tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

30 novembre 2009

des cousins

cousins2cousins1cousins3cousins4                                                                                                         Blanche a mis son serre-tête argenté et je me suis aperçue que j’avais oublié son goûter. La guirlande de noël était allumée, Aimé et Marcel vraiment ravie de retourner chez leur nounou après trois semaines à la maison. Nous avons eu le temps de partager un petit déjeuner. Un petit bout de matinée qui n’avait pas encore tout à fait perdu le goût de Paris. Il n’était pas encore huit heures et demi quand nous avons pensé à Léonie qui devait être en chemin pour sa première journée d’école. J’entendais Aimé qui, pour la première fois, parlait à son papa de son école à lui. « Et le matin, tu m’emmèneras ? ». Blanche n’avait pas encore trouvé son cartable mais elle me cherchait pour me dire son impatience à retrouver son cousin Gaspard, le grand frère de Léonie. Ce serait après Noël, quelques jours à partager chez Maminou, et continuer cette lecture en duo qui avaient occupé une partie de leurs nuits pendant notre séjour à Paris. Ils avaient beau fermer les yeux pour nous faire croire à leur sommeil profond quand nous passions pour vérifier que tout le monde dormait, nous entendions leur petite voix se mêler de nouveau dès que nous avions le dos tourné. Il était question de mague, de rêve de Noël et de nuit illuminée. De livres aussi. Chacun lisait une page, à tour de rôle, de cette histoire que nous avions ramenée à Gaspard qui s’était étonné de trouver « exactement l’histoire qu’il voulait » dans le paquet que je lui avait tendu. J’ai encore profité de ce moment qui ne durera plus très longtemps où la bienveillante conspiration des parents leur est impossible à envisager. Tout le temps que nous nous sommes promenés dans les rues de Paris, alors qu’il fallait faire attention aux petits, Blanche et Gaspard vivaient leur vie, main dans la main en nous suivant de loin. Ils n’ont jamais arrêté de discuter sans que nous ayons la moindre idée de ce qu’ils avaient à se raconter. « Elle est vraiment gentille Philomène » m’a répété Blanche quand nous avons pris le train pour rentrer, affirmation appuyée par ses deux petits frères qui avaient passé leur week-end à me demander son prénom. J’ai réalisé que depuis le départ au Japon de leur cousin, les enfants ne les avaient presque pas vus, ou en coup de vent lors de réunions familiales qui avaient quelquefois volé la vedettte à ces retrouvailles. Nous venions de passer trois jours chez eux, dans cet appartement rempli de souvenirs de ce pays dont nous avions tant parlé. Depuis quelques mois, Blanche ne me demande plus quelle heure il est à Tokyo, elle sait que ses cousins ne sont plus très loin, mais elle les avait à peine revus. Aimé a découvert la collection de figurines de monstres et de super-héros et Marcel a joué une partie du week-end avec ce petit train qui parle japonais. Nous avions laissé les ânesses, les chevaux et notre vie à la campagne derrière nous pour nous plonger dans cet univers qui est le leur, très loin de notre vie. Une vie de famille à Paris, le quotidien de leur cousin. Je les ai vus émerveillés par ce porte-savon qui hausse les bras quand on lui demande de nous servir, devenir presque fous au milieu de toutes ces petits voitures japonaises à friction et se disputer une camion de pompier, celui là plutôt new-yorkais, avec une sirène et une lumière qui tourne comme les vrais. Je le ai regardé se glisser avec un plaisir non dissimulé dans une vie si différente de celle que nous leur proposons. J’ai retrouvé avec eux ce plaisir que j’éprouvais quand je découvrais la vie d’autres familles, avec leurs habitudes et leurs interdits. Aimé m’a aussi fait remarqué que Dans cette famille là aussi, c’est de cette grosse boîte jaune que sortait le chocolat du matin. Blanche a écouté Gaspard lui raconter la danse moderne et J'ai pensé aux pleurs d'Aimé quand j'ai vu les larmes couler sur les joues de Léonie. J'ai senti de nouveau ce lien si particulier, fort et discret, qui me lie à mes neveux, aux enfants de celle que j'appelle au moins une fois par jour par le prénom de ma grande fille. Joséphine et Philomène, c'est si proche après tout. Je ne sais pas ce que nos enfants feront de ce lien mais j'ai tant aimé regarder nos deux grands se tenir la main, bien plus proche que ce que nous imaginions, le jour où ma petite soeur m'a dit qu'elle attendait un bébé, juste avant que je lui confie que j'étais enceinte moi aussi. 

