tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

13 novembre 2009

sa maman bleue

aim_1Aim_2                 Je l’entends me dire qu’il voudrait être mon mari, et qu’il l’est un peu, d’ailleurs,  puisque le jour de mon mariage, j’avais un gros ventre dans ma robe blanche et que c'est lui qui était dedans. Je lui réponds que non, que c’est interdit, que j’ai déjà un amoureux, et que ce n’est pas lui. D’autre fois, je l’entends crier, je le vois s’énerver parce qu’il voudrait faire autrement, parce qu’il voulait être devant ou faire les choses comme il l’avait décidé. Je le punis, son papa aussi. Il est à bout de résistance et nous aussi. Depuis quelques jours, alors que les larmes affleurent et qu’il a déjà beaucoup crié, et nous aussi, il nous annonce qu’il va tout seul dans la salle de bain pour se calmer. Cette pièce qui peut fermer et dans laquelle nous l’avons plusieurs fois obligé à rester tout seul pour arrêter les pleurs et les cris. Méthode un peu barbare et très bricolée pour mettre fin à ces conflits qui nous usaient, nous, lui, et ses frères et sœurs. Je crois que nous avons oublié à quel point il est difficile d’avoir trois ans. De vouloir faire toujours faire plaisir à son papa, sa maman et puis succomber à ses envies. Je le regarde tiraillé et je ne peux pas beaucoup l’aider. J’essaie juste d’être ce bloc contre lequel il peut se révolter, un bloc qui devrait rester calme tout le temps, par tout les temps, et qui pourtant vacille trop souvent. Je crie, il crie, nous crions, ils crient, et nous nous épuisons. Et puis je le regarde les yeux embués de larmes, le doudou à la main et le corps remué de sanglots. Il est sorti de sa retraite, qu’elle soit volontaire ou obligée, et il me demande « maintenant tu es contente maman ? ». Alors je mesure encore comme il difficile d’être un petit garçon de trois ans. Un petit garçon qui n’est ni l’aîné, ni le plus  petit, juste derrière une grande sœur qui attire l’admiration comme un aimant et empile en ce moment les acquisitions comme des trophées, et juste avant un petite frère qui le talonne et qui a décidé ce faire ce qu’il veut de la vie. Il est un petit garçon de trois ans qui a déjà  vu s’en aller sa très grande sœur, celle avec laquelle il avait tissé une relation si particulière. Un petit frère qui a retrouvé sa grande sœur adorée, pour la voir repartir de nouveau et qui refuse de lui parler, décide de l’ignorer quand elle l’appelle de l’autre côté de l’ordinateur.

L’autre soir, il me racontait l’histoire de cette maman bleue qui lui faisait peur quand il était petit, une maman méchante qui lui faisait très peur. Le bleu n’est pas ma couleur préférée. Hier encore, nous discutions de l’école à la rentrée prochaine, il sera dans la classe de sa grande sœur, avec tous les autres enfants du village. « Et tu me laisseras là-bas toute la journée ? ». Je lui ai dit que oui, mais je lui ai dit aussi qu’il restait encore de très longs mois avant la rentrée prochaine. Je sais que ce petit garçon a besoin d’être poussé vers l’avant, félicité pour ces mots toujours si bien trouvés et ces numéros de cirque impressionnants. Quelquefois pourtant, je n’ai plus qu’un seul désir, le garder vers moi, pour le sentir toujours protégé. Mais je le sais, je suis peut être aussi son pire ennemi. L’autre jour, je me suis fâchée parce qu’il avait renversé quelques gouttes de lait alors que nous préparions les yaourts. Je l’ai disputé, il a perdu ses moyens. Heureusement que j’en ai renversé encore plus après. Et comme je n’ai plus personne derrière moi pour se fâcher, nous avons bien ri. Nous avons fait les yaourts que nous pouvions avec le lait qui restait et je me suis dit qu’avoir trois ans c’était heureux aussi, même avec une maman bleue de temps en temps, même avec une maman qui ne veut même pas se marier.

