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a1a2Georges est né il y a huit mois. Huit mois et un jour. Il pose de vrais baisers sur nos joues et se tient assis. Il n’a encore aucune dent et voudrait partager les repas avec nous. Georges peut passer de longs moments à regarder ses frères et sœurs. J’ai souvent entendu parler les mères des neuf mois dedans et des neufs mois dehors. Nous nous approchons de ce repère. Mais avec ce bébé, j’ai perd toute notion du temps. Je ne sais pas si pour son âge il est grand ou petit, je ne sais pas quel âge choisir sur les étiquettes de ses vêtements. Il est là, lui qu’on disait ressembler à un de ses frères, puis à l’autre, puis aux deux en même temps, ne ressemble qu’à lui. Petit Georges au regard si doux. Je crois quelquefois qu’il me sera très difficile de le voir grandir, lui le petit dernier qui un jour, ne sera plus un bébé. Mais c’est lui qui m’emmène et m’impose ses pas dans l’herbe du jardin. Alors je le suis avec joie et je m’étonne alors de tant de simplicité. Je le découvre encore chaque jour et lui semble me connaître depuis toujours. je m’émerveille devant chacun de ses progrès et l’accueille dans mes bras quand il me tend les siens. Alors nous nous posons, un tout petit instant en dehors du temps qui file et qui l’entraîne. Je ne veux pas le retenir, juste sentir encore ce parfum de bébé qui sort de son sommeil. Je ne veux pas l’empêcher de grandir, j’aime tellement sentir sa petite main accrochée à mon épaule quand tout son corps se tourne vers le monde qui l’appelle. Ce bébé sait faire de moi une mère. Celle que j’ai déjà été, différente à chaque fois. Il sait m’emporter avec son sourire et caresser ma joue avec sa joue. Il sait appeler son papa et lui tendre aussi les bras, me dire que je ne suis pas la seule pour lui, que la vie est légère. C’est de sa faute après tout si cette fois ci, j’ai éprouvé un peu mal à me projeter au-delà de mon rôle de mère. La vie est si facile avec ce petit garçon qui semble chaque jour si heureux d’être arrivé ici. A la naissance de chacun de ses enfants, son papa a coutume de dire qu’il « aurait pu tomber pire ». Et moi, à chaque fois, je me dis que je n’aurais pas pu tomber mieux. Dans l’histoire de Georges, celle que je peux déjà lui raconter, il y a cette envie si forte, ce oui de son papa, cette attente dont j’ai voulu vivre chaque jour comme s’il était l’attente à lui tout seul et même cette envie de petite fille qui m’a accompagnée. Georges est ce petit garçon qui me bouleverse à chaque fois me ses yeux croise les miens, ce cadeau de la vie, la vie aidée par le monsieur qui m’aime et qui m’a dit oui. Georges est cela tout entier, la vie rayonnante, la vie qui emporte tout, qui nous prend tous dans son couffin trop petit, avec nos jours gris et nous rayures à l’âme. C’est mieux qu’un miracle, c’est la vie qu’on peut prendre entre nos mains, aussi simple et généreuse que le regard de ce petit garçon qui a tout compris de nous.