a1a2a3Je crois que je m’étais posé les mêmes questions pour Marcel, les mêmes hésitations. J’avais alors reculé l’arrivée du parc en bois. Comme je l’ai fait cette fois. Georges se sert maintenant de ses bras pour avancer et va maintenant là où il a décidé d’aller. Ce matin, jusqu’à une prise électrique avec laquelle il s’apprêtait à jouer. Pour son papa c’était une évidence. Nous avons un peu cherché, essayé de nous rappeler jusqu’à quel âge Marcel été allé dans ce carré. La mémoire ne retient presque rien de ces petites choses qu'on cherche longtemps après. Nous avons mis un peu de temps à le trouver et Georges dormait quand nous l’avons installé. Dès les premiers bruits, son père montait le chercher pour lui montrer son nouveau nid. Parce que c’est bien ici que tout le monde, à part moi, voyait la chose ici. Et à voir ce bébé ravi dans ce carré qui lui offrait finalement une grande liberté, je décidais de me ranger du côté des enthousiastes. « Voilà un endroit où peut faire ce qu’on veut » expliquait Aimé avant de réclamer qu’on pose vite son petit frères dans « cette prison ». Blanche, Marcel et Aimé demandaient chacun leur tour à leur père de leur raconter leur vie de petits. Eux aussi avaient été assis ici. Ils résistaient peu à la tentation de rejoindre Georges et de jouer avec lui. Même Joséphine s’y installait un moment. Je n’avais jamais regardé ce parc comme je le voyais aujourd’hui. Un espace qui permettait à Georges de vivre sa vie, et de se mettre debout,, en évitant les plus grands dangers et pour les autres, un cocon accueillant ouvert aux régressions. A la fin de la journée, alors que Georges s’était de nouveau endormi, j’installais le vieux tableau d’activité trouvé dans un vide-grenier. Blanche, Aimé et Marcel s’extasiaient de nouveau et j’avais beau leur rappeler que ce jouet n’était pas tout à fait pour eux, ils se retrouvaient tous les trois dans le parc à tester chacune de ses fonctions. Plus tard, ils montreraient tout à Georges et lui expliqueraient comment jouer, bien entendu. Après le dîner, alors que ses frères et sœurs étaient montés se coucher, Marcel avait décidé de passer un petit moment dans ce carré fleuri. Autour de lui quelques jouets de bébé, ses doudous et ses chaussons tricotés. Le grand garçon s’était allongé sur les peaux de mouton et jouait encore une fois avec ce tableau qui devait lui rappelait quelques souvenirs lointains.

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