tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

31 août 2009

sur un chemin

chemin                                                                                                                                                                                                                Il y avait deux chemins, chacun en avait choisi un. Il n’était pas question de laisser l’autre à la croisée, alors il était devenu difficile d’avancer, de rêver ensemble à ces projets qui donnent envie d’aller plus loin. Ils restaient là, se défendant de cette tristesse  qui commençait à les grignoter, celle du choix auquel ils étaient tous les deux confrontés. Faire du mal à l’autre ou se faire du mal à soi. Entraîner l’autre dans une histoire qu’il n’avait pas voulue ou le suivre, résigné et malheureux, sur un sentier qu’on avait plus envie d’emprunter. Désaccordés, ils n’arrivaient plus à trouver le pas qui les ferait encore danser, pourtant persuadés que rien n’était terminé. Il s’agissait seulement d’un désaccord, de cette envie de continuer ensemble qui venait se fracasser au choix du chemin à emprunter.
Elle lui demandait tout et il ne lui demandait rien, sauf de ne rien lui demander. Il n’était pas question de combat à perdre ou à gagner mais de longues discussions sans fin et de tensions qui grignotaient leur quotidien. C’était bien pire qu’un conflit, un désaccord profond, une envie de se retrouver empêchée par ce poids qui les entraînait vers le fond.
Il y avait des larmes et des mots sans fins, des douleurs qui ne trompent pas et le  désir de ne pas faire de peine qui se confrontait à celui de ne pas se sacrifier.
Elle a essayé d’y penser, elle se sentait incapable de ce sacrifice là.
Ce week-end, il lui a pris la main, il lui a dit qu’il la suivrait sur son chemin.
Il y a du vertige dans la douceur. Un vertige qu’elle n’avait jamais rencontré jusqu'à ce moment là. De cette joie nourrit d’une infinie reconnaissance.  Les enfants lui pardonneront, ou pas, mais cette joie là était plus pleine encore que celle du jour des naissances. Plus doucement qu’elle ne l’aurait imaginé, elle s’est laissée envahir par cette certitude d’être aimée. Cette étourdissante impression qu’il venait de faire pour elle ce qu’elle se sentait incapable de faire pour lui, malgré tout l’amour qu’elle ressent pour lui. Il y avait tellement de bonheur dans ce moment là qu’il n’était pas question de le ternir par une ombre de gêne ou de culpabilité. Elle se sentait un peu perdue mais égarée, elle ne le serait jamais plus, avec ce moment entre elle et lui toujours en point de repère. Elle a laissé encore  la joie l’envahir  et elle lui a fait une promesse à son tour. Celle d’être heureuse, toujours. C’est peut-être la promesse la plus difficile à tenir mais c’est le moins qu’elle puisse faire pour lui. ET puis il y avait cette autre certitude, pleine et si douce, toute neuve à ses yeux, qu’en étant heureuse grâce à lui, elle pourrait le rendre heureux lui aussi.