Posté par marionl à 16:42 - jour après jour - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 novembre 2009

la dame des poupées

poup_eQuelques jours avant notre départ à Paris, Blanche m’avait confié que cette fois, elle savait. Elle avait une idée de ce qu’elle voulait demander au père Noël cette année. L’idée d’une autre poupée ne l’a plus quittée. Deux jours plus tard, j’apprenais que la dame qui fabrique les poupées serait à Paris aujourd’hui. Je pensais que mon plaisir était égal au sien quand je lui ait annoncé que nous pourrions peut être la rencontrer. Mais j’ai vu ses deux petites mains se joindre et ses yeux se mettre à briller, bien plus encore que je ne l'auais imaginé. Depuis plus de deux ans maintenant, nous parlons de « la dame qui fabrique les poupées ». Depuis que Marcel est né et qu’à la maternité, Blanche et Aimé ont découvert la surprise que nous leur avions réservée. Un poupon pour le petit garçon et Une grande poupée  immédiatement appelée Rose et adoptée par une petite fille qui l’a emmenée partout où elle allait. Depuis, d’autres poupées sont arrivées ici. Celle que Blanche a commandé pour son anniversaire, l’autre petit poupon arrivé pour célébrer la première année de Marcel et la dernière arrivée, qui s’est envolée avec Joséphine  comme une petite part de nous toujours à ses côtés. Depuis que Blanche s’endort avec sa poupée Rose, elle me parle de cette dame qu’elle a mille fois essayé d’imaginer. Avait elle des enfants ? ou avait elle appris à fabriquer ces poupées qui ont l'air de vivre vraiment ? Comment réussissait elle à se séparer des poupées qu’elle avait fabriquées ? Je ne pouvais répondre qu’à certaines des questions que ma petite fille me posaient et partager avec elle l’envie de percer ce mystère qui nous taraudait. A quoi pouvait bien ressembler une dame qui faisait un si beau métier ?
Cette inconnue qui devait, qui plus est, bien connaître le père Noël puisqu’elle fabriquait des jouets, s’était sans le vouloir glissée au cœur de quelques unes de nos conversations. Si bien que ce matin, tout le monde avait envie de la rencontrer. Quand nous sommes partis en famille pour prendre le métro ce matin, Blanche avait choisi d’emmener la plus petite de ses poupées, Violette, qu’elle avait habillée pour l’occasion. De mon côté, Je sentais cette petite angoisse monter au fil du chemin que nous faisions. Après tout, les artistes sont queluefois si décevants quand nous les rencontrons, Il m’avait fallu tellment de temps pour apprendre à dissocier l’artiste de son œuvre. Il faudrait peut être en faire de même avec cette dame que nous n’avions jamais rencontrée. Je n’avais pas envie de briser le rêve de Blanche, celui que nous avions tissé,  et subitement je regrettais presque de l’avoir emmenée. D’autant que deux petits garçons furibonds n’étaient pas là pour nous aider. Après trois journées sans siestes et des nuits raccourcies, ils alternaient crises de nerfs et caprices ne se calmant que pour laisser l’autre mieux crier. A cette heure là de la journée, leur papa en souriait encore,  je n’étais pas sûre que l’endroit vers lequel nous marchions était fait pour ce genre de rébellion. Quand nous sommes arrivés, nous avons vu plusieurs dame passer les bras chargés de sacs en toiles qui contenaient chacun une poupée,  et puis cette file d’attente qui s’était déjà formée. Nous avons pris notre place un peu bruyamment. Blanche n’avait aucun doute, elle allait trouver la petite poupée rousse qu’elle attendait. Elle pourrait la décrire au Père Noël et l’affaire était réglée. J’étais un peu plus inquiète mais la gentillesse de la dame qui nous suivait réussissait à nous détendre tous. Pas le moins du monde impressionnée par les protestations de deux petits garçons épuisés, elle avait engagé une conversation à laquelle nous étions plusieurs à participer. Lorsque notre tour est arrivé, nous avons essayé de nous faufiler jusqu’au petit canapé où restait quelques poupées. Un petit tour suffisait à Aimé et Marcel pour préférer aller chercher des bonbons avec leur papa qui nous préservait ainsi, à Blanche et à moi, ce petit moment auquel nous avions tant rêvé. Il restait quatre poupées. Elles n‘étaient ni petites, ni rousses, mais Blanche semblaient avoir oublié les critères qu’elles s’était fixés. Elle regardait les poupées et je la voyais prolonger ce plaisir de l’indécision aussi longtemps qu’elle le pouvait.  Tant qu’elle n’avait pas choisi, elle les avait toutes un peu à la fois. Il n’en restait plus que deux et j’ai vu que le regard de Blanche se poser sur cette grande poupée brune « avec des reflets roux si on regarde bien ». je l’ai prise dans les mains en lui demandant si elle était bien sûre de son choix. Je n’ai pas eu besoin d’attendre la réponse pour être fixée. La dame des poupées était là, et Blanche serrait sa Violette dans ses bras. Elle n’a pas osé lui poser les questions qu ‘elle avait préparées et c’est moi qui ai demandé si elle pourrait confier cette poupée au Père Noël quand il la contacterait. Pénélope « parce que c’est vraiment comme ça qu’elle s’appelle ? » nous a assurées qu’elle n’avait jamais rencontré aucun problème avec le père Noël. J’ai senti la petite fille qui se serrait contre moi se détendre et retrouver le sourire qu’elle affichait avant de rentrer. Elle a choisi la robe que Marguerite porterait et nous l’avions confiée à Pénélope qui savait comment faire après. Blanche aurait bien voulu la revoir encore, juste une fois, pour vérifier la couleur de ses yeux. J’ai du lui dire qu’il lui faudrait attendre un peu. Un peu beaucoup à ses yeux. 27 jours à essayer de se souvenir de chaque détail, de la couleur des yeux et de celles des cheveux. Un petit mois avant de retrouver sa poupée. Quand nous sommes sorties du tout petit magasin, Blanche m’a demandé si « La dame qui fabrique les poupées  avait été contente qu’elle lui amène Violette pour lui montrer « . je lui ai assuré que oui. Je crois que je n’ai pas menti. Nous venions toutes les deux d’oublier la dame que pendant tous ces mois nous avions imaginée. Blanche serait bien restée, encore un peu, juste pour regarder.  Moi aussi. « Je ne sais plus vraiment comment je croyais qu’elle était mais maintenant j’en suis sure, elle est encore plus gentille et plus jolie, en vrai ».

