a1a2a3a4On a juste déblayé. Le grand rangement attendra le week-end prochain. Juste avant la rentrée, il faudra trier toutes les armoires et mettre de côté. Mais aujourd’hui, il y avait bien plus important à faire, et à penser. Et si nous l’avions oublié, les enfants nous l’ont rappelé alors que le petit déjeuner n’était pas encore entamé. Aujourd’hui, nous allions chercher Joséphine au train. Arrivés très en avance sur le quai, nous avons vu des parents qui raccompagnaient leurs petits-enfants et un couple se disputer, nous nous sommes tous dits que nous avions de la chance et la très grande fille est arrivée. Le trajet de retour n’a suffit qu’au récit des trois premiers jours, Blanche, Aimé et Marcel buvaient chaque parole posée sur ce récit d’aventures et Georges regardait sa grande sœur comme si elle revenait d’un autre monde, les yeux écarquillés. Sans avoir souffert une seule fois pendant ces trois semaines, je retrouvais la délicieuse sensation d’être tous réunis, la joie de retrouver cette jeune fille, ma très grande fille, que j’entendais dire à ses petits frères et sœurs qu’ils lui avaient manqué. « On ne s’est peut-être pas assez téléphoné » remarquait Blanche qui m’avait plusieurs fois demandé de composer son numéro depuis que Joséphine était partie. Le thé s’imposait avec le chocolat et les petits gâteaux du goûter. Ils s’installaient tous autour du grand fauteuil en osier pour découvrir les livres que Joséphine leur avait choisis. C’était « l’école maternelle » pour Marcel qui regardait, très concentré, tout ce que sa grande sœur lui montrait. Aimé avait posé son « premier alphabet » pour regarder les dessins de la salle de motricité. La vie a repris, avec ce petit supplément de joie qu’apportent ces jours là. Georges protestait dès qu’il voyait Joséphine embrasser un de ses frères et sœurs, chacun avait des tonnes d’histoires à lui raconter. On se tromper dans le nombre de couverts au moment de dresser la table et l’excitation montait. Trop plein d’émotions. « Tu es contente ? » me demandait il après le dîner. Contente, je crois que je n’ai jamais réfléchi au sens de ce moment mais il se posait si bien sur le moment que je vivais. Cette chaleur qui m’avait envahie l’année passée le jour de son retour. Quelque chose comme la sensation d’être au complet.