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30 août 2009

dans les jardins

jardin1jardin2jardin3jardin4jardin5jardin6              C’était un week-end rond et bon, plein comme un panier de retour du marché, rempli de ce qu’on avait promis de ramener et de surprises qu’on y a trouvées. C’était le dernier week-end des vacances, gourmand et prometteur, de ceux dont on aime penser qu’ils donnent la couleur à la vie d’après.
Après l’anniversaire, une journée dehors à regarder les enfants jouer, à discuter en leur demandant de ne pas déranger les parents, ils étaient tous invités à dîner. C’était un peu loin mais l’idée même de ce petit voyage les ravissait. Les enfants ont préparé leur pyjama et leur doudou, dit aurevoir au chat et ils sont partis vers la jolie maison qui les attendait. Des histoires d’Italie, de glace au pignons, d’enfants et de jolis chiffons, ils étaient si bien là-bas qu’il était trois heures du matin quand ils sont revenus ici.
Ce matin, tout le monde était fatigué, mais le programme était encore chargé. Toute une série de promessses d’aller ici ou là. Ils ont commencé par ce vide greniers de couturières ou pour moins de cinq euros, madame L s’est offert des mètres de rêves à coudre pour les week-end de cet hiver. A quelques kilomètres, un autre vide-greniers et des pommes de terre à l’eau, puis mademoiselle Blanche qui ouvrait son porte monnaie pour s’offrir un beau chapeau. Il était déjà un peu tard quand ils ont pris le chemin de l’art dans les jardins. Des habitants de ce village haut-perché avaient ouvert leurs portes à des plasticiens. Il fallait chercher ou se cachaient les portes ouvertes dans les petites ruelles, regarder les œuvres et discuter du pourquoi et du comment avec les enfants, puis s’asseoir dans l’herbe pour leur montrer  le Mont-blanc qu’on apercevait très loin. Encore une ou deux oeuvres d’art au fil des jardins, et puis dans un rue, une fenêtre au premier étage d’une grande maison bourgeoise, ouverte sur un piano en train de jouer. Ils se sont arrêtés pour écouter,  Schubert leur a dit le monsieur après. Appuyés sur le mur d’en face, ils regardaient la fenêtre qui leur offrait ce récital improvisé et applaudissaient.
Juste avant de partir, ils sont montés sur la petite tour d’où on peut voir toute la région, jusqu’aux montagnes, très loin et puis il a quand même fallu se résoudre à rentrer. Ils ne savient pas encore de des amis passeraient les embrasser, à l’heure du bain, et qu’ils partageraient le dîner.

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29 août 2009

vert d'anniversaire

tracteur1tracteur2tracteur3tracteur4tracteur5tracteur6                               Le lit de poupée était tout juste sec et les parents pas vraiment très frais. Il était plus de deux heures quand cette nuit, ils ont eu terminé de tout préparer. Une couche de gris sur le petit lit, un pyjama assorti à celui du petit garçon pour la poupée, le dernier ourlet était fait.  Mais le tracteur restait à emballer et comme à son habitude, ce matin, le petit garçon était descendu le premier. Il portait déjà une montre à son poignet, cadeau d’une nounou très attentionnée. Il savait bien que cette fois-ci, on fêterait l’anniversaire au petit déjeuner pour qu’il ait bien le temps de jouer et d’en profiter après. Alors pendant que monsieur et madame L accordaient les dernières notes de la fête, les trois petits sont montés au premier, avec ordre de ne pas descendre avant qu’on les ait appelés. Mademoiselle Blanche venait de trouver un cadeau à offrir à son petit frère et comme lui, elle se pliait de bonne grâce aux règles du jeu. Monsieur Marcel n’avait pas envie de jouer, il ne se sentait pas concerné jusqu’à ce que sa grande sœur trouve une idée magique, lui prêter sa dînette et le laisser cuisiner.
Le gâteau était prêt depuis la veille, chocolat –noix de coco, et les bougies étaient déjà sorties. Il ne fallait rien oublier. A côté du tracteur, le lit avec les deux pyjamas, l’un plus grand et l’autre tout petit, le cadeau que maminou avait envoyé et celui que mademoiselle Blanche avait préparé. Quand ils sont arrivés tous les trois, monsieur Aimé a d’abord préféré ignorer les gros paquets pour se diriger droit vers le gâteau au chocolat. Puisque c’était sa journée, tout le monde l’a suivi. Contre le vent il a soufflé les bougies puis tout le monde a applaudi. Ce n’est qu’après avoir mangé qu’il s’est retourné. D’abord le lit, exactement le même, en plus petit que celui dans lequel il dormait. Et puis le petit carnet que mademoiselle Blanche avait choisi pour lui, ce serait parfait pour dessiner là où il voudrait. Monsieur Aimé, trop ému, se réfugiait dans la maison un petit moment avant de revenir triomphant. Dans le paquet de maminou et papinou, il y avait des jolis vêtements de grand et un disque de chansons que monsieur Aimé chante avec sa grand-mère à chaque fois qu’il la voit. Il restait le gros paquet. Un tracteur vert comme il en rêvait. « Et d’où il vient celui là ? » demandait mademoiselle Blanche qui ne détestait pas l’idée d’ajouter un peu de piquant à la fête de son frère. « Où vous l’avez acheté ? ». On lui répondait qu’on leur avait donné et que cette information devrait suffire à clore le propos. Pour l’instant, le père Noël de cet anniversaire resterait secret, c’était dit et ce ne serait pas répété. La demoiselle avait surtout besoin d’être sûre que dans deux semaines, ce serait aussi une journée comme celle d’aujourd’hui, rien que pour elle et fêtée dehors, au soleil. « Et dis moi, est ce que j’aurais le droit moi aussi à une chemise de nuit assortie à celle de mes poupées ? ». Monsieur Aimé n’en avait que faire, il partait aux moissons. Son petit frère assis dans la remorque, il invitait mademoiselle Blanche a les rejoindre pour un tour de jardin.
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28 août 2009

