a1a2a3a4a5a6J’entends les maisons qui crépitent et les familles qui se regroupent, je lis les retrouvailles et les premières ripailles. La maison était très calme aujourd’hui. Les enfants ont dansé et Blanche a voulu garder la robe que je venais de terminer pour elle. Aimé et Marcel ont remarqué qu’il ne restait plus qu’un petit sachet au calendrier mais je ne suis pas sûre qu’ils aient vraiment réalisé que demain, nous serons à la veille de Noël. Demain, pour les faire patienter, pour ce jour particulier, je crois mon préféré dans le calendrier, il y aura pour chacun d’eux une toute petite surprise dans le vingt-quatrième sachet. Un jeu d’adresse qui occupera les dernières heures avant le coucher le plus excitant de l’année. Nous irons peut-être nous promener un peu en ville. J’aime tant la frénésie des derniers moments, regarder les passants se dépêcher et les imaginer, quelques heures plus tard, seuls ou au milieu de leur famille, s’offrir les cadeaux qu’ils ont si longtemps cherchés, froisser les papiers et rire, forcément . Je n’aime pas les imaginer seuls, ou seulement s’ils n’aiment pas Noël.  Je sais aussi que c’est au milieu de la famille que la solitude est qielquefois la plus cruelle. Demain nous dînerons à la maison avec des petits enfants très impatients d’être au lendemain matin, des enfants qui me donneront envie de croire que personne ne sera oublié même si je sais la douleur de certains Noëls. La belle histoire, j’aurais envie d’y croire, au moins un peu, être peruadée que puisque noël existe, c’est que nous en avons tous besoin, besoin pour vivre de partager quelque chose à ce moment là. Je crois que je le fais chaque année. A un moment de la soirée, j’essaierai d’imaginer les gens que j’aime, les gens que je connais, ceux que j’ai croisés pendant ma journée, ceux qui portent des visages que je n’ai pas oublié,  je les imaginerai au pied de leur sapin ou de l’autre côté de la petite fenêtre éclairée, celle qu’on regarde depuis la rue. J’aurais envie de les savoir aller bien, alors je me dirai que c’est comme s’ils étaient avec moi, là tout autour, et je me dirai que peut-être parmi eux, il y en a qui pense à nous, à cet instant, au même moment. Demain soir, j’aurai envie de jouer à ce jeu là, juste un moment,  parce qu’après, je les laisserai repartir chez eux et moi, je retournerai à la table de Noël pour y être entièrement. Attendre Noël avec nos enfants et tous imaginer Joséphine avec son papa et ses grands-parents. Et puis se demander ensemble dans quel pays se trouve le père Noël à l’heure qu’il est, lui préparer un verre de lait et de l’eau pour ses rennes , les emmener se coucher et le temps du dernier baiser, les envier un tout petit peu, envie d’y croire avec eux.

pssiiit: passez un très joyeux Noël!!