a1a2a3a4a5a6Aimé et Marcel étaient partis pour la journée, ravis à l’idée du spectacle de marionnettes et du goûter au lac. Blanche avait son mercredi et Georges aussi. Comme le plus petit nous suivrait partout où nous irions, c’est à la plus grande que nous avions décidé de consacrer une partie de la journée. J’ai beaucoup cherché comment enchanter son après-midi mais tout d’un coup, je me suis dit que c’était peut-être d’être grande avec nous qui lui plairait beaucoup. Hier soir, quand je lui ai parlé de promenade en ville avec son papa pendant mon rendez-vous et de restaurant pour le midi, j’ai compris que je ne m’étais pas trompée. Ce matin, à peine levée, elle s’est vite habillée, sûre qu’avec ces habits là, nous la trouverions jolie. J’ai essayé de trouver une tenue qui lui plairait aussi, ce qui faisait partie du jeu. Dans la voiture, nous avons écouté des chansons et je l’a entendu nous dire qu’elle aimait être « comme ça » avec nous. Au restaurant, nous avons parlé de la mort et du monde entier, de sorbet au citron et de ce tout petit frère dont elle était fière. « Au revoir madame et bon après-midi », C’est elle qui nous a expliqué que juste « au revoir » n’était pas très poli. Nous avons regardé des robes et des blouses en dentelle, elle m’a demandé si un jour, elle pourrait avoir d’autres boucles d’oreilles et pendant que son papa et son petit frère nous attendait, elle a essayé un rouge à lèvres pour dame. Et puis nous sommes tombés nez à nez avec les cartables que nous avions repérés sur l’écran de l’ordinateur. Un grand pour elle et un petit pour Marcel, tous les deux gris, et pour qu’Aimé ne soit pas triste, une trousse assortie à son cartable choisi pour la dernière rentrée. Pour terminer notre promenade, nous avions prévu une petite halte dans notre repère. Allez voir Céline et la vitrine de vacances qu’il me tardait de voir en vrai. Au milieu des belles valises donc j'ai longtemps cherché la destination,  des exemplaires de « Monsieur Maurice » et un autre de mes textes travaillé et mis en boîte par l’atelier du coin. « Elle, moi et lui », un texte sur la cigarette que des pensionnaires se sont appropriés. Ces objets dans son magasin, c’était comme être le témoin d la rencontre de deux amis très chers. L’atelier du coin a trouvé de nouveau financeurs et peut continuer son travail de réinsertion autour de beaux papiers imprimés qui trouvaient leur place dans ce si bel endroit. Il suffisait alors que j’apprenne qu’un exemplaire de « monsieur Maurice » et un exemplaire de « elle, lui et moi » avaient été vendus le matin même pour que j’ai la certitude d’une délicieuse alchimie. Blanche se tournicotait les doigts en me demandant si je pouvais lui prêter de l’argent pour un petit rouleau d’adhésif coloré « l’argent de mes dents tombées ». Elle l’a choisi mauve et il a bien fallu quitter l’endroit. Deux petits garçons nous attendaient à quelques kilomètres de là.