trois ans

Aim_Il met un tel acharnement à être grand qu’avec lui, il est impossible de souhaiter figer le temps. Le petit garçon a trois ans aujourd’hui. Mais petit garçon est une expression qui ne doit plus être employée pour le désigner, c’est lui qui l’a décidé. Il est devenu grand, que le fait soit établi. La propreté n’est plus un problème pour lui, même la nuit, son vocabulaire ne cesse de s’enrichir et il ne se lève plus la nuit, ou seulement quand un très gros orage se met à gronder. Le matin, c’est lui qui descend le premier, le doudou à la main, pour réclamer son petit-déjeuner. Depuis quelques semaines, il n’est plus question de biberon mais de bol bien rempli et pour les autres repas, il sait manier les assiettes qui cassent et les couverts de grand. Monsieur Aimé ne marche pas, il court, et ça, ça n’a pas beaucoup changé, comme la capacité de ce grand garçon à s’abandonner quand il a décidé que c’est d’un câlin dont il avait besoin. Alors son pouls ralentit et ses grands cils s’ouvrent sur des yeux doux, il sait se ressourcer au creux d’un cou et entraîner avec lui les bras qui l’entourent et l’esprit de celui qui veille sur lui.

Petit à petit, ses colères s’espacent pour ne plus surgir que de temps en temps, exceptionnellement. Maintenant, on comprend chacun de ses mots parce qu’ il sait tous les prononcer, même les plus compliqués. Talonné par un petit frère qui lui grignotait ses parts de gâteaux, il a mis du temps à se détacher de cette rivalité dans laquelle on l’avait plongé si tôt. Les coups partent encore quelquefois, comme les cris, de tous les côtés. Mais la rivalité s’estompe. C’est le goût du jeu qui l’emporte maintenant le plus souvent.

Il sait qu’il doit attendre l’année prochaine pour entrer à l’école mais il prépare son cartable quand même, un petit sac à dos qui le suit dans les histoires qu’il s’écrit. L’enthousiasme dont ce petit monsieur ne se départ jamais est si joli cadeau pour ceux qui partagent sa vie. « Oh super ! », suivi d’un « youhou » de victoire dès qu’on lui propose quelque chose à faire. Un gâteau, un château, une histoire à lire et la télé qu’il voudrait un peu trop regarder. « T’es méchant comme un loup » crie-t-il à celui ou celle qui le blesse ou qui n’est pas d’accord avec lui. Ses yeux s’emplissent de larmes et ses poings se serrent. Il part bouder et ne revient qu’au moment où il a décidé qu’un câlin suffirait à enterrer l’affaire. Un câlin comme il sait les faire. Et puis il est temps de repartir courir, découvrir le monde et les ânesses qui l’attendent de l’autre côté du petit muret. Dès qu’il les aperçoit, il part tout seul les caresser et rêve maintenant d’une promenade à cheval dans la forêt.

