16 avril 2012

neige d'avril

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 Ce midi, 16 avril, j’ai marché sous la neige qui tombait. J’ai d’abord hésité puis j’ai vérifié qu’il s’agissait bien de flocons. Très légers, mais glacés. Ce lundi, j’ai déposé les enfants à l’école et j’ai regretté de ne pas leur avoir dit de se couvrir. C’est juste un contre-temps, comme un retour en arrière qui tenterait de nous décourager. Mais les graines sont plantées et le printemps a pris racine. Hier soir, sans savoir comment je l’avais laissé s’approcher, j’ai senti le flottement de la mélancolie. Ce matin, j’étais remontée contre tous les caprices  et les conspirations du ciel qui sait s’entendre à merveilles avec les enfants bruyants. Il m’a d’ailleurs semblé que le lundi matin, les enfants de chez nous sont un peu moins vaillants, comme si la perspective de la semaine à venir les rendaient un brin timides, comme si en prévision des prochaines journées à traverser, ils étaient décidés à ménager l’humeur et la main d’une maman elle aussi à peine plongée dans son lundi. Aujourd’hui, je crois que nous avions tous encore un peu la tête en week-end et le petit garçon qui déteste les « gilets qui ferment avec des boutons » à trouvé que justement celui là était parfait, celui qui met un peu plus de temps que les autres à se lever a vite englouti son petit déjeuner et les tartines beurre miel n’ont ce matin, ce qui est exceptionnel, donné lieu à aucun combat acharné. D’habitude, il y en a toujours une plus grande ou mieux grillée, une qui ne devait pas être beurrée ou une qu’on n’a plus le temps de manger « mais dépêchez-vous je vous dis ! ». Ce matin la plus petite des filles de la maison a trouvé ses chaussures toute seule et la plus grande avait pris soin de  soin de préparer le café de sa mère avant de la réveiller. Même le bébé a bien voulu noyer le désespoir que lui causait la vision du pré déserté par les vaches dans le biberon qui l’attendait. Si par une conjonction de rêves malheureux la mélancolie avait survécu à la nuit, elle n’aurait pas passé le petit-déjeuner. Le froid nous a pourtant glacé et la neige surpris, le retard du matin  n’avait rien à envier à ceux de la semaine dernière et on nous a encore prédit le gris pour les jours qui s’annoncent. Mais les racines sont plantées et nos envies continuent de nourrir nos projets. Nous ferons du feu un peu plus longtemps qu’à l’accoutumée, nous mettrons des chaussettes à nos pieds et ressortirons nos cache-nez, prêts  à accueillir le retour du  printemps, quand il voudra bien se réinstaller.

Posté par marionl à 21:20 - - Permalien [#]