a1a2a3                                                                                                                               Comment voulez vous résister à ce tout petit va nu-pieds qui marche tout le temps et qui cherche partout ? Comment ne pas garder en tête toute la journée l’odeur de son cou sucré et le souvenir de ses deux dents de devant qui n’en finissent pas de pousser. Ses rires du matin et ses câlins du soir, ses regards amusés quand je chante dans la voiture qui nous ramène chez nous. Hier, je chantais les prénoms de tous ceux qui se trouvaient déjà à la maison et il m’a semblé qu’il répétait. Si les paroles étaient un peu floues, l’air au moins, y était. Je partage son empressement au moment de pousser le portail et en reflet dans la vitre de la porte d’entrée, je devine le sourire qui l’illumine quand on entend déjà les grands crier son prénom. Chaque soir, notre retour en fanfare est un rituel dont j’aurais beaucoup de mal à me passer. Je le pose pour ranger le panier qui porte les souvenirs de sa journée, Il trottine et je vois cet humain en tout petit, affairé et déjà très pressé de chiper la boîte de bouillie avant que quelqu’un ne referme la grande armoire. Il semble même avoir percé le secret de certaines clés. Pour l’instant ni papa ni maman, ni « beurre » comme une de ses grandes sœurs, pas de premier mot mais des petits signes très précis suffisant pour se faire comprendre. Tout petit garçon qui se précipite pour attraper une chaise quand j’appelle les plus grands à table et qui veux manger exactement la même chose que nous. Toutes petites mains qui savent depuis longtemps se saisir d’un verre qui casse et boire ce qu’il y a dedans. Tout petit humain qui apprend les gestes et les expressions de tous ceux qui s’ébrouent autour de lui.  Que voulez vous, je ne me lasse pas de le regarder marcher et de l’écouter rire. Il rit beaucoup. Il me plaît de rêver, quand je le vois embrasser sa poupée toute neuve et ses doudous, qu’il répète les gestes qu’il a reçus de nous. Moi je puise dans sa bonhommie bien plus de force que je n’aurais espéré. Il suffit de dire au revoir à ce petit garçon, de le voir agiter la main et rire aux éclats pour se laisser convaincre par la vie même la plus ordinaire. Ce tout petit humain rend l’ordinaire joyeux, il balaie d’un revers de minuscule main toutes les hésitations qui pourrait polluer ma journée. Il est là, et avance vers le point qu’il s’est fixé. Il lui arrive tout de même de venir me prendre la main pour m’emmener sans rien avoir de précis à me montrer. Alors je me laisse guider et nous marchons sans but défini. Nous marchons et marchons encore avant que ne vienne ce moment entendu entre nous. Je le prends dans les bras et nous nous serrons très fort. Je sens ses bras autour de mon cou, puis sa joue qui cherche la mienne. Avant de nous séparer pour reprendre chacun notre chemin,  nous nous serrons plus fort et  je ris encore.

22h50, j'avais oublié le titre.....merci!