 

Posté par marionl à 17:24 - Aimé - Commentaires [36] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Alors moi aussi je dois être une maman bleue de temps en temps!
Ce n'est pas toujours facile de grandir, tiraillé entre cette envie d'encore plus d'autonomie et ce besoin parfois de se sentir tout petit! Mais il me semble que c'est ainsi que jour après jour, contradiction après contradiction ils se construisent, même si pour nous, parents, c'est parfois épuisant... Doux week end Marion

Posté par Nadège, 13 novembre 2009 à 22:24

Pas facile d'avoir trois ans... Pas facile d'être parent... pas facile d'être juste humain...

Posté par cécile, 13 novembre 2009 à 22:25

Mère/fils aîné

Ma relation avec mon fils de 8 ans est difficile aussi : amour/haine. J'ai l'impression qu'il se défoule sur moi et qu'il est toujours adorable et obéissant avec son père.
C'est moralement épuisant, parfois.

Posté par Isabelle95, 13 novembre 2009 à 22:30

bleue sa maman de temps en temps
blanc son papa le jour de son anniversaire d'il y a qq jours,
rouge son joli petit paletot de l'hiver dernier...

Posté par annebligblog, 13 novembre 2009 à 22:53

Il est vrai que l'on ne peut laisser un enfant de 3 ans diriger la vie comme il l'entend et à la fois... c'est si dur de garder son calme tout le temps.... l'un de mes juju veut que Maman, il dit toute la journée qu'il m'aime et pas les autres. Le second lui rêve juste de devenir maman car c'est plus gentil qu'un papa.... et pourtant.... moi aussi je crie... mais surtout après le grand je dois l'avouer...

Posté par Mma la truffe 2, 13 novembre 2009 à 23:02

Malgré tout, il reste l'aîné des garçons, et ça c'est une place enviable. Peut-être ne s'en rend-il pas compte car sa soeur franchit les étapes avant lui.

Aujourd'hui, j'ai rencontré un petit Aimé et mes pensées sont allés vers ton aimé à toi.

Posté par telle, 13 novembre 2009 à 23:08

allées car les pensées sont féminines, bien sûr (gloups)

Posté par telle, 13 novembre 2009 à 23:08

Quand Aimé se fâche, tu peux lui dire que c'est le "petit moi" qui est là et qui prend toute la place. Il faut expirer plusieurs fois et à chaque inspire c'est le "grand moi" qui entre.
Sinon pour ma fille lors des crises de larmes pour la calmer je lui dit de souffler, et pour qu'elle s'en rende compte (et ça devient un jeu) elle doit faire bouger mes cheveux.
Quand elle a fini, au moins je peux comprendre ce qu'elle me dit!
Les p'tites crises d'épuisement... et je ne parle pas des miennes!
Les enfants, ça apprend la patience!
Sa grande soeur doit beaucoup lui manquer, hein? Il n'a pas tout compris, il se sent un peu abandonné...
Bises et beaucoup d'amour pour ce petit garçon à travers lequel je vis mon amour pour les miens, pour ces petits bouts de choux qu'ils ne sont plus.

Posté par fleur de sel, 13 novembre 2009 à 23:23

lui as tu lu les douze manteaux de maman??

Posté par marie&co, 13 novembre 2009 à 23:26

moi, parfois, je suis verte...

Posté par milomahé, 14 novembre 2009 à 00:28

Comme c'est bon de te lire , cela faisait si longtemps .

Posté par lilouka, 14 novembre 2009 à 01:53

Nous avons beaucoup lu "Grosse colère" de Mireille D'Allancé lors de la troisième année assez agitée...

Ah tiens, on est deux à être vertes!

Posté par Lune, 14 novembre 2009 à 03:52

j'ai moi aussi un petit garçon "colère" a a maison, pas facile de trouver sa place! mais ce qui est sur c'est que comme tu dis j'ai souvent envie de la garder au près de moi pour le protéger.
mère / garçon je crois bien que c'est une relation bien particulière

Posté par celine, 14 novembre 2009 à 05:30

ouf !

tu es humaine, avec quelques petites interrogations, petits défauts, tu me donnais vraiment des complexes... je te taquine....
tu as l'âge de mon fils aîné...
mais tu te rattrappes bien.... en tombant du lait...
tu fais tes yaourts, ton pain, les vêtements, tu écris, tu élèves tes enfants, chéris ton mari...tu as un travail,
tu as combien de mains, combien font tes journées ?
Félicitations, tu as quelques circonstances exténuantes pour avoir grondé ce bambin renverseur de lait...
bon dimanche

Posté par bla bla, 14 novembre 2009 à 07:43

Il est beau ton fils, je trouve qu'il te ressemble beaucoup physiquement. C'est dur
d'être au milieu... d'avoir 3 ans. et de vouloir se marier avec sa maman. dur...dur d'être un bébé.
Des gros bisous à Aimé .