Posté par marionl à 22:44 - Blanche - Commentaires [46] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 novembre 2009

les vitrines

P1190894P1190900P1190902P1190909P1190915 P1190925                                                                                                                                                               De ces deux  nuits passées entre cousins restaient déjà de petits yeux cernés et des petits pieds qui n’arrivaient plus à marcher. Ils seraient bien tous restés ici ce matin mais nous avions dans l’idée que ce que nous avions prévu leur plairait. A la première vitrine, ils avaient oublié la fatigue et l’envie d’être portés A la première vitrine, ils nous avaient oubliés. L’endroit n’était pas bondé et nous pouvions observer leur regard en miroir dans les vitres sur lesquelles ils collaient les mains. La seule promesse qui arrivait à les convaincre de quitter la scène qu’ils étaient en train de regarder, c’est celle qu’une autre suivrait. A chaque fois,  Marcel arrivait à se faufiler pour se planter au milieu du passage réservé aux enfants. Rien ne semblait lui échapper.Une fois la dernière vitrine venue, il nous restait le très grand sapin du magasin à leur montrer. Se faufiler dessous, aller le voir d’en haut, au balcon du dernier étage puis redescendre par les escalators, pendant que nous tenions chacun un petit par la main, Blanche et son cousin Gaspard avaient beaucoup de choses à se dire en se tenant la main. A la boutique de L’Opéra, nous avons vu les grands tutus et les petit théâtre en papier puis nous avons repris notre chemin sur les grands boulevards vers ce passage où je leur avais promis un magasin de jouets qui leur plairait. C’est là, passage Jouffroy, qu’Aimé et Marcel ont trouvé des idées pour leur commande au père Noël. C’est là que nous avons tous rêver devant une maison de poupée vraiment éclairée. Les enfants avaient tant de choses à nous montrer , j’avais tant de choses à regarder, d’idées à glaner que je me suis promis de revenir après le déjeuner. Six adultes et neuf enfants à déjeuner chez Chartier. Les petites cases pour les serviettes des clients habitués sont toujours là, comme les serveurs avec leurs grands tabliers blancs. Je m’en voulais un peu de leur avoir imposé cette heure d’attente pour entrer dans ce restaurant où je tenais à les emmener. Une fois rentrés, j’ai vu dans leur regard qu’il ne m’en voulait pas. Juste derrière notre tablée de dix, adultes et enfants petits, la table des enfants plus grands se débrouillait sur le mode autogérée. Le Mont blanc, chantilly et crème de marron, était encore meilleur qu’à la maison.
Je les ai vus s’éloigner, rentrés à la maison soulagés à l’idée de pouvoir un peu se poser. Moi, j’avais d’autres choses à faire, une petite liste que je n’avais pas pris le temps d’écrire mais qu’il me fallait honorer. Une liste un peu secrète qui s’était allongée au fil de nos promenades ces jours derniers. Une fusée, des voitures de courses un lapin blanc avec des oreilles roses et une trousse à écriture. J’avais une idée assez précise de tout ce qu’il me faudrait trouver. Paris était à moi et le même s'il les gens autour de moi ne semblait pas le remarquer, le grand manteau rouge qui m'envellopait me tenait chaud.

Posté par marionl à 23:50 - jour après jour - Commentaires [34] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 novembre 2009

