26 août 2010

ailleurs

a1a2a3a4a5a6a7a7                            C’est une autre lumière, écrasante celle-ci, que nous avons retrouvée sur cette place beaucoup plus petite que je ne l’imaginais. Il était tôt mais les odeurs du petit matin avaient déjà disparu, étouffées par celles des légumes, des fruits et des épices devant lesquels je n’ai pas resisté à passer plusieurs fois avant d’emporter un petit sachet de cailloux qui parfumeraient cet hiver notre maion à la myrrhe. Mais c’était aussi pour les tissus que j’étais venue ici. Nous l’avions retrouvée à la terrasse d’un petit café,  elle qui avait été presque marseillaise pendant un petit bout de sa vie et qui rêvait de tissus aussi. J’ai trouvé bien plus que ce que je cherchais et j’ai mêlé à quelques promesses de petits vêtements d'hiver , des pois qui attendraient peut-être le prochain printemps. Nous avons quitté le marché de la plaine pour descendre vers le vieux port à pieds, traversé des petites places et emprunté des ruelles pour rejoindre un autre petit marché. Il n’était plus question  tissus cette fois-ci  mais de pâtisseries, de menthe, de coriandre et de poissons frais. C’était un coin de Marseille comme je l’avais imagnée, fidèle à l’idée que je me suis construite de certaines villes de Méditérannée. Je me serais volontiers assise là pour regarder passer le temps et les passants en oubliant la chaleur et la fatigue qui commençait à s’installer. Nous avions encore les narines pleines de parfums et e souvenirs épicés quand nous sommes arrivés au vieux port pour retrouver le reste de sa famille, le cœur encore plus marseillais, et s’asseoir un peu à la terrasse d’un café avant de retrouver cet endroit presque secret qu’on nous avait conseillé pour manger. Une terrasse au dessus de l’eau, le bruit des bateaux et surtout ce petit vent presque frais qui venait rafraîchir notre vue sur le port. Et en plus c’était bon et aussi abordable qu’on nous l’avait annoncé. Une de ces adresses que l’on voudrait presque garder secrète pour être sûrs de pouvoir y retourner.  C’était la maison du fada que nous allions voir après. Nous avons traversé une partie de la ville pour retrouver ce grand immeuble aux couleurs primaires, ce lieu de vie qui semble maintenant avoir été choisi par ces habitants décidés à vivre comme son concepteur l’avait imaginé. Aujourd’hui, il semble abriter du vide et du fascinant. Au troisième étage, l’épicerie n’est plus qu’une porte fermée sur un espace laissé vacant mais sur le toit terrasse l’école maternellement Freinet, forcément,  se prépare à la rentrée prochaine pendant que des enfants jouent dans le bassin qui fait office de piscine. En quittant les lieux, nous avons croisé un groupe de japonaise qui se dirigeaient vers l’hôtel pour goûter au moins une nuit , comme si c’était vrai, à la philosophie du projet. La journée avait été si remplie que j’ai hésité à rentrer. La bain de mer pourrait attendre demain. Mais nous avons continué,  parce qu la route était très belle et que nous avions le temps. Nous venions de quitter la ville grouillante et pleine pour nous retrouver sur ce chemin haut perché au milieu des pins et des herbes, perchés au dessus de la mer. Cassis était grouillante aussi, un autre univers, des vacanciers qui gardaient encore les traces de la journée passée à la mer. Nous n’y sommes pas restés longtemps, juste le temps de nous dire que ce port devait être si joli en hiver. Sur le chemin du retour, j’ai aperçu le panneau qui menait à cette plage dont la description m’avait fait envie ce midi. Plage de l’arène. Pour y accéder, il fallait longer un champ de vignes et descendre un grand escalier de pierre. La grande falaise ocre se jettait dans la mer  et l’eau recouvrait les galets. Nous avons marché un peu et croisé quelques pêcheurs au fusil qui rentraient sûrememt dîner. Deux familles s’étaient installées là pour dîner Nous étions presque seuls et le jour commençaient à décliner. Je ne voyais qu’à fleur de mer et distinguait quelques rochers. Je ne suis pas allée loin, même pas nager. Mais c’était le bain dont j’avais si longtemps rêvé. J’ai pris un peu d’eau salée avec la main pour l'amener à ma bouche et la goûter, je me suis assise sur un rocher plat et j’ai regardé le jour s’assombrir sur les pins qui nous entouraient. Je crois que c’est ce moment là qui justifiait à lui seul notre voyage ici. Je suis remontée me sécher contre lui. Nous avons regardé arriver la nuit.

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Posté par marionl à 23:57 - - Permalien [#]