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Il s’est fait beau et nous aussi. Dans la voiture, il disait que c’était le plus beau jour de sa vie. Tout d’un coup, il nous a dit qu’il aurait préféré le hamburger au vrai restaurant. Il s’agissait de sa journée et c’était à lui de décider. Nous lui avons donné notre avis, j’avais du mal à ne pas insister, il a encore hésité, changé d’avis plusieurs fois avant d’arriver. Il s’est assis sur la banquette à côté de moi juste avant de choisir un plat, même pas le menu enfant. je lui demandais s’il lui arrivait de s’imaginer en fils unique et il me répondait qu’il y pensait souvent. Il nous répétait son désir d’envoyer ses frères et sœurs à l’autre bout du monde, je souriais, il précisait « mais vous aussi vous savez, je vous enverez avec eux. Par contre, il faudra me laisser la télé allumée. » Il fut ensuite question de baisers sur la bouche et de bombe atomique, d’un peu d’école et de beaucoup d’Aimé, des martiens qui seraient ses nouveaux amis. C’était une journée pour lui. Il n’y avait plus beaucoup de temps avant le cinéma, juste un moment pour aller dans un magasin que nous connaissons bien puis pour chercher des bateaux le long de la Saône et y trouver des cygnes. Aimé nous tenait la main, la salle n’était pas loin. Le petit bol de pop corn n’était pas inscrit dans le programme mais il y trouvait sa place, comme mon idée de passer chez le marchand de bonbons une fois la séance terminée.  Nous avons vu les lionnes et la mère guépard avec ses petits, suivi la traversé de la rivière et eu peur pour les zèbres et les bébés animaux trop petits pour échapper aux crocs des hyènes. Il faisait encore jour quand nous sommes sortis, Aimé avait gardé une grosse poignée de pop corn pour les cygnes qu’il avait envie de retrouver. Son papa lui promettaient qu ‘ils allaient arriver, même de si loin, même de l’autre côté du fleuve. Ils sont venus pour manger les graines de maïs soufflées qu’Aimé leur envoyait, une part une en tentant de ne léser aucun oiseau. Cette fois-ci le bol était vide et j’avais envie d’un bouquet de tulipes. Et puis juste avant de rentrer, nous sommes passés par cette petite boutique que j’avais envie de leur faire découvrir. Des bonbons de toutes les couleurs et de toutes les formes. Aimé reconnaissait ceux qu’un jour j’avais ramenés d’une de mes promenades en ville. Il devrait partager le sachet de bonbons « à tous les parfums » avec ses frères et sœurs, la sucette était juste pour lui, et pour son papa, je trouvais ce sucre de pomme que j’avais tant aimé quand j’étais petite fille. Dans la voiture, en rentrant, Aimé nous demandait à l’un puis à l’autre si, dès notre retour à la maison, nous pourrions l’aider à retrouver les paroles d’une chanson. Puis il s’est tu. Je me suis retournée et je l’ai vu regarder la route qui défilait. Au bout de ce voyage de retour, il devrait reprendre sa place parmi ses frères et sœurs. Aimé, grand et petit frère.