blanc1blanc2blanc3                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            Il me tarde qu’il achète un grand escabeau. Depuis longtemps j’avais envie de murs et de plafonds blancs. Je lui avais dit en arrivant que ces murs ne me plaisaient pas trop. Je crois qu’alors, il ne m’avait pas entendue. Et puis l’autre jour, quelques années après ce premier essai pas très remarqué, j’ai répété que ce plafond avait besoin d’être nettoyé, et pourquoi pas repeint. Et s’il fallait repeindre le plafond pourquoi pas en profiter pour faire de même avec les murs de la grande pièce du bas ?
Nous avions d’abord prévu de faire faire ces travaux, puis finalement c’est lui qui s’occupera des trous à boucher et du ciment, et moi je retrouverai mes chers pinceaux. Il ne faut pas tarder, je sais que bientôt, mon gros ventre m’empêchera d’escalader un escabeau, je sais que je ne pourrai plus tendre le bras très haut. Et puis je brûle d’impatience, comme à chaque fois que nous envisageons des travaux, qu’ils soient menus ou gros.
Le pinceau à la main, je vais rêver mille fois à ce que je pourrais m’offrir avec ce que nous auraient coûté ces travaux. Un petit week-end en amoureux à la fin de l’été, le début d’un joli sourire pour mes quarante ans, un joli sac à mains ou peut-être rien, juste la vie un peu plus détendue pendant quelques mois. Je sais en tout cas que je vais m’amuser et que le pinceau à la main et le pot de peinture accroché près de moi, je serai assez occupée pour laisser mes envies vagabonder au gré des poutres à rajeunir. Je voudrais que ces travaux soient terminés avant l’été, pour pouvoir vraiment en profiter. Et puis quand tout le blanc sera posé, je voudrai coudre de grands rideaux de lin qui remplaceraient leurs frères de velours pour la moitié de l’année. Il y a les prémices du printemps qui frémissent tout doucement, il y a cet enfant qui s’est annoncé et la fatigue qui commence à perdre du terrain. Il y a si longtemps que nous nous sommes installés et mes mains qui n’ont pas l’habitude de rester sans rien faire. Il y a toujours cette envie de renouveau, de dépoussiérer. Il faudra que je choisisse ma peinture, pas trop chère mais une peinture qui s’étale bien et qui couvre les défauts, une peinture que je puisse respirer. Avant de poser mes valises dans ce petit bout de pré, je ne suis jamais restée plus de deux ans dans le même appartement. Je ne suis pas mécontente d’avoir trouvé mon endroit, mais mon souffle s’accélère à l’idée de ce coup de frais. Ce ne sont que quelques coups de pinceaux mais aussi cette maison que je fais un peu plus mienne à chaque travaux. Plus nous avançons et plus elle est notre maison. Quand la grande pièce sera terminée, il nous restera l’été pour fabriquer la cabane dont il a déjà fait les plans. Une cabane sur pilotis, pas trop loin de la maison, une salle de jeux d’été qui pourrait se transformer en chambre d’amis pour ceux qui en auraient envie. La cabane fabriquée, je préparerai la chambre du bébé. J’ai déjà  tellement d’idées. Je crois que moi aussi je vais succomber à la tentaion du petit carnet. C’est l’effet première pâquerette, elle me transforme en tête à projets et me met l'humeur en fête.

merci Bruno et Blanche d'avoir fait ces photos cet après-midi. mais je voudrais répéter aux enfants qui passent par ici qu'il est strictement interdit de monter sur la grande table....surtout quand on n'a pas retiré ses chaussures.