13 juillet 2009
près du pommier
Depuis qu’elle a serré son premier bout de chiffon en décidant de l’aimer, avant même sa première poupée, elle a porté son envie de maternité. Elle en a découvert le plein, la joie et cette douleur qu’elle pensait ne jamais ressentir, longtemps agacée par ces mères qui pleuraient le départ d’un enfant devenu grand. Ces temps derniers, elle ne s’est consacrée qu’à cette maternité parfois dévorante, tellement riche et nourrissante. Et ces prochaines semaines elle voudrait l’être encore, pour ne rien manquer. Pas un moment du temps qui les sépare de cet instant où la plus grande quittera la maison. Elle veut en vivre toutes les émotions, accompagner la grande et les petits jusqu’à la séparation et se laisser déborder aussi, rencontrer ces émotions encore inconnues. Celle de la tristesse et de la fierté mêlée. Celle de la mère du marin quand elle reste à quai.
Elle veut vivre ces états là, n’en rater aucun, les laisser l’envahir pour qu’une fois le vrai moment du départ venu, elle soit toute à la joie de laisser s’envoler celle qu’elle a nourrie.
Et de la maternité elle en veut encore, c’est comme une petite musique de fond qui se met à jouer toute seule même quand elle ne l’a pas décidé. Il l’entend, même quand elle voudrait qu’il l’oublie. C’est là, à fleur de toutes ses pensées, à la lisière de tous ses mots. Elle a beau le vouloir très fort, la sourdine ne fait pas son effet.
Il y a lui. Elle aurait voulu l’embarquer avec elle dans ses émotions et ses envies, dans cette vie qu’elle veut toujours pareille à un dimanche, même quand le ciel est gris, même quand il est fatigué. IL y a lui qui voudrait se poser alors qu’elle ne parle que d’avancer. Il y a lui qui ne peut pas ressentir les mêmes émotions. Il y a lui qui est à côté d’elle, juste à côté, qui sait les émotions qu’elle vit même s’il ne peut les partager.
IL y a lui qui l’a invitée au restaurant, qui lui dit qu’il y a eux, et qui l’autre soir, l’a emmenée se promener. Besoin de parler, besoin d’entendre dire, c’est elle qui a eu les mots les plus durs, presque menaçants. Et lui a marché, marché, en tournant autour d’elle. Aucun d’eux n’avançait vraiment. Alors il s’est assis sur le bitume encore chaud du petit chemin qui monte vers la maison, il lui a dit qu’il aimait ce moment, que la dureté des mots n’arrivait pas à complètement gâcher le plaisir d’être là, rien qu’avec elle. C’est là en l’écoutant lui dire ces mots, puis en regardant le petit pommier sauvage alors qu’elle cherchait les siens qu’elle a senti renaître un plaisir endormi. Celui d’être avec lui, rien qu’avec lui. Elle lui a dit qu’il n’avait jamais été question de partir, qu’il n’en serait jamais question. Ils sont rentrés à la maison. Elle le sentait rassuré, elle ne lui a rien demandé. Elle n’a jamais aimé les promesses et pourtant, elle aimait celle qu’elle venait de faire. Elle aimait l’idée que leur histoire résisterait à tout, qu’elle serait toujours plus forte qu’un moment de tristesse pour elle, que ses consternations à lui. C’est lui qui lui avait fait découvrir cet amour là, plus fort que son histoire à elle, plus fort que son histoire à lui. Plus fort aussi que ces petits qui partiraient un jour vivre leur vie.
Commentaires
bravo pour ces mots!
...délicieux cette nuit. De jolis mots. Petons!
et puis tu sais la pomme ne tombe jamais loin du pommier....ils partiront... mais il reviendront surtout s'ils savent que vous êtes tous les deux heureux à les attendre sous le pommier!
Le chemin du coeur
Oh Marion que vous en faites du chemin dans votre coeur. Comme j'admire votre volonté à calmer les chevaux fous de vos désirs s'emballant. Même si ça semble impossible en ce moment, sans vous trahir un peu...
Celui qui a le secret des dimanches dans sa main, l'ouvrira pour vous à n'en pas douter. Il attend seulement que la poussière du temps fasse son oeuvre sur les vignes de votre vie.
De bien jolis mots pour exprimer tes envies, les siennes, les vôtres...ici non plus ce n'est pas toujours facile d'être au diapason des envies de l'autre...et pourtant on avance ensemble...
Certaines certitudes sont terrifiantes... celle décrite à la fin est la seule qui permette d'être au monde et de résister aux événements. C'est la seule qui vaille la peine, les autres ne sont que présomption et orgueil. Tu l'as si bien saisi.
qu'il est doux d'accompagner son prochain ms qu'il est difficile et ardu de vivre avec qd parfois les idées ou les envies ne font pas cause commune
vos mots st les miens
merci et bon 14 juillet
un des plus joli billet à mon goût... celui d'une histoire d'amour sincère et forte qui a envie d'être et d'exister pour toujours... je vous souhaite que les sensations que tu as éprouvé alors restent en l'état pour très longtemps... qu'ils soient toujours plus fort pour refaire surface lorsque vous serez au creux de la vague !
sincèrement !
De biens jolis mots.
Des mots pour apaiser des maux ...
Bonne journée
Angelea
Encore une fois Simplement te dire que ton billet me touche, et m'emeut. Je ne me lasse pas de lire ta belle histoire.
Disputez vous, aimez vous, mais ne restez pas indifférents. L'amour n'est pas seulement un sentiment. Il est aussi un art(H.D.B.)
Dans ton billet d'anniversaire tu semblais regretter le fait que vous soyez moins " vivants" qu'il y a 3 ans.... et certes, des enfants, c'est superbe mais ça fatigue.... c'est bon de sentir une petit être contre son corps mais c'est si bon aussi d'être avec Lui.... que parfois, il faut vivre le présent, juste le présent, et ne pas vouloir toujours avancer, avancer pour ne pas vivre l'actualité. et l'actualité, c'est vous 2 et vos enfants.... je suis étonnée de lire qu'il aura fallu cette soirée pour que tu te fasses cette promesse.... tu décris votre bonheur tous les jours et donc tu n'étais pourtant pas certaine de vouloir le préserver à vie ? préserver vous deux... parfois il suffit de se dire que l'autre peux partir en 15 secondes pour de bon parce que la vie l'a quitté pour savoir que Oui, vous resterez toujours ensemble.... mais il faut le ressentir peut être pour l'éprouver, le vivre aussi... peu importe le nombre d'enfants, l'essentiel est déjà de préserver ceux nés d'une séparation, c'est ce que je me dis quand je pense à cette petite fille dont j'aurai certainement envie dans 2 ou 3 ans au milieu de tous mes hommes.... mais le garder lui, veut bien une petite fille, il n'a pas de prix. et la vie est déjà si belle...
et le petit pommier porte déjà des fruits, pas encore murs, mais déjà là...
Moi, je parie qu'un serpent se cachait pas très loin !
j'aime tes billets d'amour marion, si fort je les aime
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