Depuis que sa très grande sœur est partie, il s’assure souvent que l’autre ne va pas le quitter, même pour aller chez la nounou. Dans quelques jours, il ira l’accompagner à l’école. Dernière rentrée comme spectateur pour monsieur Aimé.

Mais cette année, il n’a que trois ans. Seulement trois ans, c’est en tout cas ce qu’aimerait penser sa maman, avant de prendre sa main pour aller se promener jusqu’au moulin et de s’émerveiller avec lui sur tout ce qu’il reste à faire. Rire en pensant à tout ce qu’ils vont découvrir en chemin. Crier « Youhouououououo » en sautillant et faire la course, le torse bombé, la bouche ouverte pour boire le vent. 

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27 août 2009

jusqu'à l'été prochain

ballon1ballon2ballon3ballon4                                                                                                          C’est comme un équilibre précaire, un chemin non stabilisé qu’on prend sans en être sûre, une route pas vraiment sombre et qui semble même s’éclairer. Et pourtant, on a encore un peu peur des ombres.  Puis la terre devient moins friable sous les pas et on a envie d’avancer, sans courir encore mais à pas plus légers. L’année à venir commence à s’écrire, les semaines à s’écouler. Petit à petit, ses virgules s’écrivent sur le calendrier. Les cours de danse seront le mardi, il faudra s’organiser, le CP ne changera pas grande chose pour la demoiselle qui garde la même maîtresse et sait déjà presque lire. Cette année, la petite fille voudrait faire du théâtre le mercredi après-midi. On avait dit une seule activité, mais c’est dans le village d’à côté alors on va discuter.  Monsieur Aimé et monsieur Marcel iront chez leur nounou quatre jours par semaine et madame L partira travailler. Pour monsieur L, il n’y aura rien de régulier mais on s’est habitué à ses changements de rythme et on se surprend à presque les aimer. Cette année la vie va continuer. Mademoiselle Joséphine est partie mais elle doit revenir souvent. Ses retours sont autant de repères, un par saison, un par vacances scolaires. On ne se préparera jamais assez à la joie des retrouvailles et à la tristesse du départ. On les vivra comme ils viennent. Il y aura l’automne et ses promenades en forêt, la crainte des chasseurs et les retours auprès du poêle qu’on aura allumé. Il y aura Noël qu’on s’amusera à préparer. ET si on mettait plus de blanc cette année ? Il y aura les départs sur les routes verglassées et la fatigue des deux vrais mois d’hiver, puis les jours commenceront à rallonger.
Après les émotions du départ et celles des au revoirs, elle se met à espérer que rien ne rien ne viendra la surprendre pendant cette année. Comme si pour une fois, elle avait besoin de son métronome imaginaire pour l’accompagner. Elle a aimé les surprises, les envolées de projets et les fêtes rêvées des mois à l’avance avant d’être données. Cette fois, elle voudrait une année douce et sans remous. Ne pas être brusquée.  Pour l’instant, c’est ce qu’elle espère des mois à venir.
Ces jours-ci, elle voudrait juste réussir à coucher les petits à l’heure en leur ayant lu l’histoire qu’ils préfèrent. Elle veut réussir les matins sans se fâcher et les soirées de semaine sans s’énerver. Elle puis elle aimerait un peu de temps avec lui, sans les enfants. Cette vie serait peut-être ordinaire mais émaillée de ces plaisirs quotidiens. Voir le jour se lever en hiver. Monsieur Aimé aime toujours autant jouer au cuisinier, monsieur Marcel viendra les aider. IL y aura de la musique souvent, que Mademoiselle Blanche essaiera de reconnaître et qui fera danser les enfants. ET puis elle aimera quelquefois s’isoler pour écrire ou pour couper dans le tissu, en faire des petits vêtements qu’elle aura choisis avec eux, ce plaisir infini d’arriver à faire quelque chose de ses mains et de répondre à la question « c’est pour qui celui là ? ».  Chacun aura les siens. IL y aura ce projet de livre aussi qui doit avancer et puis des petits moments pour elle, un peu de crème ou d’huile parfumée. L’année commence, elle l’aimerait bienveillante, une suite de petits moments quotidiens, sans bruits assourdissant ni fanfare joyeuse et entêtante, juste une petite musique qui a besoin qu’on tende un peu l’oreille pour l’écouter. 

