a1a2a3a4a5a6                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                Ce matin, Blanche a voulu mettre sa tunique fleurie, celle que je viens de terminer et que « même la maîtresse trouve jolie ». Hier soir, Aimé m’avait demandé s’il pourrait reporter son pantalon écossais aujourd’hui. Marcel voulait mettre un jean mais il m’a demandé ce que j’allais lui coudre puisque c’était son tour. Marcel aime beaucoup que je lui couse des vêtements même si de toute façon, c’est le jean qu’il choisit de porter. Après qu’il soit parti, j’ai repris ma machine et du tissu écossais, une autre couleur que celui du pantalon d’Aimé. J’avais décidé de piocher dans ma réserve de tissu et cet exercice imposé rajoute encore un peu de piquant à mes aventures d’aiguilles et d’ourlets. Depuis quelques jours, je me suis amusée à coudre sans dépenser un sou. Je laissais le pantalon se faire sous la machine et me disais que j’avais bien d’autres choses à faire. Ecrire par exemple.  Anisia sort ces jours-ci en librairie et je voudrais me plonger dans une autre histoire, je laisse les idées germer. Et puis je ne veux pas abandonner l’idée de dimanches sur papier. Ce serait plus qu’un recueil de billets d’ici. Il y aurait des recettes et peut-être des patrons très simples, des petites choses que j’ai  dessinées quand j’ai ressorti mes premiers coupons, des petites choses à coudre quand on ne sait pas coudre.  Je rêve d’un joli livre sans prétention, comme un cahier. Le tissu écossais avançait, mes idées continuaient de s’affiner. Je ne veux pas me presser mais je sais aussi qu’à un moment il faut se lancer. Alors dès que Georges s’est endormi, je continue de coudre, ou de tricoter. Je rêve et je laisse mes prjets se dessiner, et puis tout d'un coup, le fil et le tissu reprennent le dessus. La grosse horloge aussi. Comme le mardi est le jour de la danse pour Blanche, j’avais proposé à Aimé de nous accompagner, pour passer un moment avec lui, une heure en ville «  Juste un moment avec toi, Georges et moi, c’est la première fois je crois. » Pendant que le petite danseuse dansait, nous sommes partis vers le magasin de tissus. Aimé n’avait rien contre cette virée. J’avais décidé de m’accorder deux coupons. Aimé voulait des paillettes du brillant et des couleurs partout. J’avais envie de lainage, de gris et de marrons. J’ai trouvé un coton rempli de fleurs et de couleurs et il m’a suivi quand je lui ai proposé de lui faire un pantalon avec ce gros velours gris. Il aurait bien traîné encore, mais la leçon de danse allait se terminer. En attendant sa grande sœur, il m’a dit qu’il allait commander un dinosaure vivant au père Noël et m’a raconté qu’une fois adulte, il serait chevalier pour combattre les dragons et sauver les princesses. Blanche est arrivé au milieu d’une nuée de petite danseuse énervées. Aimé s’est réfugiée derrière mon dos et j’ai senti sa petite main se resserrer. Il y avait beaucoup trop de princesses ce soir, et certaines ressemblaient à des dragons.