du matin au soir

Marcel était descendu plus tôt et déjà, Georges nous appelait de son lit. En partant avec Joséphine pour attraper le car qui l’emmènerait au lycée, nous avions remarqué les premières lueurs du jour qui se levait. C’est un détail qui chaque année nous met en joie et que j’ai envie de partager dès que je suis rentrée. J’ai préparé les chocolats puis Marcel a voulu m’accompagner dans la chambre de Georges. Nous n’avons pas plus de temps, pas une seule minute offerte mais le vendredi, le petit matin est toujours plus gai. Georges que j’essayais d’habiller riait avec ce grand frère qui avait pris sa place dans le petit lit. Dehors le ciel avait rosi et ce matin, pour ajouter au plaisir d’être vendredi, il y avait posée sur le grand plat bombé une dizaine de crêpes qui nous attendait pour le petit déjeuner. « encore une crêpe de papa ! » criait Marcel en sautant sur le parquet. Toute la maison était réveillée. Dans le marc de mon deuxième café, on aurait pu lire tous les projets du week-end qui commençaient à se dessiner. Le marché de demain matin, les légumes, le comté et le froid, peut-être un petit verre de vin blanc, son curry d’agneau pour le dîner et mes doutes pour le dessert. Après le curry il faudrait du léger mais l’hiver creuse et supporte le sucré. Et peut-être entre deux casseroles, le petit short de Georges à terminer. J’ai commandé mes premiers tissus de printemps. Ils ne sont pas encore arrivés mais ils font bouilloner mes envies. Il faut que j’essaie de faire des cols arrondis pendant que Georges est encore petit. L’autre jour, Marcel m’a commandé une chemise noir « avec beaucoup de fleurs dessus », je ne sais pas s’il voulait me faire plaisir ou si il en avait vraiment envie. Nous verrons tous les deux et j’essaierai d’écouter le vrai de ses envies. Avant les chemises fleuries, il y aura le ski. Départ lundi matin avec les sacs remplis. Il me reste deux jours pour marquer tous les vêtements qui partiront. Ce matin, comme tous les matins depuis que le voyage est annoncé, Aimé nous a demandé combien de nuit il restait et Marcel nous a dit qu’il ne savait pas s’il préfèrerait skier ou faire du poney . « Mais le poney, tu connais » lui a dit Blanche un peu agacée à l’idée de ne pas les accompagner. Aimé et Marcel se précipitaient à la porte d'entrée pour regarder la mésange sur les boules de graisse que nous avons accrochées mercredi.


























