a1a2a3a4a10a5a6a8a7a9C’est comme si l’été n’allait plus jamais s’en aller. Et pourtant les jours sont de plus en plus courts et les feuilles de l’érable commencent à tomber. Les jours nous leurrent encore mais les nuits humides et froides nous imposent de nous y préparer. Aujourd’hui, c’est par cette évidence que nous étions réunis dans le jardin. Pendant que sur des tréteaux se montait une nouvelle porte de grange, j’avais entamé un grand rangement avec les enfants. Ce matin, j’avais acheté une poignée de trésors dans les magasins qu’ils avaient montés sous des parasols ouverts. De vrais pièces roses pour des objets remis en rayons tout de suite après, des livres de bébé et quelques cubes vendus à l’unité. Cette fois-ci, leurs boutiques étaient remisées et pendant la sieste de Georges, nous devions trouver un endroit pour ranger les grands poteaux qu’ils avaient retiré du pré il y a quelques semaines avec leur père et posé sur le muret. « Regarde moi, je suis ne maçonnière ! » Blanche, Aimé et Marcel s’étaient préparés pour ses travaux de forces et une fois la dizaine de piquets rangés, ils me demandaient tous les trois « encore du travail à faire ». Leur petit frère s’était réveillé et nous l’avons emmené avec nous au potager. Là, il y avait encore quelques morceaux de barrière à ranger pour l’hiver et des bouts de bois à ramasser. Georges s’occupait à trouver les quelques tomates qui étaient restées sur leur pied. Il refusait qu’on l’aide à cueillir les fruits, c’était à lui de les trouver, recrachant les unes et dévorant les autres. Je le voyais ramper, couvert de feuilles mais heureux d’avoir repéré l’unique fruit rouge du carré. C’est lui qui nous a donné l’idée. Puisque les rangements étaient terminés et que les travaux de peinture devraient attendre un autre jour, il fallait encore occuper ses enfants décidés à empoigner tous les travaux que je leur proposais. « et maintenant qu’est ce qu’on peut faire ? » Cueillir toutes les tomates encore vertes. Depuis quelques jours elles ne mûrissent plus et bientôt, il faudra nettoyer la terre. Alors que Georges continuait à goûter tous ce qu’il trouvait à manger, Blanche, Aimé et Marcel arrivaient à rassembler assez de tomates pour en faire demain quelques pots de confiture. Je pensais au printemps prochain, à ce que nous pourrions planter dans ce jardin, persuadée que nous saurions mieux nous en occuper. Au printemps prochain, J’aurais quelques paires de bras pour m’aider.