vue d'en haut

ville1ville2ville3ville4ville5ville6              C’était elle que les enfants attendaient de rencontrer. C’est presque pour elle que nous étions venus ici. C’est à elle que nous avons consacré notre première matinée. Ils l’ont trouvée trop belle et nous sommes même montés dessus. Deuxième étage, Paris à nos pieds et le vent glacé, les rouages de l’ascenceur et la pose pour des touristes chinois. Nous étions très loin ce matin. Le voyage en train nous avaient menés là. Une heure vingt de voyage que les enfants avaient trouvés presqueun peu trop court à l’heure goût. Un voyage alors qu’il faisait déjà nuit , comme dans un grand tunnel dont on s’amusait à imaginer la fin. Après le train, le métro et ses bruits inquiétants. Marcel disait qu’il avait peur et qu’il voulait sortir de là. Aimé et Blanche retrouvaient le petit lapin qui se coinçait les doigts. Juste à côté de nous, une jeune femme avait sorti une grande pièce de canevas. Johnny Halday au petit point. Blanche était émerveillée  et Marcel ne voualit toujours pas sortir la tête de mon cou. Il y avait eu les retrouvailles  avec les cousins, cinq enfants dans la même chambre et une partie de la nuit à discuter, à faire les fous. Et ce matin,, même pour la tour Eiffel, monsieur Marcel qui ne voulait pas marcher. Je savais que ce petit restaurant leur plaisait, nous y sommes déjà allés et même avec des enfants un peu bruyants, nous avions à chaque fois été bien accueillis. Retrouver une amie pas vue depuis longtemps et discuter de nos vies, de la photographie, de Paris et du manque de temps. Prendre un peu de temps.  Aimé et Marcel ont remarqué que les bols étaient les mêmes que ceux de la maison. Cette part de crumble ferait office de déjeuner.
Qles petits détours que nous nous sommes accordés ne nous ont pas trop éloignés de l’endroit où nous voulions des emmener. Deyrolle et ses animaux empaillés. L’endroit avait brûlé depuis la dernière fois que nous y étions venus et nous voulions vérifier si l’âme était toujours dans les lieux. Les parquets craquants, le Zèbre et l’ânon, l’ours et la paôn, les oiseaux et les papillons, c’est le même plaisir que nous avons retrouvé dans ce endroit que nous aimions. Il nous restait la moitié de l’après-midi et nous nous retrouvions toutes les deux. Un au revoir aux garçons en haut des marches du métro et nous étions reparties, Paris était à nous, je tenais la petite main de Blanche dans la mienne et nous nous sommes promis qu’avant de rentrer, nous aurions trouvé la paire de bottes que Blanche attendait depuis des semaines. Nous n’avions aucune idée de modèle. Où plutôt si, une idée bien précise, une couleur préférée et un budget à ne pas dépasser. Le magasin auquel je pensais n’avait rien de bien joli à nous proposer. Les recherches ont repris. Trop petites, trop basses, trop noires et beaucoup trop chères, nous étions sur le point d’abandonner quand la vendeuse d’un magasin nous a donné l’adresse d’un chausseur voisin où elle achetait des chaussures pour ses enfants. Blanche rêvait de vraies bottes, elle était prête à marcher encore pour enfin trouver. Nous venions de marcher pendant plus de deux heures. Elle avait  « un peu mal aux pieds » mais elle avait oublié l’heure du goûter. Elle rêvait de bottes que nous étions venue acheter à Paris. J’avais bien connu cette rue. Je n’y étais pas venue depuis des années. Je sentais toujours la petite main, à peine plus fatiguée. J’ai ouvert la porte en faisant promettre à Blanche de ne pas s’opposer à un non de ma part. Promesse donnée. Elles étaient là. Marrons, bien hautes, jolies, soldées et facile à enfiler. Blanche les a gardées aux pieds. Deux petits pieds, que j’avais vus beaucoup plus grands, deux petits pieds qu’elle n’a pas quitté du regard sur le chemin que nous avons pris pour rentrer. Deux petits pieds qui volaient presque, malgré la journée qu'ils venaient de fouler.

P1190880P1190882

Posté par marionl à 23:47 - jour après jour - Commentaires [31] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 novembre 2009

voyage en ville

paris2paris1C’est la première fois qu’ils partagent cette frénésie, ce petit tourbillon dans lequel je me plonge avant chaque départ, même pour un séjour très court,  un week-end à Paris. Au moment où je leur ai dit que j’avais une valise à préparer, les enfants ont réalisé que le voyage approchait. Aimé m’a demandé de lui répéter que c’est bien en train que nous partions. Blanche a rajouté « tous ensemble cette fois ». « Mais non, il n’y aura pas Joséphine je te dis » a le petit garçon. Depuis plusieurs jours, Blanche avait décidé quelles robes elle emmènerait, ses préférées, Aimé et Marcel voulaient être beaux eux aussi et participer au choix de vêtements que nous allions préparer. Hier après-midi, ils m’ont laissée coudre en paix les petits gilets pour les cousins puis nous avons parlé du programme qu’il nous fallait fixer. La tour Eiffel, c’est certain. Quelques magasins, dont cette caverne passage Jouffroy où ils pourront picorer quelques idées pour leur lettre pas encore terminées. Et puis la ville, si loin de leur vie préservée de l'agitation et du bruit. Le métro auquel ils ne sont pas habitués, les bus, les centaines de voitures et les passants qui n’ont pas toujours le temps. Je sais déjà qu'ils vont adorer. Les lumières aussi qui brilleront partout. Les vitrines des grands magasins tôt le matin, les animaux empaillés de chez Deyrolles et les surprises que nous allons forcément croiser. ET puis les pieds fatigués. J’ai promis de ne pas dresser de programme trop chargé. Je voudrais une ou deux heures en solitaire aussi. Histoire de hotte, de bottes, de cadeaux, de petits secrets. Et puis les cousins. Blanche, Aimé et Marcel dans le même lit. Et puis Joséphine à laquelle nous penserons quand nous serons sur la tour Eiffel ou chez Mamie Gâteaux. Ou dans chacun de ces endroits dans lesquels nous aimions toutes les deux nous promener quand il nous suffisait d’un jet de métro pour être en plein Paris. Dans moins d’un mois, c’est avec elle que je serai j’y retournerai. C’est avec elle que je ferai mes derniers petits achats. Je crois que nous ne pourrons pas nous empêcher de raconter quelques bribes de notre vie d’avant aux enfants. Peut-être qu’ils se lasseront de ces histoires mille fois racontées. Comme chaque jour de départ, j’étais réveillée depuis longtemps quand ils se sont levés. Nous étions déjà tous un peu partis. Alors que ma journée de travail s’écoulait, je la ponctuait de ces petits plaisirs dont je ne saurais me passer avant chaque séjour à Paris. Ranger mon sac à main, me fixer un budget, faire la liste des petits cadeaux que je dois emmener, penser aux dernières courses à ne pas oublier. Nous ne partons que trois jours. Trois jours pleins. J’ai promis de ne pas établir un programme trop chargé.

