a1Nous venions de prendre le thé et rentrions à la maison. Comme les enfants étaient sages, je leur avais promis un goûter et comme ses deux petits frères, Blanche sautillait. Elle n’a pas vu la grille en fer qui protégeait la fenêtre du rez-de-chaussé. Le bruit nous a fait bondir et très vite la sang a coulé. Je crois qu’elle a eu très peur quad elle a vu son joli manteau se souiller et j’avais beau dire, pour rassurer Aimé et Marcel, que la tête saigne toujours beaucoup, je n’éais pas très rassurée. Blanche était devant nous avec son papa, ils couraient presque vers la pharmacie la plus proche et nous avions du mal à les suivre. Marcel a essayé de me dire qu’il aurait bien aimé faire un tour de manège mais il s’est vite ravisé. Blanche était assise et la dame de la pharmacie lui nettoyait la plaie. Son papa lui répétait qu’elle était courageuse. Aimé et Marcel était un peu inquiets. Les médecins ne suturent plus et d’après la pharmacienne, les urgences s’imposaient. Pour se rassurer Blanche me demandait de lui raconter les sutures de Joséphine quand elle s’était ouvert le front en jouant sans regarder sur la Place de la concorde à paris. L’histoire fait désormais partie de la légende familiale et je la racontais encore. J’étais d’accord avec Blanche, cette fois-ci, ce serait à Joséphine d’écouter l’histoire de la blessure de sa petite sœur. L’Hôpital, les ambulances, les urgences pédiatriques qu’il fallait trouver, nous étions projetés dans un monde que nous n’avions pas prévu de contacter aujourd’hui. Le vieil hôpital semblait à moitié vide et Blanche semblait un peu impressionnée. Son papa continuait de la rassurer. Au bout d’un couloir, nous avons fini par trouver. Nous nous sommes tous assis et Blanche est finalement vite partie dans un box avec son papa pour qu’un interne puisse examiner sa plaie. Aimé et Marcel regardaient le grand aquarium puis s’asseyaient à côté de moi pour lire des livres. Dans mes bras, Georges s’était endormi. J’avais tout le temps de lire les affichettes punaisées au mur. Si je faisais bien attention, mes enfants devaient avoir au moins un des symptômes décrits. Diabète, Asthme, hépatite en tout genre, je continuerai à ne pas m’inquiéter. Il y avait là des parents et des enfants qui semblaient habitués aux lieux, une maman un peu perdue et une petite fille qui pleurait alors que la jeune femme médecin lui disait que ce n’était rien. Un papa portait un paquet cadeau en cherchant un numéro de chambre et une dame cherchait un endroit où faire réchauffer un biberon de lait. Rien ne semblait grave. Je crois plutôt que mes enfants avec moi, là, juste à côté, je n’étais pas capable d’envisager qu’il puisse se jouer des drames dans cet étage de pédiatrie. Blanche est réapparu et nous devions descendre « aux urgences des grands » pour qu’un autre interne décide s’il fallait ou pas lui faire quelques points. C’est en arrivant dans ce service au sous-sol éclairé au néon que nous avons réalisé à quel point la pédiatrie que nous venions de quitter était gaie. Nous nous sommes de nouveau perdus dans un dédale de couloirs, nous avons dit bonjour à une vieille dame sur un brancard puis vu une suite de box où paraissaient rangés des malades et des blessés en attente d’être examinés. J’a attendu derrière une porte fermée avec les trois garçons et Blanche est ressortie triomphante en serrant la main de son papa. Finalement, elle n’aurait pas besoin de points. Dehors, il faisait presque nuit et nous étions tous contents de laisser ce grand bâtiment derrière nous. Blanche nous racontait qu’elle venait de vivre « le plus grand événement de ses sept ans de vie. » Elle était fière et rassurée « ce que j’ai préféré, c’est juste après la pharmacie, là je crois que j’ai eu peur. »