a1a2a3a4C’est le jour de ces quatre ans. Celui qu’il attend depuis le début de l’été, celui qui paraissait si loin, celui dont nous parlions depuis si longtemps. Celui qu’il a longtemps associé à sa première rentrée, celui que nous avons choisi pour lui installer son lit de grand. Hier soir, Quand Marcel s’est couché pour la première fois dans ce lit qui paraissait presque trop grand pour lui, il a demandé à son papa s’il pourrait de temps en temps, « jusqu’au jour où je deviendrai un papa » retrouver son lit de bébé. Pourtant, il nous avait fait part, juste avant, de son impatience à monter se coucher dans ce grand lit qui inscrivait de manière officielle, le passage au côté de son grand frère dans le groupe des grands garçons. Ceux qui combattent les dragons dans leur habit de chevaliers, ceux qui partent à l’école avec leur cartable sur le dos, ceux qui savent enfiler leurs chaussettes et tourner la pâte du gâteau, même quand il y a des blancs montés en neige très ferme dedans. Marcel était déjà entré dans le clan des grands frères l’année dernière et il semble apprécier le statut avec fierté. Je l’entends souvent expliquer ses jeux à Georges qui voudrait bien lui chiper ses doudous, Je l’entends aussi s’énerver parce que son pull est trop petit, parce que son pantalon le serre et parce qu’il est victime de parents trop injustes ou de frères et sœurs qui n’ont « rien compris ». Depuis qu’il est né, la force et l’autonomie de ce petit garçon m’émerveillent, j’admire de loin sa volonté et son impatience à grandir, comme un petit arbre qui aurait décidé de pousser, quelque soit l’environnement autour de lui. Mais ce qui m’émeut encore plus ces derniers temps, c’est quand j’entends ce petit garçon qui ose enfin nous confier ses craintes le soir au moment de se coucher. Ce grand garçon de quatre ans qui ne tient plus absolument être le dernier à embrasser, le dernier à décider. Ce grand garçon qui a recommencé à faire la sieste « parce qu’à l’école tous les moyens la font », qui nous parle de ses amours contrariées et qui dit « mon grand frère » quand il parle d’Aimé. Je regarde ce petit garçon vivre et je le vois s’apaiser, baisser la garde et demander un câlin, juste avant d’aller se battre contre les dinosaures les plus méchants du monde et les dragons qui existent en vrai, il le sait. Je le regarde et je sens sa main me demander la mienne de plus en plus souvent, je ne me lasse pas de ce sourire qui rayonne et m’entraîne, puis j’entends son rire qui balaie toutes les mauvaises questions. Ce soir, il m'a interdit de bisous à vie parce que je m'étais fachée trop fort contre luin cet été, devant le bagad écossais. Ce soir, quelques inutes après il m'en demandait encore et encore. Aujourd’hui, il a demandé son gâteau et ses cadeaux et puis oui, il a pensé que nous avions peut-être raison. On attendrait le retour de Joséphine pour le fêter avec quatre grosses bougies. Et puis comme ça, on aurait un peu l’impression de fêter l’anniversaire de Marcel tous les jours jusqu’à samedi prochain. on attendrait ce jour qui le ferait roi et nous ses sujets, juste le temps d’un déjeuner. Après, une fois les bougies soufflées, il redeviendrait ce petit garçon de quatre ans qui sait maintenant qu’il fait si bon d’être petit avant de devenir grand.