P1012495_2J’ai senti dans son commentaire sur le parfum du déjeuner qu’elle était heureuse de retrouver la maison. Les petits l’attendaient, Blanche avait déjà négocié une place à table à côté d’elle et Aimé n’osait pas encore lui demandait si elle avait pensé aux « petits souvenirs ». Il était tard, nous avions tous très faim et le retour de Joséphine donnait déjà à ce déjeuner un air enjoué. Elle pouvait profiter du statut particulier qui lui est accordé au premier repas qui suit chacun de ses retours. Pendant un moment, alors que sa valise n’est pas déballée, elle est encore une invitée. Retour en douceur où se mêle le récit de son voyage en avion et de ses vacances en famille « mais maman, c’est qui le vrai papa de Joséphine alors ? ». Retour à la réalité parce qu’ici, la vie n’est pas la même que là-bas. Cette fois-ci, Joséphine nous avait ramené des preuves en images de ses vacances au paradis. Alors nous nous sommes tous assis autour d’elle sur la canapé et nous avons vu défiler la piscine a débord et les couchers de soleil. Aimé et Marcel n’en finissaient pas de s’exclamer et Blanche nous confiait son rêve de « vacances pareilles ». J’aimais regarder les étincelles d’envie dans leurs yeux à ce moment précis, et j'imaginais la certitude déjà ancrée pour eux qu’il y a d’autres vies, d’autres plaisirs que ceux que nous pouvons leur proposer. Comme l’ordinateur était allumé et nous tous assis, nous avons regardé d’autres séries. Les vacances de cet été, la Bretagne, Singapour et les bateaux danois. Et puis les photos du départ, il y a trois ans de cela, la tristesse dans le regard les enfants, liée au sentiment de vivre un moment important, fondateur de ce qu'est notre famille aujourd'hui. Et puis juste après, les images du retour, un an après, il y a si longtemps. Georges venait de se réveiller, prêt à enlacer cette grande sœur qu’il semblait lui aussi si heureux de retrouver. Tout le monde était partant pour une promenade jusqu’au moulin, celle que nous proposons aux invités qui n’ont pas l’habitude de marcher. La grande fille commençait à devoir lutter contre les effets du décalage horaire et le froid n’engageait pas à sortir plus longtemps. Ils se sont tous disputé les bras de leur grande sœur, je lui ai dit mon plaisir de la voir avec nous. Demain, elle pensera au lycée et mettra le couvert. 

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