un voyage en avion

Je crois que chaque ville a un parfum, un parfum qui ne change jamais.. Celui ci est un mélange d’odeurs urbaines, de jasmin et d’orangers. C’est ce parfum qui m’a frappée dès notre sortie de la station de métro au milieu de l’après-midi. Il faisait chaud et nous terminions un long voyage commencé au petit matin. Le vœu d’Aimé et Blanche avait été éxaucé, il faisait encore nuit quand nous les avons réveillés. Le petit déjeuner vite avalé, nous étions sur la route, et j’ai ressenti le besoin de le répéter, nous venions de partir et rien ne pouvait plus nous arrêter. Mais avant même de nous envoler, il y avait une petite surprise à laquelle nous n’avions pas pensé. La Suisse et ses montagnes enneigées, un autre pays et déjà sensation d’être très loin de chez nous. Aimé et Marcel ont regardé leur valise partir sur le tapis roulant, il ont posé de bonne grâce, leurs affaires dans la machine à rayons. Chaque était un bout de l’aventure. Nous sommes allés attendre notre avion. Marcel nous demandait si dans ce pays, on pouvait payer les affaires en donnant du chocolat, une voix a appelé les passagers du vol pour Athènes, nous étions prêts. J’ai ressenti le vertige du décollage et espéré que les enfants le ressentiraient aussi, j’ai vu à leur regard qu’ils aimeraient les voyages en avion. Nous nous sommes tous les sept emerveillés quand la chaîne du Mont-Blanc est apparu à travers les hublots de droite, puis Sienne et ses petites maisons « maman, même les camions sont touts petits vue d’ici ! », puis la mer sur laquelle les cargos chargés se croisaient. Aimé nous suggérait de « faire ça plus souvent » et Joséphine, en voyageuse habituée nous répétait en regardant ses frères et sœurs « jusque là, tout va bien. ». Même nos valises semblaient avoir compris que, dans ce voyage, tout devait bien se passer. IL y a eu le métro, « maman, ils sont vraiment gentils les gens ici », les passagers qui comptaient et recomptaient leurs enfants, « que dieu les garde !» nous a dit une dame et le petit hôtel trouvé en plein centre-ville. Il y a eu le refus partagé de s’allonger un moment, « sinon on va s’endormir maman », les gardes du parlement, les orangers, le jasmin et le premier ouzo sous une glycine dans le jardin national, la surprise de nous retrouver face au grand stade antique éclairé par le soleil couchant et l’ivresse du premier soir, celle qui nous rappelle que le matin même, nous quittions notre maison.





















