a1La sage-femme n’était pas arrivée alors nous nous sommes promenés. Je l’avais appelée il y a  quelques jours pour lui demander de nous aider à inviter notre bébé. Dans la voiture, sur le chemin de son cabinet, nous nous étions dit que le 28, c’était une très jolie date pour arriver. Il nous reste trois petits jours avant cette visite qui ne me laissera plus beaucoup de choix. Nous avons écouté son cœur et vérifié que cette petite demoiselle ou ce petit damoiseau va très bien, et répond à nos appels, comme à la main de son papa, pour ensuite retourner très vite de là où il vient. C’est lui qui décidera. Nous avons ri mais nous lui avons dit aussi qu’il était temps, pour lui, pour moi, pour nous. Je voudrais éviter ce déclenchement dont on m'a parlé après la naissance de Marcel « pour le prochain s’il y a, vous ne l’éviterez pas »
Mais là, dans ce cabinet que nous connaissons bien, nous nous sommes laissés portés par le rythme à la fois rapide et serein de ce bébé là. J’étais allongée, il était assis à côté de moi et nous nous sommes imaginés dans un train, une couchette luxueuse qui nous mènerait jusqu’à un palais vénitien. Puis il m’a semblé deviner quelques velléités, peut-être des envies pour ce bébé de venir un peu plus bas. J’aurais aimé que cette sage-femme, celle qui nous a accompagnés à chaque fois, soit la petite étincelle qu donne envie à ce petit. Ses paroles nous ont apaisés et nous nous sommes salués. Ses mots et ses gestes m’ont fait du bien.  la prochaine fois que je l’appellerai, ce serait pour lui annoncer la naissance, et tout lui raconter. Nous sommes partis ravis, tous les deux persuadés qu’il arriverait aujourd’hui. Le temps d’aller chercher la laine pour le petit gilet que j’ai promis à Blanche et que je voudrais commencer à la maternité, le temps de trouver trois petites surprises pour Blanche, Marcel et Aimé, Joséphine a déjà choisi son petit cadeau depuis longtemps. Nous avons cherché tous les deux les petits doudous qu’ils pourraient ramener à la maison pendant que je serai à la maternité avec le bébé. Ma valise et celle du bébé nous attendaient dans le coffre de la voiture, nous avions un peu de temps, le temps d’être tous les deux, presque déjà tous les trois,  et d’y croire pour aujourd’hui, comme des enfants, comme des adeptes de la pensée magique qui se défilent un peu quand ils répètent à leur bébé « c’est quand tu veux » sans le faire suive par « mais ce serait bien maintenant ». pendant qu’il est parti à pieds chercher les enfants à la sortie de l’école, j’ai cousu une petite robe pour le poupon cadeau. Je ne savais pas si j’y arriverai. Le petit poupon est prêt, les petits doudous aussi et la chemise blanche du monsieur est repassée. J'ai eu le temps de commencer à griffoner le petit cahier que j'emmène avec moi, j'ai eu le temps de préparer le dîner et de lire une longue histoire aux enfants après les avoir mis en pyjama. J'ai eu le temps aussi de me dire que, finalement, ce serait peut-être pour demain, ou après-demain, ou le jour d'après. Nous t’attendons monsieur ou mademoiselle bébé. Te dire que ce soir nous t’attendons sans impatience serait un peu mentir. Alors c’est quand tu veux, nous sommes là, tout près, tout prêts.