Posté par marionl à 20:30 - jour après jour - Commentaires [33] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 novembre 2009

la guirlande

noel1noel2noel3noel4noel5noel6                                                                                                                                                                                                                                                                Je leur avais demandé de ne pas me suivre dans le grenier et ils m’ont suivi dans le grenier. Je savais qu’ils ne pourraient s’en empêcher et je me doutais qu’à la fin de la journée, on aurait à déplorer une ou deux petites choses cassées. Juste un pied de père Noël que j’ai réussi à recoller. Blanche attend le mois de Noël pour ouvrir la première porte du calendrier, Aimé m’a demandé ce matin si cette année encore, il y aurait un grand sapin dans notre maison. Ce matin il n’était pas encore question de sapin mais de cette grande guirlande que nous suspendons au dessus de la porte d’entrée. J’ai vite trouvé les décorations qui lui sont attribuées. Des père Noël, des bonhommes de neige et des personnages qui ont l’air de bonbons « mais qu’on ne peut pas manger ». J’ai sorti l’escabeau et ils me l’ont tenu tous les trois. J’ai d’abord accroché la guirlande puis les petites lumières, chaque petit sujet et enfin, les rubans rouge et blanc. De ces énormes cartons que je sors du grenier chaque année et qui me semblent plus nombreux à chaque fois, il y a vingt ans de petits sujets. Je crois même que mon trésor est là. Tant de toutes petites choses inutiles, futiles, et qui ne sortent que quelques semaines dans l’année mais qui ont chacune une histoire à raconter. Il y a cette petite chatte en carton que Blanche a trouvé ce matin, elle était sur mon premier sapin, cet ange que j’ai trouvé à Londres alors que j’étais étudiante et puis ce coquillages qui ornait mon sapin tahitien. Des petits coquillages à la peinture dorée fabriqués par l’atelier qu’animait un ami pychiatre qui m’avait raconté la difficulté d’exercer la psychiatrie dans une culture dont les traces sont à moitié perdues. Chaque année, je pense à ces pensionnaires de l’’hôpital un peu interloqués quand je leur avais montré la branche qui me ferait office de sapin et qui porterait leurs coquillages dorés. Il y a aussi ces petits personnages munichois et les père noëls que j’avais glissé dans mon sac en rentrant des Etats-Unis. Les enfants se sont amusés à choisir leurs préférés. Blanche m’a tendue les plus fragiles en premier puis nous avons retrouvé cette décoration qu’elle avait fabriqué à l’école à Noël dernier . Je l’accrochais bien en vue.Nous nous sommes aperçus que dans ce carton là, j’avas aussi glissé les santons. Les enfants m’ont demandé de leur expliquer chaque personnage « comment il s’appelle le papa du bébé déjà ? » Mais il faudrait attendre encore un peu pour les installer. Chaque comme chaque année, nous ramènerions un personnage de notre voyage à Paris. Cette fois ci, ce serait peut être le bœuf et l’âne gris.Cette guirlande et les récits qu’elles nous a offert nous ont occupé toute notre matinée. Les enfants ne sont pas encore habitués à sa présence, pourvu que cette année encore, ils ne s’habituent jamais et qu’ils lèvent la tête, les yeux écarquillés, dès qu’ils la trouvent allumée. Ce soir, ils attendaient leur papa de pied ferme pour lui montrer ce que nous avions préparé. Chacun avait un ou deux petits sujets en particulier à lui montrer. « ça sent Noël ici, » a-t-il-dit, mais il a fallu faire un peu vite parce que le dîner des petits était juste prêt. Ce soir, ils ont dîné tous les trois alignés, les yeux levés, pas vraiment la tête à ce qu’ils devaient manger.

petite tricherie avec la date de publication. Impossible de me conecter à canalblog hier soir.

