a1Il avait du mal à cacher sa joie. Une journée entière avec nous. Il avait eu beaucoup de fièvre cette nuit et nous avions décidé de le garder. Aimé était déjà réveillé quand sa grande sœur est partir au lycée puis il a eu du mal à cacher son sourire quand les autres ont quitté la maison pour rejoindre l’école et la nounou. Avec lui, il restait Georges et nous. « Moi, je reste ici » a-t-il plusieurs fois murmuré. Il l’avait d’abord hurlé, pour être sûr que ses frères et sœurs l’avait bien compris, mais s’était alors fait disputé. Son petit frère sur mes genoux, nous nous étions ensuite assis sur le canapé pour lire les livres qu’il avait choisi. « Vous êtes tous mes préférés » , celui là je l’aimais aussi. Je n’ai pas fini le dernier livre, mais je lui ai promis d’y revenir cet après-midi. Il s’est allongé sur le grand canapé, Georges s’était endormi à côté de lui. Je me suis remise à coudre, j’espère encore avoir rayé tous les vêtements de ma liste quand je repartirai travailler. Je ne lui ai peut-être pas dis à quel point j'avais aimé me trouver être à côté de lui, petit garçon élégant à tout moment de la journée, et curieux de tout. J’avais presque terminé la dernière blouse de Georges et j’accordais à Aimé un peu de télé. Ce petit garçon fut téléphage, il l’est moins ces temps-ci. L’appel du dehors commence à lui chatouiller les pieds. La porte était grande ouverte à l’heure du déjeuner et nous avons décidé de manger dehors, « encore » m’a fait remarqué Aimé. Ce n’était que la seconde fois de l’année. « Dommage que mes frères et sœurs ne soient pas là » nous a-t-il déclaré avec un sourire qui lui dévorait le visage « parce que c’est une formidable journée. ». Il y avait dans son expression le plaisir décuplé de celui qui sait qu’il est privilégié, de celui qui n'a pas à partager.  Plaisir infini encore quand je l’ai autorisé à ne pas terminé son assiette et à dévorer une pomme avec la peau et jusqu’au trognon. J’ai quand même du lui expliquer que les déchets de pommes ne polluaient pas notre planète, il était inquiet. Il avait disparu quand j’ai commencé à bâtir un pantalon pour lui. Le tissu avait été accepté, la « couleur éléphant » lui plaisait. « est-ce que je peux le garder ? ». ça tombait plutôt bien, le petit garçon n’était pas encore habillé. Une chemise et un pull rayé pour l’apprenti dandy et nous sommes partis chercher Blanche qu’il fallait emmener à la danse. Il a couru à la porte de l’école pour répondre d’un sourire aux camarades qui lui demandaient s’il allait mieux. Je crois sans me tromper que ce petit garçon allait plutôt bien, joyeux qu’il était de s’être glissé dans notre journée et d’avoir pu vérifier une fois encore qu'll  est pour nous et pour toujours l’un des préférés. « Tous tes préférés ça veut dire que tu nous aime pareil hein ? »