Posté par CHARLOTTE, 14 novembre 2009 à 07:49

Que c'est parfois difficile d'être une maman....On voudrait tellement être sans faille et pourtant...Bonne journée...Soleil

Posté par soleil, 14 novembre 2009 à 08:11

Bisous a Aimé pas !

Posté par Krystann, 14 novembre 2009 à 08:26

Je disais Bisous à Aimé pas facile cet age de transition, le départ de Josèphine! Beaucoup de sentiment à canaliser pour un tit bout. Bon week end

Posté par Krystann, 14 novembre 2009 à 08:28

il y a toujours un enfant, quand on en a plusieurs, qui demande plus d'attention que les autres; qui semble se chercher, chercher sa place dans la famille, dans la fratrie; il est très beau, ce texte. parce qu'à travers les petites disputes, les bouderies du petit garçon, et l'exaspération de la maman, on sent un grand amour; un très grand amour de la maman pour son petit garçon, et du petit garçon pour sa maman dont il veut attirer l'attention.. je suis là, maman, j'existe, je veux que tu me regardes!...

Posté par cath, 14 novembre 2009 à 09:00

oh petit père!!! un ange!!!

Posté par charline, 14 novembre 2009 à 09:06

oh comme c'est drôle j'ai justement fait un billet sur mon fils hier soir aussi..... Qu'est ce qu'il est beau ce petit Aimé.... j'adore

Posté par MAUD, 14 novembre 2009 à 09:16

oh comme c'est drôle j'ai justement fait un billet sur mon fils hier soir aussi..... Qu'est ce qu'il est beau ce petit Aimé.... j'adore

Posté par MAUD, 14 novembre 2009 à 09:18

pas facile le cap des 3 ans, ni pour eux , ni pour nous...patience...

Posté par gwen, 14 novembre 2009 à 09:52

Oui, la place du milieu (des 3 derniers en fait) est toujours la plus difficile :impossible de lutter contre les perf' de la grande et contre l'attendrissement envers le tout petit... mais peu importe la place on est parfois "la plus gentille des maman du monde" (quand je fais de bons gâteaux et fais plaisir à petit dernier) voire la "meilleure cuisinière", hein ! et parfois pas gentille du tout ! ... comme dans toutes les familles !

Posté par laurence, 14 novembre 2009 à 10:23

Nous avons aussi quelques crises avec notre Puce de bientôt 28 mois et depuis le début nous lui avons expliqué qu"elle avait le droit de s'exprimer et nous le droit de ne pas supporter ses crises. Alors nous la mettons à se calmer dans le lit parapluie qui a une ouverture pour entrer et sortir toute seule (toujours dans le salon) et nous lui disons qu'elle reviendra avec nous quand elle sera calmée. Et ça marche bien sans trop crier de notre côté. Maintenant elle y va même d'elle même pour se poser un peu.
Pour l'instant, il n'y a qu'elle à la maison mais bientôt BB2 fera son apparition et les conflits pourront bien surgir chez l'un comme chez l'autre. Nous verrons bien et nous tacherons de faire de notre mieux. Et puis avec les cris, il y a les bisous en expliquant pourquoi on se fâche parfois. Si eux crient, nous aussi en avons le droit.
Allez petit grand Aimé, ce n'est pas si facile de grandir et de trouver sa place dans une famille.

Posté par Sevcareve, 14 novembre 2009 à 11:01

un peu marié avec toi car il était dans ton ventre ce jour là! c'est mignon et touchant comme vision des choses!

Posté par liliberzet, 14 novembre 2009 à 17:26

je crois que nous sommes toutes des mamans bleues parfois, qu'avoir 3 ans c'est compliqué et que trouver sa place pour une âme sensible l'est parfois encore plus ! et au delà de tout ça, il y a des tempéraments, ton bel aimé semble intuitif, tous ces afflûts d'émotions sont ressentis mais pas forcément gérés à cet âge...

Posté par flo, 14 novembre 2009 à 18:24

Quand Marguerite est partie 3 mois, Achille a eu du mal aussi, il était assez perturbé, et c'est en parlant avec une amie que j'ai réalisé que nous ne lui avions pas donné assez de repères (compréhensibles pour lui) du temps qui s'écoulait et de quand elle allait revenir. Je sais que cette absence est toute différente de celle de Joséphine mais au cas où ce serait une piste...
J'ai aussi entendu que les re-départs des "visites" lors d'absences prolongées sont particulièrement rudes à vivres (et j'ai beaucoup pensé à vous, lors des dernières vacances ;-))

Posté par clo, 14 novembre 2009 à 19:31

Encore une fois je me retrouve dans tes mots. Ton récit est tellement proche du quotidien, à mon petit garçon et à moi. Je n'aime pas le bleu, non plus, mais c'est, cependant, la couleur que j'ai choisie pour mon 2ème tout petit garçon (une pointe de bleu avec beaucoup de gris, je te l'accorde). Comme quoi, certaines réconciliations sont toujours possibles... Je te souhaite encore beaucoup de belles choses avec ton petit garçon ;o)

Posté par strawberry love, 14 novembre 2009 à 21:05

je crois qu'il est terrible pour un enfant d'avoir des parents parfaits, ou cherchant à l'être. Car la perfection n'existe pas. Si vous avez vos défauts (vous enerver trop souvent ou trop vite...), cela signifie pour lui qu'il a aussi le droit d'avoir les siens et de faire des erreurs,parfois. Et ça, c'est le moteur pour oser et ne pas avoir peur.
Comme je me retrouve dans ce billet, avec mon fiston de 3 ans également...

Posté par magali, 14 novembre 2009 à 22:17

Gabriel, 3ans et demi : "je te déteste !" dès que je le contrarie. Et quand il fait une grosse colère, ça se finit toujours par des "j'a-rrive-pas-à- à -à -m -me-cal-mer.." entrecoupés de gros gros sanglots : un gros calin et ça repart... 3ans c'est dur pour eux. Mais tellement mignon . Faut qu'on en profite !

Posté par Guilitti, 14 novembre 2009 à 22:18

Ici aussi on souhaite très fort que le bleu se délave surtout du côté des parents...qu'il est sinueux ce chemin!!!

Posté par nigel, 14 novembre 2009 à 22:41

c'est énorme tout ce qu'ils ont à surmonter, sans posséder tout à fait toutes ces sublimations et autres subtilités que nous sommes sensés avoir comme atouts! Fragiles petits êtres que nous surestimons bien souvent!

Posté par nolwenn, 15 novembre 2009 à 01:33

ça me serre le cœur! Jules et Aimé ont l'air d'être le même genre de petits garçons! Jules me dit aussi "t'es contente de moi maman???" il aime les beaux ustensiles de cuisine, il vit des révoltes tonitruantes, et s'imagine en mari de maman souvent, quand son père est parti laissant une petite place à prendre à prendre au réveil! ;-)
deux jeunes garçons de trois ans... sont tellement émouvants!

Posté par émilie, 15 novembre 2009 à 08:47

Marius est tout-à-fait comme Aimé, il s'isole maintenant de lui-même pour se calmer, mais il est plus grand ! et les colères ne cessent pas vraiment. Mais je crois comme toi que ce n'est pas facile d'être un petit garçon, de se contrôler un peu et de se faire gronder souvent. Pff, dur d'être de (bons) parents ...

Posté par zoloma, 15 novembre 2009 à 17:09

3 ans...la demoiselle qui partage mes journée, celle dont je suis la nounou, en a bientôt 4...et je me heurte à ses colères depuis plus d'un an!
Moi aussi je crie trop souvent, je le sais et nous nous épuisons mutuellement...je la monte dans sa chambre et elle redescend trop vite alors qu'elle n'est pas du tout calmée...je ne suis pas sa maman.
Certaine journée commencent bien et c'est un vrai bonheur, d'autres commencent mal et je pars en me disant que je ne veux plus y aller...c'est fatiguant oui...vivement qu'elle ait 5 ans?

Posté par anzele, 16 novembre 2009 à 12:36

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