a1a2Depuis quelques jours, les matins sont agités. Les petits-déjeuners sont pris à la va-vite et les cartables sur le point d’être oublié. A chaque réveil, Aimé et Marcel me demandent quand les vacances vont arriver et le décompte des jours leur paraît toujours trop long. Au milieu de ce chahut, Georges s’enthousiasme pour les décorations du sapin et prend tout seul son biberon. Quand je l’habille, il me prend entre ses bars et fredonne une chanson. Je voudrais que ce moment dure des heures, une journée entière à l’écouter fredonner un air que nous improvisons tous les deux. Il aime toujours entendre qu’il est beau et réclame ses chaussures. Quand Marcel laisse son cartable sous l’escalier, c’est Georges qui va lui chercher. Le tout petit garçon a pris l’habitude de nous dire au revoir, hissé dans les bras de son père. Après , il est un rituel qu’il ne m’a été que raconté. Son père lui parle de la nounou après qu’ils aient glissé le chat et la couverture dans le panier, alors Georges se précipité vers la porte pour l’ouvrir et continuer sa journée. La vie selon Georges paraît si simple et tranquille, même au milieu des tempêtes et des cris. Ce tout petit garçon paraît aussi sûr de nous que de lui et le soir, quand je le retrouve, il court dans mes bras avant de me prendre par la main pour me montrer ce à quoi il était en train de jouer. Hier après-midi, j’ai réalisé que nous allions être séparés plusieurs jours et plusieurs nuits pour la première fois de sa vie. Toute à la joie d’organiser notre week-end parisien sans enfant ni horaire, j’avais oublié l’autre côté du décor. Les enfants iront chez la nounou de Georges et déjà, Blanche, Aimé et Marcel s’affairent à préparer ce séjour qui les enchantent et attise leur impatience. Georges ira avec eux, il sera un peu chez lui. Mais pour la première fois, il dormira à des kilomètres de nous. Nous dormirons très loin de lui. Peut-être que je rajouterai petit mouton à ses doudous, celui qu’il aime tant ces jours ci ; peut-être qu’avant de partir, je parfumerai ce petit mouton pour les quelques jours qui viendront, il rappelle au tout petit garçon que je ne suis pas si loin de lui. Je sais bien que ces effluves de citronelle, d'orange et de canelle serviront surtout à me rassurer moi. Mon parfum d'hiver pour accompagner mon bébé et lui, jamais inquiet, avec toute sa confiance en moi.

Merci Carola pour cette "cagours" que Georges ne veut plus quitter.