aa1aa2aa3aa4Le sol est si fin. Quand je suis au rez-de-chaussée, je les entends comme s’ils étaient juste à côté. Alors J’ai préparé mon gâteau en écoutant Peau d’âne préparer le sien. Les enfants attendaient le robe couleur de temps pendant que je dressais la table d’un anniversaire qui attendait depuis presque une semaine d’être fêté. Le plat enfourné, j’ai cherché la nappe qui irait le mieux avec ses envies de petites filles de huit ans, des assiettes fleuries et des coupes de champagne gravées, des bougies et une pluie de sucre argenté. Il était déjà un peu tard dans l’après-midi et ce soir nous étions invités. Mais ce goûter devait être le clou de la journée et il le serait. Joséphine avait emmené ses petits frères et sœurs dans le jardin et Blanche se laissait mener, un bandeau sur les yeux. Je venais d’empaqueter les cadeaux. Son papa et ses petits frères lui amenaient le gâteau et les bougies allumées quand elle a eu le droit de retirer son bandeau pour regarder. Juste à côté, il y avait les cadeaux, encore secrets. Le premier était un paquet envoyé, le nom des cousins inscrits dessus, un papier difficile à déchirer, la curiosité qui rend le bout des doigts un peu maladroit et le papier rouge qui brille qui s’ouvre sur ce livre dont ils avaient tant parlé cet été. Le second cadeau était glissé dans un grand morceau de papier blanc. Elle l’avait essayée les yeux fermés et n’avait pas triché. Il y avait dans ce sourire autant de surprise que de joie. Et oui j’avais même pensé au diadème et aux gants, même si à son mariage, la princesse anglaise n’avait pas de gant. Blanche regrettait déjà d’être un jour devenue trop grande pour l’enfiler « j’aurais bien voulu la garder pour le jour de mon vrai mariage ». je crois que ce jour là, je lui offrirai de nouveau cette robe en rideau qu’elle aura peut-être oublié dans une malle au fond d’un grenier. Nous l’avons vu courir en relevant sa robe pour monter l’escalier vers le grand miroir de notre chambre, nous l’avons entendu s’écrier. Il restait un autre petit cadeau, un dessin qu’Aimé lui avait préparé ‘je sais que tu vas l’aimer » et un plus gros. Un gros cadeau commun qui avait demandé la participation de maminou et papinou. Une poupée, peut-être la dernière de sa vie de petite fille. Une poupée avec des cheveux, des chaussures et des yeux qui brillent, « je vais l’appeler Amélie ». Nous trouvions une petite chaise pour l’asseoir juste à côté de sa petite maman de huit ans « est ce que tu es prêt à être tonton Aimé ? ». Ce soir Blanche la coucherait dans son lit. Nous avons levé nos verres à cette petite fille qui grandit tant avant de lui servir sa part de reine de la journée, « avec des framboises et des petites billes argentées. »

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