a1a2a3a4a5Je lui ai dit qu’à la a6maison, un paquet était arrivé pour lui. Il a vite enfilé ses chaussures, embrassé sa nounou et m’a demandé de lui préciser qu’il était le seul destinataire de ce paquet, ce que je lui ai confirmé. J’ai gardé le mystère sur le contenu de ce gros paquet qui était posé sur la grande table quand nous sommes arrivés. Tout d’un coup j’ai eu peur qu’il ait oublié, qu’il ait décidé de ne plus penser à ce nounours qu’il avait élu comme doudou et perdu il y a un an, à quelques jours près. Marcel nous avait très longtemps parlé de son nounours japonais et pendant de longues semaines, nous étions persuadés de le retrouver. Et puis il avait bien fallu accepter. Aimé et Blanche nous avaient rejoints et regardaient leur petit frère déchirer le papier qui entourait le paquet. Nous avons du l’aider mais au moment d’ouvrir le dernier sachet qui emballait la surprise, nous nous sommes un peu écartés. Ce moment lui revenait. D’abord, il n’a rien dit. Ce sont ses frères et sœurs qui ont crié « c’est le nounours japonais ». lui s’est contenté de serrer son nounours contre son cœur avant même de le regarder. Je lui expliquais l’histoire de cette dame qui l’avait trouvé et qui nous l’avait envoyé et nous avons parlé du doudou perdu. Aimé et Blanche cherchaient les détails qui le différenciaient du premier et son papa souriait en disant qu’un jour, ce  nouveau doudou retrouverait peut-être son frère égaré. « Mais c’est moi qui ait retrouvé mon frère » s’est exclamé Marcel. Puis il est parti en courant et j’ai regardé ce petit garçon le sourire accroché se mettre à crier « Marcel a  retrouvé son frère, Marcel a retrouvé son frère ! ». Je me demande si la magie de cet instant ne valait pas la tristesse que nous ressentions quand Marcel nous demandait des nouvelles de ce nounours que nous savions perdu. Il a longtemps dansé avec son nounours dans les bras, puis il est allé faire un tour sur le muret avant de nous dire que son nounours était fatigué. Alors il l’a couché et j’ai pu lui montrer le dessin que le petit garçon avait glissé dans l’enveloppe, celui d’un avion qui portait le doudou jusqu’à lui. J’ai vu les yeux de Marcel briller. Quelque part, un petit garçon qu’il ne connaissait pas avait compris la très haute importance de ce paquet. D’habitude, les doudous sont interdits à table mais ce soir, le nounours japonais a mangé avec nous avant de s’allonger à côté d’un petit garçon aux fossettes réjouies. Ce matin, dès qu’il s’est réveillé Marcel était impatient de repartir chez sa nounou pour lui montrer le frère, l’ami retrouvé. Hier soir, j’ai regardé sans me lasser le bonheur d’un petit garçon dont le rire inondait le jardin.

merci Fabienne et Quentin!!!