une plage à l'abri

Nous avons trouvé par hasard ce petit village à flanc de montagne. Il était baigné dans la lumière du soir et nous n’avons pas pu résister. Ici, pour découvrir les villages, il faut se garer et partir à pieds à travers les petites ruelles. De loin, nous avions aperçu la place et les gens qui ‘y étaient réunis. Nous n’avons pas eu de mal à la retrouver. C’était comme une grande terrasse suspendue devant l’église qui regardait la mer. Blanche, Aimé et Georges on regardé dans la fontaine les poissons rouges qui se cachaient sous les nénuphars et nous sommes repartis sans faire trop de bruit. Nous revenions d'une plage que nous avions encore trouvée pendant nos pérégrinations du matin. C’était une plage abritée du vent, au bout d’une vallée qui semblait donner des légumes et des fruits en quantité. Sur le chemin, nous avions croisé de vieux monsieur à dos d’âne, des chèvres qui semblaient sauvages et des vaches solitaires. Ce matin, après un café sur la place du village et un voyage à l'épicerie qui est désormais l'un de nos lieux de repères, le marché n’avait été qu’un alibi pour se promener sur l’île. Pendant que nous parcourions les routes de côtes et les voies sans issues, Joséphine était restée au village, sous le platane de la place ou un petit garçon s’était lié d’amitié avec elle. Ce midi, les enfants lui avaient alors vanté les mérites de cette plage abritée où nous leur avions promis de très vite retourner. Aussitôt dit, aussitôt fait après que nous ayions enfin trouvé un créneau d’ouverture pour la boulangerie du village et déjà dévoré la moitié du pain au sésame et de la brioche à la canelle. Je n’avais pas promis de me baigner et l’eau semblait encore un peu froide. Mais une fois le premier pas franchi, puis les cuisses, puis le nombril, je n’ai pas pu résister à cet appel de l’eau salée. Marcel, Aimé et Blanche s’ébrouaient déjà entre eau et plage et Joséphine m’attendait pour nager. Le courant était fort mais la vue qui s’offrait à nous valait quelques brasses supplémentaires. La plage était déserte mais la taverne qui la surplombait était remplie de vacanciers grecs. Georges avait remarqué un troupeau de moutons dans la colline et essayait de nous les montrer. Je ne sais pas ce qui restera de ce voyage dans son épuisette à souvenirs. Peut-être le goût de l'eau salée ou le parfum du jasmin mêlé à celui de l'oranger, peut-être ce sentiment plein qui nous emporte de temps en temps, quand tous ensemble nous partageons un tel moment.























