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                                                                                                                                                                                                                 Le nouvel an est passé mais nous nous étions promis de le fêter. Chez nous, c’est une sorte de tradition pas écrite mais respectée depuis que Joséphine nous a annoncé qu’elle partait vivre en Asie. Elle est revenue depuis mais cette petite fête reste un clin d’œil à l’autre partie de sa vie. Ce soir, elle n’était pas là et nous nous étions promis de relever le défi des baguettes. Savoir les manier sans ses conseils et ses démonstrations. Blanche a trouvé que la nappe rose « presque rouge » était la plus adaptée à la soirée, j’ai retrouvé les grandes assiettes chinoises achetées il y a vingt ans à Tahiti et nous avons un saladier qui pouvait avoir l’air chinois. Pendant qu’elle montait enfiler son pyjama doré, je cherchais les petites enveloppes que je garde dans mon tiroir à trésors. J’avais ramenés d’un de mes voyages à Hong-Kong quelques paquets de ces petites enveloppes qu’on s’offre là-bas remplies de billets pour fêter la nouvel année. J’ai plusieurs fois accompagné Joséphine à Hong KOng  et je n’oublierai jamais ce nouvel an,  une année du lapin, avec des orangers partout et du champagne au milieu de la baie. Je glissais dans celles-là une petite pièce pour chacun. Aimé voulait un habit complet, un pyjama doré lui aussi sous un manteau bleu nuit couvert de dragons, les héros de la nouvelle année. Marcel voulait une tenue pour l’occasion mais uniquement de son choix. Il trouvait le tee-shirt parfait « tu sais bien que les pandas, c’est chinois ! ». Ils étaient impatients de savoir ce qui allait leur être servis. En bas, leur papa cuisinait et Georges avait déjà plongé la main dans le bol de chips aux crevettes.  Des nems, des samossas, du poulet au lait de coco et des nouilles chinoises, j’avais fait avec ce que j’avais trouvé dans les rayons du magasin qui bradait ses articles annoncés "chinois" pour cause de nouvel an passé. Marcel se lançait le premier dans le maniement des baguettes, puis Blanche et Aimé qui prenait son temps et cherchait la meilleure façon de pincer les nouilles entre ces deux bouts de bois. Georges essayait de détourner notre attention en nous montrant comme il était devenu expert en maniement de fourchette. Les trois grands avaient trouvé leur petit cadeau et semblaient plus intéressés par leur enveloppe que par la pièce que j’y avais glissé. Aimé me demandait si on était vraiment obligé d’attendre un an pour manger des lychees et je promettais que je pouvais envisager d’en racheter plus tôt.  Peut-être même que nous pourrions tester notre dextérité en jeux de baguettes avant l’année du serpent.