02 mai 2012

les petites ruelles

P1016122P1016166Je ne sais pas si les enfants se souviendront du bleu du ciel et de celui de la mer, je ne crois pas qu’ils oublieront le blanc éclatant des maisons accrochées aux montagnes et le parfum des oranges qui sont ici aussi délicieuses que des bonbons. Je ne sais pas ce qu’ils rapporteront de ce voyage en famille mais je crois qu’ils ne sont pas prêts d’oublier la liberté dont ils auront pu jouir pendant cette semaine de vie ici. Hier, Blanche, Aimé et Marcel partaient tous les trois dans les ruelles du village pour chercher la boulagerie. Ils en revenaient sans pain mais avec quelques passages secrets à nous montrer, des ruelles qu’ils étaient impatients de nous faire découvrir. Ce matin, ils repartaient et forte de la confiance que nous avions pu lui faire hier, Blanche serrait dans sa main de quoi acheter le pain. Ils nous ramenaient quatre petits pains chauds tout juste sortis du four et j’autorisais Blanche à repartir sans ses frères dans une exploration plus poussée du village. Pendant ce temps Aimé et Marcel descendaient sur la place au grand platane et Georges me demandait de les suivre. Ils ont trop peur de perdre cette liberté pour ne pas respecter les interdits fixés, interdiction de sortir sans nous en avertir et de s’asseoir sur les murs trop hauts. Ce matin, Joséphine a croisé deux de ses petits frères qui se prenaient pour des guerriers dans les ruelles et lui promettaient de la défendre si elle était attaquée. Cet après-midi, alors que le village était endormi, c’est Aimé qui repartait tout seul à l’aventure. Quand il est revenu, je me suis contentée de lui demander si tout s’était bien passé en me gardant bien de lui poser des question sur cette expédition solitaire. A midi, nous les avons emmenés manger dans une taverne au bord de la mer. Nous étions tout seuls dans ce tout petit port et pendant que la dame nous préparait les calmars et les petits poissons frits, après avoir promis au chat de partager une partie de leur déjeuner avec lui, ils repartaient dans une nouvelle aventure, à la recherche de galets assez plats pour faire des ricochets. Georges les rejoignait en trottinant, et je me souviens m’être dit qu’au pire, le port n’était pas si profond.   Il ne risquait que de tomber là où il avait encore pieds. La mer était si belle et le moment précieux, je crois même qu’à certains moments, je les ai oubliés, je suis certaine que de temps en temps, ils n’ont plus du tout pensé à nous. Il y a juste eu cet instant, avant notre départ du petit port, quand leur père qui pourrait prétendre au titre de champion de l’univers du ricochet, s’est mis à leur montrer comment lancer des cailloux pour les faire rebondir plus loin qu'ils ne l'avaient jamais vu. J’ai croisé dans leur regard plein d’admiration l'impression que pour quelques détails, ils auraient encore un peu besoin de nous.

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Posté par marionl à 17:57 - Permalien [#]