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26 août 2009

récoltes

fruits1fruits2fruits3fruits4fruits5fruits6                C’était le premier rendez-vous, juste après le petit déjeuner, tout le monde était prêt. La confiture de mûres était déjà en pots et à dix heures précises, la petite sonnerie a retenti. La demoiselle est apparue de l’autre côté de l’écran. Les enfants ont ri, mademoiselle Blanche a dit à sa grande sœur qu’elle lui manquait et ils se sont mis à parler de tout et de rien un peu comme si elle était ici. Déjà hier soir, ils étaient tous allés lire son premier billet, ravis de reconnaître quelques petits objets qu’ils avaient déjà vus ici. La grande fille aurait bien encore parlé. Chez elle, l’orage grondait. Mais ici, le coiffeur attendait monsieur Aimé et monsieur Marcel, il fallait raccrocher. Promis, ils enverraient une photo des garçons dès qu’ils reviendraient. C’était tellement bien de savoir tous ces petits liens branchés. Téléphone, blog, mail et caméra,c’est sûr maintenant, on pourrait avoir une idée de sa vie là-bas. La coupe des petits garçons rafraîchie, ils sont rentrés à la maison pour dévorer ce mercredi qui restait presque entier. Sur le fil, les hirondelles se préparaient déjà à s’en aller, les deux petits pommiers croulaient sous les fruits comme le prunier qu’ils avaient découvert au fond du potager.  Les lèvres encore tachées des mûres du goûter, ils sont sortis pour remplir leur petit panier. Des pommes, des prunes et puiqu’ils étaient au potager, les légumes prêts à être cueillis. Les enfants regardaient la grosse araignée, leur maman allait chercher l’escabeau pour attraper les fruits plus haut perchés. La récolte servirait au dîner. Pendant le le crumble et la tarte cuisaient, les enfants jouaient dans le jardin. Elle est sortie étendre la dernière lessive pour la faire sécher et elle a pris un peu de temps pour rentrer. De l’autre côté du fil, la haie lui offrait ses mûres. Petite récolte qu’elle n’avait pas envie de partager. Un petit moment rien que pour elle, les bras dans les ronces et les pieds en équilibre, pourvu que personne ne la surprenne. Elle est rentrée avec un petit bol plein. Toute petite récolte qu’elle congèlerait pour se faire du bien cet hiver.
Tout à l’heure, mademoiselle Blanche lui avait dit qu’elle aimerait être toujours en été « comme Joséphine tu sais ». Elle n’était pas sûre d’être de cet avis. Déjà, l’humidité montait de la terre du jardin. Bientôt, on se demanderait comment étaient les chaudes journées d’été. Alors, On ressortirait les fruits récoltés pour essayer de se le rappeler.

