01 mai 2012

des voeux et des couronnes

P1016003Dans tous les guides, cette île est connue pour être un lieu de pèlerinage. Ce matin, nous sommes partis pour visiter la très grande église que nous avions tous vue en photo. Quand nous sommes arrivés, la ville était presque vide. Ici aussi, le 1er mai est un jour férié et j’avais pensé que les terrasses de café seraient aussi pleines que dimanche dernier, d’autant qu’il me semblait avoir compris qu’à cette date ici, on célèbre aussi le printemps avec des fleurs, des couronnes et des bouquets. Sur la route, nous avions d’ailleurs doublé quelques voitures arrêtées sur le bas côté et vu des gens chargés de brassés de fleurs des champs puis chez un marchand de souvenirs, j’avais aperçu une petite fille qui portait une couronne de fleurs fraîches. Un monsieur m’expliquait que la fête du printemps se célébrait en famille et que la ville resterait effectivement déserte toute la journée. Cette ambiance étrange convenait à notre visite de l’église à laquelle menaient de grands escaliers. Au milieu d’une poignée de pèlerins, les enfants prenaient le pain béni qu’une dame leur tendait et allumait un cierge en faisant un vœu. Des centaines d’ex-voto étaient pendus au dessus de nous et Aimé me demandait de lui lire quelques histoires de miraculés. Puis nous apercevions une cérémonie de baptême et restions un peu assis dans la grande cour juste à côté, dans le silence et les parfums d’encens et de fleurs. Juste en bas de l’allée qui nous ramenait au port, un vendeur de sandwich grecs nous rappelait que nous avions tous très faim et qu’il était presque midi. Sur le chemin du retour, nous nous étions promis de monter jusqu’au petit village dont nous avait parlé un monsieur croisé un jour de recherche de boulangerie. Un tout petit village suspendu dans la garrigue pareil à ceux qui devaient exister ici il y a un ou deux siècles « tu veux dire quand les dames lavaient leur linge à la source » commentait Aimé qui nous suivait avec Blanche et Marcel dans les toutes petites ruelles. Un monsieur nous saluait puis Blanche et Aimé nous demandait si eux aussi pouvaient faire des bouquets avec des fleurs cueillies. Juste avant de rentrer, nous leur avions promis la mer et nous recherches de plages nous menaient sur des chemins de terre en bord de précipice, sur le haut de colline fouettées par le vent et sur des routes que nous avions déjà plusieurs fois empruntées aujourd’hui mais jamais à la plage repérée sur le plan. Je suis aussi tenace que lui mais nous avons du nous rendre à l’évidence et un peu lassés, nous laisser mener par l’un des premiers chemins trouvés jusqu’à la plage la plus proche. Une très grande étendue de sable bordée d’une église et de grande maison qui paraissaient inoccupées. L’eau était froide mais nous y avons joué et j’ai promis aux enfants de me souvenir longtemps de ce moment. Comme de celui que nous nous sommes offert après. Un verre d’ouzo sous le grand platane de la place du village, alors que les enfants se couraient après en essayant de battre des records du monde. Je sais que cet endroit existe et cette certitude suffira à apaiser la dureté de certains hivers chez nous. Cette petite place protégée du monde sera toujours ici, en attendant qu’un jour nous voulions bien la retrouver. P1015777P1015822P1015825P1015774P1015833P1015844P1015846P1015873P1015917P1015968P1016016

Posté par marionl à 21:02 - Permalien [#]