a1Nous étions rentrés tard, fatigués et cramoisis. J’ai cherché le petit chat de Georges pour le coucher. Ce petit chat tricoté par sa maminou et parti avec nous pour l’accompagner tout au long de notre voyage. Georges rit aux éclats dès qu’il le voit et le serre contre lui. Je l’ai cherché et je ne l’ai pas trouvé. Pas de trace dans la voiture, pas non plus dans le seul sac de voyage que nous avions pris sur l'île pour ces deux jours. Je me souvenais bien l’avoir pris pour sortir du bateau, je me souvenais m’être dis qu’il faudrait y faire attention, ne pas le faire tomber. Le sac plusieurs fois vidé, la voiture retournée, il faisait nuit quand je suis repartie vers l’embarcadère pour vérifier que je ne l’avais pas laisser tomber. Personne ici n’a osé me contredire. Après tout, mon obstination m’avait déjà aidée à retrouver un beau foulard auquel je tenais beaucoup, retrouvé longtemps après au milieu d’un tas de feuilles mortes dans un caniveau, et puis il y avait eu l’histoire de la bague, retrouvée dans les graviers de la cour d’une voisine. Alors j’étais décidée à retrouver ce petit chat en peluche. Nous ne pouvions pas avoir perdu le doudou de notre petit garçon. J’ai pensé à celui de Marcel, ce nounours japonais auquel il tenait tant et que nous n’avons jamais retrouvé, même après avoir retourné toute la maison. J’ai retrouvé l’embarcadère sans peine. Les bureaux étaient fermés depuis longtemps, nous étions arrivés avec le dernier bateau. Mais la porte d’accès au quai était grande ouverte alors j’ai refait le chemin à l’envers, sans tenir compte du sens interdit sensé me barrer le chemin. Il faisait nuit mais je sentais la présence de ces deux énormes bateaux qui attendaient à quai. « L’île de Groix » était au bout du quai, c’est celui que nous avions pris pour revenir et malgré le néons allumés, il semblait vide, alors j’ai rebroussé chemin et je me suis promis de revenir le lendemain matin avant le départ du premier bateau. Juste avant de rentrer à la maison, j’ai repris la voiture pour chercher le bar où nous étions arrêtés avant de rentrer, celui que tient une cousine de Joséphine. Dans la précipitation, le petit chat était peut-être tombé de la voiture. J’ai vérifié plusieurs dizaines de mètres de trottoirs, je n’y ai rien trouvé. Je me suis perdue dans cette ville que je ne connais pas, j’ai tourné en rond, j’ai roulé de longues minutes avant de retrouver mon chemin pour lui annoncer que je n’avais trouvé aucun petit chat, mais que j’y retournerai demain. Ce matin, le réveil a sonné a six heures et demi, mon jean enfilé, j’ai essayé de sortir sans faire de bruits et j’ai repris la voiture pour suivre les panneaux qui me menaient encore une fois au bateau. Les portes aux sens interdits étaient encore grande ouvertes. J’ai gagné les quais et appelé le monsieur en uniforme de la compagnie. Il m’a juste dit qu’il comprenait l’ampleur du problème et m’a proposé de le suivre, au pas de course dans les couloirs de service du bateau. Mais personne n’avait trouvé de petit char tricoté. Il m’a saluée, triste de ne pas me voir repartir avec le trésor que je cherchais « un doudou perdu, je sais ce que c’est » m’a –il simplement dit. Dans les bureaux qui venaient d’ouvrir, j’ai fait la queue au milieu des passagers qui repartaient sur l’île. La dame du guichet avait elle aussi l’air désolée. Elle m’a demandé mon téléphone « au cas où », mais personne ne lui avait rien ramené. J’étais sûre pourtant, d’avoir eu le petit chat dans les mains au moment d’embarquer. Je suis encore revenue à la maison bredouille. Il n’était pas encore l’heure du petit déjeuner et j’ai quand même cherché les numéros de téléphone des endroits où nous nous étions arrêtés sur le port, avant de quitter l’île. Café, loueur de vélo, syndicat d’initiative, vendeur de marinières soldées, personne n’avait trouvé de doudou beige et noir, « un petit chat tricoté ». J’acceptais l’idée que ma réaction était disproportionnée. Georges avait passé une bonne nuit. J’ai appelé ma mère qui m’a promis de tricoter un autre doudou, le même, si il lui restait assez de laine. Mais ce second doudou ne serait jamais le même. Je me suis tout de même sentie soulagée. Mais j’étais sûre de l’avoir sur la bateau. Le petit chat tournait en rond dans les souvenirs que j'essayais de reconstituer. J’ai mis quelques heures encore à accepter que certains objets perdus, même s’ils font office de trésors, ne se retrouvent jamais. J’ai essayé d’imaginer qu’un autre enfant aurait trouvé ce doudou et saurait lui accorder une place à côté de lui. Mais je n’ai pas réussi. Chaque fois qu’il aperçoit ce petit chat Georges rit. Alors quand Joséphine est venue me faire lire le mesage sur son téléphone, je n’y ai d’abord pas cru. Le petit chat était là-bas dans la bar de sa cousine qui n’avait pas eu le temps de nous rappeler hier soir quand elle avait trouvé ce « magnifique doudou tricoté ». Il était dix-huit heures quand mon téléphone a sonné, c’était la dame de l’embarcadère. Elle était désolée, personne ne lui avait ramené de doudou aujourd’hui. Je lui ai dit de ne plus s’inquiéter. J’étais en route, avec Georges, pour récupérer le petit chat tricoté. Ce soir, Georges s’est endormi son chat tout contre lui et moi, je suis allée plusieurs fois regarder mon petit garçon dormir.

psssssiiiiit: je n'avais pas osé à l'époque mais ce soir, alors que nous venons de retrouver le doudou de Georges, je me permets de demander aux lectrices ou blogueuses qui croiseraient un doudou comme celui-ci de me le dire.  C'est ma petite soeur qui avait envoyé ce nounours de Tokyo, immédiatemen adopté par Marcel qui me parle souvent de son "doudou japonais" qu'il aimerait beaucoup retrouver Alors il est évident que je veux bien racheter ce doudou, et payer son transport jusque à nous, où qu'il se trouve. Merci beaucoup, je crois que je ferais un autre petit garçon heureux.