 

 

Posté par marionl à 23:56 - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 novembre 2009

mauvaise pioche

pioche                                                                                                                                                              Au moment même ou le réveil a sonné, je lui en ai un peu voulu de l’avoir oublié. J’aurais pu profiter plus longtemps de cette matinée de samedi encore plongée dans la nuit si cette satanée sonnerie n’avait pas retenti. J’essayais de me rendormir quand l’évidence s’est imposée. Non seulement nous n’étions pas samedi mais nous étions encore très loin du week-end, il devenait alors urgent que je me lève. Je ne remettais pas de m’être trompée et je pestais sans trop bien savoir à qui ni à quoi en vouloir. D’abord à moi d’attendre avec tant d’impatience ces journées chômées. La vie est douce ici et pourtant nous sommes tous fatigués. Aimé est descendu me dire bonjour et j’entendais Marcel crier pour qu’on vienne le chercher. Les deux petits garçons auraient bien aimé aussi que je n’aille pas travailler aujourd’hui. Le poêle avait recommencé à ronronner, le chat s’était choisi sa place sur le canapé et Blanche était ravie que ce soit jour de danse. Je lui expliquais qu’une réunion me retiendrait trop tard pour que j’aille la chercher. J’avais très vite retrouvé l’agenda qui a fini par s’imprimer à l’encre indélébile dans un coin de mon cerveau et qui se remplit et se modifie au fil des journées. Un agenda qui hier soir s’était éteint un peu avant moi, juste avant de me rappeler qu’on était veille de jour de danse et que je devais coudre l’élastique des nouveaux petits chaussons. Ce serait rapide, je suis allée chercher une aiguille et du fil. Nous n’étions même pas en retard quand nous sommes parties en disant au revoir aux garçons de la maison. J’ai déposé Blanche à l’école, puis j’ai pesté contre cet énorme camion de bois que je n’arriverais jamais à doubler. J’ai tremblé, quand juste devant moi, il a perdu deux des bûches de sa cargaison. J’ai pilé, puis je me suis arrêtée quelques minutes pour reprendre ma respiration avant de me dire que cette fois ci, je n’arriverai plus à rattrapper le retard accumulé. Une réunion, deux réunions, et puis ce dossier à écrire et à relire, et à réécrire parce qu’il ne me convenait pas, parce qu’il me semblait que je n’étais pas assez dans le sujet. Et puis la piscine dans laquelle je ne m’étais pas plongée depuis plus d’un mois. La grippe, les vacances et des réunions le midi avaient eu raison de mon papillon. J’y retournais un peu obligée, plus si sûre de savoir encore nager. L’eau était froide et je n’arrivais pas à me réchauffer. Dehors, il y avait cette toute petite pluie fine qui me donne tant envie d’être à la maison. J’essayais de les imaginer. Je souriais à l’idée qu’un de ces midis, il leur préparerais leur repas préféré, des patates sautées, pleine de sel et d’huile « parce que maman n’est pas là ». Cette maman là s’était garée sur un parking, à l’abri de la pluie qui ne voulait pas arrêter de tomber, pour manger sa salade en boîte et son taboulé de supermarché, la radio allumée et un magazine de décoration à la main. Pas envie de rentrer et de manger entre mon ordinateur et mes dossiers à trier, pas le courage d’affronter la pluie. Je pestais encore, vexée de m’être laissée séduire par cette jolie couverture et me promettant une fois encore de ne plus acheter de magazines de décoration. Demain, j’irais rechercher dans mes archives mes vieux numéros de décembre. Je n’ai pas de cent idées, mais ces vieux Marie Claire décoration qui faisaient la part belle au rêve et au merveilleux pas toujours trop coûteux. Je crois que j’aurais bien aimé une grande assiette de patates sautées bien huilées. Je suis remontée à mon bureau poursuivre ma journée à la lumière du néon. Là-bas, je crois que je suis ce que je n'ai jamais été, une bonne élève, consciencieuse et appliquée. J'ai rangé mes idées. je suis rentrée au delà de l'heure du dîner. La piscine avait apaisé mon mal de dos et j'avais terminé mon dossier. Et puis j'avais oublié, demain, c'est mercredi, et, normalement, le réveil ne va pas sonner. 

Posté par marionl à 21:52 - Commentaires [39] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 novembre 2009

