ma fille était heureuse et cela m’a émue. Je ne me suis pas privée d’embrasser ce bonheur éclatant avant de retrouver mes projets d’armoires de printemps et de week-end prolongés. Elle est revenue avec nous à la maison déjà toute à sa journée de demain. J’ai ri en l’écoutant me parler de son week-end parisien, en jiun ou juillet, bientôt en tout cas,  balayant presque le baccalauréat d’un revers de la main. Ce soir, sa vie était à ses projets et la mienne me permettait de l’écouter. Je ne lui ai pas parlé de mes projets de jardin, de ma journée de demain,  je lui ai dit l’étoile filante que j’avais vu l’autre soir, elle m'a dit "oh, tu as de la chance". Je suis contente d’avoir eu dix-sept ans et de ne les avoir plu.   

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Posté par marionl à 23:31 - - Permalien [#]