des signatures



Il y avait des petites étoiles juste à côté dans ma voiture, des sachets de petites étoiles sucrées que j’emmenais pour les poser à côté des livres que je m’apprêtais à signer. Il y avait des petites étoiles dans ma tête, des petites étoiles qui brillaient juste à côté des noms de celles que je m’apprêtais à rencontrer. J’arrivais chez elle les bras chargée, émerveillée par ses vitrines enchantées. Ce serait une si jolie fête des lumières. Je posais me livres, mon stylo et mes petits gâteaux et laissais le trac se transformer en excitation. Blanche arrivait au bras de son papa, Joséphine les accompagnait. Elle est devenue experte en paquet et m’expliquerait comment nouer la ficelle et la fixer. Elle avait préparé les cartes postales, les petites étiquettes et les pastilles dorées. Tout était prêt. Blanche vérifiait une fois encore les séries de cartes postales. Elle me racontais comme elle avait attendu cette soirée toute la journée, comme elle avait laissé ses frères chez la nounou pour revêtir sa tenue dorée. Le papillon, la jupe et le collant, et même les chaussures que Saint-Nicolas lui avait apportées, beaucoup trop grandes pour ses pieds. Nous nous promettions d’écrire une lettre à saint-Nicolas dès l’année prochaine pour lui demander de réviser ses pointures mais la première dame arrivait, Une dame qui venait chercher le livre pour sa fille. et puis la seconde. Haude, Nadège, puis Hélène et Brigitte, j’étais occupée et je ne m’apercevais pas que le magasin restait vide. Je ne réalisais pas tout de suite que l’année dernière à la même heure, ici, la fête battait son plein. Je laissais mon émotion me gagner en écoutant les récits de lecture au québec ou dans la campagne suisse. J’éprouvais tant de plaisir à rencontrer celles qui étaient venues que je n’ai pas tout de suite vu. La ville donnait un feu d’artifice pour la fête des lumières et dessiner un périmètre de sécurité qui interdisait notre rue. Aucune voiture, aucun piéton ne pouvait passer, à part ceux et celles qui par un petit mensonge avait forcé les barrières. Il fallait alors se préparer à l’idée que la fête promise n’aurait pas lieu, en vouloir un peu à ceux qui avaient sûrement oublié de nous prévenir et penser à celles et ceux à qui les gros bras des barrières avaient interdit le passage. Je laissais se mêler ma tristesse pour Céline qui pendant eux jours avait préparé la soirée des lumières et le plaisir des rencontres qui venaient d’inscrire un si joli chapitre dans l’histoire de ce livre. Emue, je signais le dernier livre pour une dame qui l’avait parcouru, reposé, parcouru de nouveau et qui avait finalement décidé de se l’offrir. Je partais avec d’autres petites étoiles gravées dans mes souvenirs et la cette certitude pleine de joie que ces pages n’avaient pas fini d’écrire leur histoire, même si une partie des chapitres s’écrirait désormais sans moi.
























