05 mai 2012

arrivée au port

P1016569J’ai le souvenir que petite fille, le dernier jour des vacances me rendait toujours malade. Une sorte d’insolation qui, à chaque fois, me mettait hors d’état de profiter de ces dernières heures que je trouvais, de toute façon, bien trop tristes pour être traversées. Cette fois-ci,  je savais, j’aurais du me méfier de ce soleil qui cognait sur le pont du bateau. Mais je voulais sentir encore le vent et écouter le bruit de l'eau. Nous nous étions installés au même endroit qu’à l’allée et j’ai protégé Georges d’un mauvais coup de soleil, puis je me suis allongée à côté de lui. Cette traversée nous paraissait tellement plus longue que la première. Le jour commençait déjà à baisser sur le port du Pirée quand nous sommes arrivés. Juste avant d’embarquer, Marcel nous avait suggéré de couler le bateau pour que nous restions coincés sur l’île puis Aimé nous a dit que plus tard, il viendrait s’installer ici « je suis sûre  que ma femme aimera cette île » a-t-il ajouté. Blanche s’était trouvé quelques souvenirs dans les boutiques du port et au moment de monter sur le bateau, elle avait sorti de son sac un petit éventail qu’elle avait choisi pour moi « tu verras, dessus il y a dessiné tout ce que tu as aimé ici ». C’est dans le grand escalier qui nous ramenait au ventre du bateau, là où nous allions croiser toutes les voitures et les camions, que je me suis sentie vaciller. L’odeur du fuel et le bruit des essieux me semblaient tout d’un coup insupportable et je suivais la foule, sans même vérifier que les enfants se trouvaient derrière moi, jusqu’à un endroit dans ce port où je pourrais m’assoir un peu. J’ai respiré, j’ai aperçu des images qui,en d’autres circonstances, m’auraient emportée. Ce port immense et le bateau duquel nous venions de débaqruer, le circulation intense et les piétons partout qui se mêlaient aux deux roues, nous étions très loin des cyclades et il fallait maintenant se diriger jusqu’au métro. A partir de ce moment, j’ai suivi la petite troupe qui me précédait rangée comme une petite armée. Un père et cinq enfants dont les quatre plus grands tenaient une valise à la main. Nous sommes sortis sur une place bondée et je leur ai promis que je tiendrai jusqu’à l’hôtel. Je savais déjà que notre soirée à deux tombait à l’eau, « ça va maman ? » me demandaient les enfants et je me trouvais si bête de n’avoir pas fui le soleil quand je l’avais senti sur le pont du bateau. Un peu en retrait, je voyais les passants se retourner attendris sur cette rangée d’enfants porteurs de valise aussi grandes qu'eux. Aimé en profitait pour regarder les vitrines mais il avançait, comme les autres, en direction de l’hôtel qui n’était plus très loin. Je crois qu’ils ont trouvé un fast-food et j’ai imaginé qu’ils étaient plutôt contents de s’y rendre sans moi. Comme ça, ils pourraient prendre du coca. J’ai gardé Georges dans le petit lit à côté de moi. La douche m’avais fait assez de bien pour profiter des draps frais et me laisser sombrer dans le sommeil qui me ramenait à des souvenirs lointain de petite fille qui n'avait pas envie de quitter des moments de vie dorés. 

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Posté par marionl à 23:42 - Permalien [#]