un avant-goût
C’était comme un luxe absolu. Un dimanche comme un avant goût. De toute façon juste après, il y aurait un autre week-end, le même en plus grand, avec encore plus de temps. Alors il ne restait plus qu’à profiter de celui-ci. C’était un réveil au petit matin et un lever tard pourtant, un dimanche de vide-grenier avec un petit billet et pas plus à dépenser, promis juré, deux petits sacs de boutons et deux taies d’oreillers, c’était un déjeuner sur le pouce, fromage et pain, pour ne pas être en retard au café, un café partagé avec des souvenirs de Grèce et des histoires d’Espagne en été, une petite grappe d’enfant qui se jette sur un gros gâteau au chocolat et une piscine encore un peu trop froide pour se baigner malgré les suppliques des enfants rassasiés. C’était encore un peu de potager et des gros framboisiers à planter, des chaises longues retrouvées avec le goût de l’été, des enfants qui jouent et qui se préparent un goûter, loukoums à la vanille et petits beurre à la terre. C’était un petit garçon qui s’entraîne à faire du vélo tout seul et son grand frère qui lui dit « j’ai encore des choses à t’apprendre tu verras. » C’était un garçon plus petite encore qui veut jardiner avec sa mère, un tout petit garçon dont le visage s’éclaire parce qu’il arrive à faire un trou là où il faut, juste à l’endroit prévu pour les fraises des bois. c’était une grande fille qui commence à s’angoisser pour son baccalauréat et son beau-père qui l’emmène au cinéma. C’était une grande fille et son beau-père qui rentrent hilares du cinéma, c’était une pizza maison et un cheese cake aux fraises, un dîner qu’on aurait presque pu prendre dehors et bien meilleur dedans, à l’abri du vent. C’était un tout petit garçon épuisé par deux jours à courir partout, à suivre les grands, et qui s’endort juste avant l’heure du dîner. C’était une très grosse part de gâteau qu’on garde pour ce tout petit garçon qui depuis ce matin attendait de pouvoir croquer dedans. Le gâteau sera encore meilleur demain. C’était un projet d’été passé ici le plaisir d’occuper notre maison comme des vacanciers. C’était une fin de dimanche si légère parce qu’on sait tous les jours qui vont arriver.





