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25 août 2009

en rang serré

enrangCe matin, le visage de monsieur Aimé s’est mis à rayonner quand il a su que sa grande sœur les accompagnait chez la nounou. A l’arrière de la voiture, ils tenaient chacun le petite bouquet qu’ils avaient préparé hier avec maminou. Des petites roses du jardin, une  branche de chèvrefeuille, de la verveine et du thym. Mademoiselle Blanche avait choisi celui qu’elle offrirait et le tenait serré. Son papa venait de lui expliquer que ses petits frères auraient peut-être un peu de mal à retrouver le rythme de l’année et qu’ils aimeraient la sentir à leur côté. Elle lui avait dit de ne pas s’inquiéter. De toute façon à la maison la grande c’était elle maintenant, et elle le répétait. Elle était d’autant plus fière qu’elle réclamait depuis longtemps de les accompagner, trop contente de « faire des activités » avec la nounou qui a toujours une brassée d’idées et dix doigts de fée.
Il y a quelques jours, ils étaient encore quatre enfants à la table du dîner, la plus grande est partie et son couvert est rangé. Le trois petits se resserrent. Mademoiselle Blanche laisse pour l’instant s’envoler ses désirs de distance entre elle et ses petits frères, les câline et les aide à s’habiller. Elle s’aime en aînée de la fratrie et sait se refaire petite quand elle en a envie. Elle tourneboule avec eux sur le fauteuil et le canapé en oubliant que c’est interdit puis demande à venir dans leur chambre, le soir, quand il est l’heure de l’histoire. Hier soir, elle a même voulu prendre son bain avec eux,  piétinant pour une fois au moins ses récentes revendications d’intimité. Les petits rient aux éclats quand ils sont tous les trois, ils courent et jouent à chats. Hier soir, mademoiselle Blanche rêvait d’une petite sœur, puis elle négociait ferme la mise en route de la machine à pain contre celle des yaourts accordée à son frère. Le quotidien s’installe de nouveau ici, avec une place un peu différente pour chacun et les enfants s’en sortent bien mieux que tout ce qu’on aurait pu espérer. Les adultes de l’autre côté d’une barrière qu’ils érigent souvent sans qu’on leur ait demandé, ils s’inventent de plus en plus de jeux tous les trois, dans un univers qu’ils ont construit en secret. C’est la grande qui écrit le scénario le plus souvent alors que le plus petit court derrière. Mais monsieur Aimé ne se laisse pas tout conter, il a lui aussi, son grain de sel à ajouter, son rythme à imprimer. Le trio peut voler en éclat quand il se fait discuter, « c’est pas moi c’est lui" pas très solidaire, mais il se reforme aussi vite que les larmes s’arrêtent de couler, une fois la colère apaisée. Et puis ces jours ci, mademoiselle Blanche se plaît  à apaiser les conflits. Elle entretient avec soin cette place d’aînée qu’elle a si longtemps attendue«  Rien qu’à la maison, parce que dans la famille, c’est Joséphine qui est toujours la plus grande ici ».

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24 août 2009

fil d'été

vacancesC’est encore là, pas encore rangé dans les souvenirs. Les émotions fortes et les heures délicieuses, les chagrins et les promesses de jolis moments à venir, de retrouvailles et de récits merveilleux. C’était la vie et ça l’est encore, même si les obligations de l’année vont recommencer à s’empiler, il y a ce désir de ne rien lâcher, ce goût du dimanche qui déteint sur les jours travaillés. Ce matin elle est partie en leur disant à ce soir, en se disant qu’à l’heure où elle les retrouverait, elle leur proposerait d’aller au potager.
Il faudrait aussi faire la confiture de mûres, le pain et les yaourts pour demain, petits repères qu’ils avaient un peu lâchés quand les soirées s’étiraient, retourner se coucher tôt et préparer les affaires de chacun pour le matin d’après, mais ils y seraient un peu encore, la tête au soleil et les pieds dans l’herbe mouillée. Et puis demain, ce sera déjà la veille d’un mercredi qui aura encore un vrai goût d’été. Demain, ça fera déjà une semaine que la grande est partie, et pour la première fois, on essaiera de l’appeler et de la voir de l’autre côté de l’ordinateur. Elle racontera peut être comment elle est installée et déjà des petits bouts de sa vie. Après, on se promènera peut-être à pieds, petite balade pour cueillir un bouquet et voir si le ruisseau coule encore.
Ce matin, elle est partie travailler la tête pleine de ces petits plaisirs, de ces repères qui lui promettent l’année légère et de la douceur dans les moments à venir. En se concentrant bien, Elle arrive maintenant à sentir ce lien qui prend la route de la soie et passe au dessus d’une ou deux mers avant d’aller caresser la main d’une grande fille qui se réveille au moment même ou elle essaie de s’endormir. Elle se plaît à penser au pouvoir magique de ce fil d’or qui transmet les pensées et les petits mots doux.
Ce fil long et soyeux qui ne lui cache pas les trois autres petits liens tissés qu’elle voudrait à la fois si solides et légers. Celui qui l’unie à une petite fille pour laquelle elle devra oublier toutes ses propres angoisses de rentrée et ne plus penser qu’au rose du cartable pour l’entrée en CP, le premier qui l’a unie à un petit garçon, qui aujourd’hui, à la veille de ses trois ans, fait des pas de géant pour être grand et puis celui qui la tient près d’un tout petit garçon qui s’est mis à craindre les départs et les abandons. Un petit garçon qu’on dit robuste et qu’il faut tellement rassurer en ce moment.
Et puis il y a cet autre lien, qu’aucun sang ne vient assurer, celui dans lequel elle peut s’emmêler et qui lui est essentiel. Ce lien qui la lie à lui, le seul qu’elle peut dénouer, comme lui, celui  qu’elle a aimé si serré et qui l’a guidée ces temps derniers.
Ce soir quand elle est rentrée, elle a pu sentir la robustesse de tous ces fils invisibles, qu’ils traversent les mers ou l’appellent  de l’autre côté du canapé, elle a encore plus aimé les vacances qu’ils venaient de passer, un peu peletonnés, pour mieux se dérouler après. Ce soir, elle a voulu croire que chacun pourrait partir se promener, à l’autre bout du monde ou au fond du jardin, le panier plein de petits cailloux blancs et de ce précieux fil, qui se détend mais ne se rompt jamais et peut toujours revenir vers le cocon d’où il a été filé, s’il en ressent le besoin, ou l'envie.