trois semaines

repas1repas2repas3repas4                                                                                                         Je pensais que sa lassitude arriverait bien plus tôt. Je m’attendais, certains, soirs, à retrouver le contenu de la salle de jeux déversé au rez-de-chaussée et deux petits garçons en furie hurlant autour d’un papa transformé en chèvre et hurlant avec les loups. Depuis trois semaines, quand je pousse la porte d’entrée, Blanche a fait ses devoirs avec son papa, Aimé et Marcel descendent l’escalier et selon les jours, me sautent dans les bras ou m’adressent un bonsoir discret. Puis j’aborde ma soirée dans le calme du jour qui s’éteint, souvent bien plus calme que lorsque nous rentrons tous ensemble de nos journées occupées. Là, je n’ai que mon manteau et mes chaussures à retirer, je n’ai aucune idée des courses folles et des petits caprices qui ont émaillé la journée. Je leur demande de me les racontant et je savoure alors la vie quotidienne comme celle qui peut se permettre de la picorer quand elle en a envie. Depuis deux semaines et pour quelques jours encore, il faut faire sans nounou et les enfants passent leurs journées avec leur papa. Privilège de l’indépendant, c’est lui qui est resté à la maison pour s’occuper des garçons, les écouter, ne plus les écouter, se fâcher, les consoler, leur faire à manger et essayer de travailler quand même un peu malgré les livres à lire et les doudous à retrouver. C’est lui qui chaque mardi, coiffe Blanche avant de l’emmener à la danse. L’autre soir, quand je suis rentrée, il était en train de préparer le dîner. Ce matin, comme lundi dernier, il est parti avec Aimé et Marcel faire les courses au supermarché. Pas de chance pour lui, le mois sans nounou était aussi celui qui marquait notre tour pour les courses de cantine. Quand je lui ai dit que je ne sais pas si j’aurais tenu le coup, je crois qu’il ne m’a pas crue. Je ne dis pas assez aux enfants qu’ils ont de la chance d’avoir un papa comme celui là. Je crois que je n’ai pas besoin de le leur dire mais je me le dois. Je leur dois. Un papa capable de prendre le temps d’habiller chaudement son petit garçon qui veut sortir avec lui, alors qu’il voulait justement profiter de ce petit moment là pour fumer une cigarette tranquille, loin du bruit, à regarder les étoiles sur le petit muret. Un papa qui semble oublier lui-même qu’on le disait soupe au lait. Depuis quelques temps, je marche dans cette vie à petit pas, sans faire trop de bruit. J’ai juste envie de profiter de ces jours que je redoutais tellement et qui me semblent encore plus doux. Il me dit son impatience d’arriver à lundi. Je l’entends et le comprends.  Et puis c’est lui qui propose de préparer le dîner. Je redoutais ces trois semaines, j’imaginais une suite de soirées irritées et tendues après des journées trop fatigantes pour être racontées. Je m’étais trompée.

Posté par marionl à 21:50 - jour après jour - Commentaires [41] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 novembre 2009

le rouge est mis

n1n2n3n4n5n6                                             Nous venions de parler avec Joséphine, de la voir de l’autre coté de l’ordinateur pour se dire que les vacances de Noël arrivent très bientôt. Elle allait dîner, nous n’avions pas encore déjeuné. Un repas vite fait, parce qu’après, nous avions fort à faire. J’avais mis les ingrédients de côté, il ne restait plus qu’à les peser, puis à les mélanger. L’équipe est désormais bien rôdée. Marcel dans le rôle du goûteur, Aimé à la cuillère et Blanche qui lit sans se tromper. « Mais on a oublié les musiques de Noël maman ! ». Heureusement que je les avais repérées. La grande pièce du bas se laissait doucement parfumée par ce mélange de coriandre, cannelle et gingembre, un peu de cognac aussi,  alors que les crooners reprenaient du service. Nous préparions deux gâteaux pour cette année. Le premier pour la Saint-Nicolas et cette fête à la maison pour laquelle nous recomptions encore les invités. Et puis le second, plus petit, pour le soir de Noël. Ce soir là, Joséphine serait là. Ce serait notre petit Noël. Comme chaque année, nous nous donnerions rendez-vous autour de cette grande table nappée, nous nous serions fait beaux pour l’occasion et puis peut être qu’après le désert, nous partirions dans la nuit pour voir si la crèche de l’église du village est encore là, avec une lampe torche et des gros bonnets. « Il existe le père Noël maman, c’est bien vrai puisqu’il n’y aurait pas de cadeaux sinon ! ». je n’ai eu aucune peine à croire ce que Blanche me racontait. Elle arrivait à la fin des ingrédients à verser dans le grand saladier qui n’était plus assez grand. Aimé avait besoin de prendre la cuillère à deux mains pour réussir à tourner les éléments de ce mélange qui cette année encore resterait secret. Secret de famille que j’ai promis à Joséphine de ne pas dévoiler, à moins qu’il ne fasse partie de ce livre du dimanche que je n’ai pas oublié. Le grand saladier était vraiment trop petit alors j’allais chercher l’énorme faitout dans le cellier. Aimé n’était pas loin de pouvoir rentrer dedans tout entier. ça y est, j’avais cinq ans, les larmes aux yeux, envie d’amour et de sacré, d’enfants contents et de parents heureux, de plats un peu trop sucrés, un peu trop sirupeux, mais je m'en fichais.  J’avais quatre enfants et envie d’y croire avec eux. Quand j’ai emballé les moules avec un grand tissu blanc, Blanche a vérifié que je suivais bien les instructions. « Ils écrivent bien graissé maman ! ».  Nous avons téléphoné à maminou pour lui demander sa petite part de secret. J’apprenais que ma tante l’avait appelée le matin même, pour lui demander ses conseils avisés. Cette idée m’amusait. Ce soir là, dans un mois, à défaut d’être tous réunis autour du même sapin, à défaut de répéter ces grands noëls dont je me souviens et que je ne suis pas sûre d’avoir envie de renouveler, nous mangerions le même gâteau anglais Le même ou presque, chacune y aurait mis son petit supplément secret, celui que de toute façon, on ne trouve jamais.  Aimé chantait petit papa Noël. En fait, il n’avait pas arrêté de le chanter depuis Noël dernier, heureux cette fois ci de nous entendre l’entonner avec lui. J’ai lancé les bain-Marie. Cinq heures de cuisson, au moins, et la maison qui ne perderait plus ce parfum si singulier, jusqu’à janvier. Blanche avait dansé, elle avait encore envie de chanter. « Si on allait voir la mélodie du bonheur maman ? ». Je suis montée dans la salle de jeux, me glisser sous la couverture avec eux. ça y est, je crois que le rouge est mis.

les photos sont de monsieur, madame et mademoiselle L.

