03 juillet 2011

du vent dans les acacias

a1a3a4a5a6J’ai a2commencé ma journée en Alabama, j’avais besoin d’y retourner pour finir l’histoire que je dois avoir terminée le 14 juillet. J’y ai retrouvé la moiteur de l’été, la ségrégation et Rosa Parks racontée par un petit garçon. Il était midi quand j’ai fermé mon écran pour rejoindre le potager. J’avais encore dans la tête le parfum des beignets d’acacia et le blues des soirées au bord du marais. Et je me suis mise à gratter. Les tomates sont encore vertes et les aubergines à peine fleuries. J’ai senti la fraîcheur du vent, j’ai vu les chevaux venir boire tout à côté de moi et j’entendais les enfants jouer de l’autre côté du muret. Je n’étais pas loin de l’accord parfait, comme un moment suspendu qui remplit de forces pour ce qui vient après. Des forces pour la vie entière, c’est ce que je me disais les mains pleines de mauvaises herbes. C''est ce que je lui ai dit quand il est venu voir si tout aller bien pour moi.  J’ai appelé les enfants qui avaient préparé leur carotte pour quand l’ânesse viendrait. Une fois désaltérée, elle les a d’abord boudée avant de s’approcher et de se laisser caresser. Azul était là lui aussi, imposant animal qui les effraie et les attire à la fois. Des carottes plein les poches, Aimé Marcel,et Blanche expliquaient à l’ânesse qu’elle devait désormais venir boire ici puisqu’il n’y a presque plus d’eau dans le ruisseau. Georges est encore trop petit pour avoir peur des animaux qu’il voulait caresser lui aussi. Peut-être qu’il était l’heure de manger mais on décidait de retourner dans le potager pour continuer à désherber. Malgré le soleil brûlant, Aimé et Marcel voulaient m’aider. Ils savent maintenant manier la griffe et Marcel me disait encore sa fierté d’avoir reconnu aux milieu des tomates deux pieds qui n’en étaient pas.. Nous avons partagé notre impatience, si pressés de croquer dans ces tomates qui finiraient par mûrir un jour puis après le déjeuner, les enfants sont retournés avec moi de l’autre côté du muret. Je désherbais encore alors qu’ils étaient « super gentille », « super gentil » et « super gentil aussi » qui partaient du potager dès qu’on les appelait pour aller sauver des humains en danger. Marcel rappelait à son frère qu’il avait besoin d’une cape pour être un "vrai super-héros " puis Aimé lui répondait que, de toute façon, il devait d’abord apprendre à voler’. Blanche dirigeait l’équipe de sauveteurs et les envoyait en mission dans le monde entier. J’ai demandé un verre d’eau bien frais et ma requête, traitée en urgence, est passée devant celle de ces deux parents abandonnés avec leurs enfants face à un très méchant dragon. J’étais juste à côté d’eux, spectatrice ou actrice parce qu’on me l’avait demandé, je les ai surtout écoutés jouer et construire ce monde parallèle dans lequel il n’y a pas de prison parce qu’il n’y a pas de vrai méchant « ou juste un vilain dragon ».

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Posté par marionl à 23:28 - - Permalien [#]