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23 août 2009

un petit vélo

velo1velo2velo3velo4                                                                                                                      C’était une dernière journée qui n’en avait pas le goût. Demain paraissait si lointain qu’elle ne le craignait pas. Il y a des jours comme celui là où tout paraît possible, même de continuer à vive comme en vacances alors qu’on a recommencé à travailler.  Monsieur Aimé lui a demandé quand elle serait en vacances après « bientôt hein maman ? ». Et finalement, les vacances de la Toussaint ne sont pas si loin. Et puis aujourd’hui, c’était encore l’été. Parce qu’ils étaient invités à déjeuner dans un grand jardin de l’autre côté de la forêt et parce que maminou, papinou et le grand Barthélémy venaient passer la soirée à la maison. Ils rentraient de vacances et auraient sûrement beaucoup de choses à raconter. Les enfants attendaient leur arrivée, bien plus importante que la reprise du travail de leur maman demain.
C’était chouette de les voir arriver. Ils savaient qu’on avait été un peu triste ici et on pourrait leur parler. C’était la fin de l’après-midi et on a vite emmené maminou à un vide-grenier. Les exposants commençaient à remballer mais il y avait ces chemises brodées et bradées, des petits cadeaux que mademoiselle Blanche pouvait acheter avec son porte-monnaie. Un plateau pour sa grand-mère, un pichet pour sa mère et une coupelle en verre pour son papa. Les dames de l’église du village qui vendaient les petits objets l’ont un peu aidée. Ils rentraient quand madame L a vu ce petit vélo blanc qui l’appelait. « Cinq euros » a dit la dame de la paroisse qui était en train de remballer « et il a tout ce qu’il faut ». Mademoiselle Blanche regardait sa mère, la petite fille était un peu inquiète. C’est bien un vélo qu’elle avait commandé pour son anniversaire, mais ce n’est pas exactement comme ça qu’elle l’avait imaginé. Le grand Barthélémy a inspecté l'engin en assurant que rien d’important n’était cassé. Madame L a rassuré la petite fille en lui assurant que ce vieux truc, même si elle le trouvait très beau, ne serait sûrement  pas le cadeau de ses six ans,  mais un petit vélo résistant qui n’aurait pas peur des essais des enfants. Comme en plus on pouvait le plier, le vélo fut payé et aussitôt embarqué pour être de nouveau inspecté par les messieurs qui étaient restés à la maison. Achat plébiscité par un papa le plus fort du monde et un papinou spécialiste en vélo. Les chambres à air avait même était changées. Madame L le trouvait bien plus beau que tous les vélos qu’elle pourrait trouver dans les magasins mais elle ne dirait rien. La petite fille l’a vite enfourchée, fière d’y être presque. Et puis monsieur Aimé a foncé avec les pieds qui ne touchaient pas terre et monsieur L qui poussait derrière. La lumière commençait à baisser et on n’avait pas encore pensé à préparer le dîner. Alors à quoi bon penser à demain, il arriverait bien.

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22 août 2009

pédalos

P1P2P3P4P5P6                 C’est la fin des vacances et il faudrait faire rentrer dans les deux petites journées qui restent toutes les promesses qu’on s’étaient faites, tout ce qu’on ne pourra plus faire après. La maison est rangée, le robe de mademoiselle Blanche pour la rentrée est presque terminée et son cartable rose est commandé. Il reste à coudre la trousse mais la petite fille est d’accord, ce sera le plaisir du prochain mercredi. Parce qu’aujourd’hui, il y avait bien mieux à faire, c’était une promesse et il n’était pas question de passer à côté. Il ne restait plus beaucoup de temps pour aller louer un pédalo et rattraper la promenade ratée de l’autre jour. Pour ne pas les décevoir encore, monsieur et madame L étaient restés discrets sur leur destination. C’est au moment de déjeuner qu’ils ont dévoilé leur secret. Parce qu’en plus, avant de partir se promener sur l’eau, il y aurait des frites et de la glace sur la terrasse pour manger ce midi. « On va retrouver Joséphine alors ! » criait monsieur Aimé.Il était content, ses yeux brillaient.  C’est au bord de ce lac qu’ils étaient venus passer avec elle leur avant-dernière journée. Alors madame L a dû lui expliquer que non, lui dire encore qu’elle était partie et que justement, elle était avec son papa dans l’avion, pour habiter avec lui.
Au bord de cette étendue d’eau, ils se mettaient à rêver de destinations lointaines et de grands lacs étrangers. Mais ils avaient aimé passer leur vacances ici et mademoiselle Blanche dressait la longue liste de tout ce qui avait occupé ses journées. « Ben dis donc, on ne s’est vraiment pas ennuyés ! ».
Au milieu de l’eau, monsieur Marcel s’était endormi dans les bras de sa maman et monsieur Aimé, comme sa grande sœur, s’était allongé sur le devant du pédalo.  « Encore un peu plus loin papa ! ». Ils apercevaient une plage inconnue de l’autre côté de l’eau. La perspective d’aller s’y planter les pieds les a aider à sortir du bateau. Au bout du chemin qui longeait le lac à travers la forêt, il y avait bien cette petite plage où la baignade était surveillée. On n’avait pad prévu les maillots de bain mais les deux petits garçons pourraient se baigner nus et mademoiselle Blanche avait mis une jolie petite culotte bleue. Cette baignade au parfum de fin de vacances leur plaisait bien plus que si elle avait été préparée. Monsieur Marcel se jetait dans  l’eau pendant que son grand frère et sa grande sœur flirtaient avec le danger. Pas après pas, ils voulaient aller voir jusqu’où ils avaient pieds. C’est l’idée d’aller choisir un livre qui à la librairie les a aidé à sortir du bain. Chien bleu, l’histoire de cette petite fille sauvée par un ami que  ses parents avaient rejetés. De ces histoires qu’on emprunte plusieurs fois à la bibliothèque avant de s’apercevoir qu’on ne veut plus les quitter. Il avait longtemps était le livre préféré de madame L quand elle voualit être libraire. Mademoiselle Joséphine l'avait aimé aussi. les enfants avient envie de s'y replonger.  Vite, il fallait rentrer, pour le lire avant de se coucher.

Posté par marionl à 23:26 - jour après jour - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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