Posté par marionl à 22:52 - marcel - Commentaires [41] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 novembre 2009

chaussons de ville

a1a2a3a5                                                                                                         C’était loin d’être le chemin le plus court mais j’avais très envie de passer par le canal et de traverser les vignes. Aujourd’hui, nous sommes allés en ville. J’avais promis à Blanche que nous irions acheter ces chaussons de danse dans le magasin spécialisé que nous avions trouvé l’année dernière à Dijon. Un magasin avec des tutus de toutes les couleurs suspendus au plafond. Je pensais aussi que nous pourrions aller traîner du côté de ce magasin de jouets que nous connaissions et y piocher quelques idées pour la lettre au Père Noël. Nous sommes partis tous les cinq et nous nous sommes promis avec Blanche que la prochaine fois,  nous y retournerions avec Joséphine pour y voir les lumières de Noël. Cette fois ci, nous n’avions qu’un, but précis, une paire de petits chaussons. Aimé regardait les passants, Marcel regardait les bus passer. Il faisait beau, les terrasses étaient sorties, les décorations de Noël aussi. « Mais maman , c’est beaucoup trop tôt ! ». pas tant que cela finalement. Décembre allait arriver et nous venions aussi chercher un joli calendrier de l’avant. Mais il faisait bien trop beau pour penser que le mois de Noël arrivait, bien trop chaud pour imaginer que la semaine prochaine, on installerait peut-être le sapin. Nous n’avions pas mangé et la sieste de cet après-midi serait oubliée. Les enfants restaient tous les trois le nez collé à la vitrine de ce magasin ou des mamans loups hochaient la tête à côté de leurs petits. Aimé regrettait qu’elles ne puissent pas parler. Il éprouve en ce moment ce regret avec toutes les peluches amies qui partagent son lit. Le petit magasin de jouets nous attendait. Il ne restait plus qu’une poignée de calendriers mais un tas d’idées à picorer. Blanche voulait tout voir, tout regarder de près. Elle s’est émerveillée devant une boîte à musique, elle a aimé des gateaux de dînette et adoré les petites figurines de princesses. Mais son choix n’est pas encore arrêté. Elle serait bien restée à à regarder chaque jouet, en oubliant presque le motif de notre visite et Noël qui s’annonçait.   Nous avions rendez-vous pour le café et il fallait nous dépécher. Retrouver le magasin de tutus, puis l’adresse à laquelle il avait déménagé. Juste à côté. Aimé et Marcel voulaient toucher le tulle des tenues. Une grande fille à côté de nous enfilait des pointes et semblait habituée. Aimé la regardait se dresser. Blanche aussi, avec un peu d’envie. Marcel n’avait qu’une envie, lui, c’était de se mettre debout sur les chaises alors qu’Aimé continuait à regarder la danseuse « mais pourquoi elle a plein de boutons cette grande fille là ? ». Son papa lui a expliqué que lorsqu’une fille était belle, elle avait beaucoup de grains de beauté. La maman de la jeune fille a souri. Blanche a pris le sac qui contenait la paire de chaussons et nous avons pressé le pas pour notre rendez-vous. Toujours pas mangé. Trois petites tables de bistrot, quatre adultes et cinq enfants et cette fois ci, c’est moi que la ville avait décidé de gâter. Dans mon sac, j’avais une petite enveloppe et la promesse faite de ne le dépenser que pour moi. Je l’avais depuis un moment déjà, pas vraiment pressée de la voir s'envoler. J’aimais trop l’idée de garder ce plaisir en perspective. Elle connaissait mieux la ville que moi, je lui ai parlé de mon envie de sac à main. Alors nous avons laissé les papas garder les enfants et elle m’a emmené dans une de ces petites cavernes d’Ali baba où les vêtements n’ont le tort que d’avoir déjà été portés. Seconde main, nouvelle vie et ce sac à main qu ‘elle m’a montré et qui semblait fait pour mon bras. Un grand sac marron dont l'élégance pourrait abriter le petit bazar de ma vie. En plus, Il ne coûtait que la moitié de la somme dont je disposais. Alors, je pourrai encore rêver. Nous n’avions pas mangé. Nous avons laissé les amis continuer leurs courses, il nous fallait rentrer. Sur le chemin du retour, le pain d’épices englouti, les enfants étaient endormis. Blanche tenait ses petits chaussons sur ses genoux et moi, j’attendais d’être rentrée pour ranger mes affaires dans mon nouveau sac à mains. Peut-être demain matin. Dans une des poches fermées qu'il avait la bonne idée de contenir, Je glisserai l’enveloppe encore garnie de rêves d’une jolie petite robe, ou d’un bijou, ou d'une paire de chaussures, ou un rouge à lèvres, ou d'une paire de gants.

a7a8a9a10

Posté par marionl à 23:03 - jour après jour - Commentaires [38] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »