03 juillet 2009
taxi

La chaleur avait encore été écrasante et les enfants étaient énervés. Mais ce soir leur papa rentrait. Ils pourraient laisser les enfants courir un peu, elle écouterait ce qu’il avait à lui raconter. Les ombres s’étiraient déjà dans le jardin, il serait bientôt là. En l’attendant, elle frait couler un bain pour les enfants. Peut-être qu’ils se calmeraient. Quand le téléphone a sonné, elle s’est douté que ses plans allaient être malmenés. La fête était finie, mademoiselle Joséphine avait besoin qu’on vienne la chercher. La maudire, remonter les petits en voiture, ne pas les entendre pleurer, mettre la musique et ne pas écouter leurs suppliques. Coldplay, trop fort, les fenêtres ouvertes pour sentir le parfum des champs qu’elle traversait. Un peu vite. Elle ne les entendait plus, tout juste un petit garçon qui frappait des mains en rythme. Un peu plus fort encore. Après les champs la forêt. L’hiver ici, elle avait peur des plaques de verglas. Ce soir, elle aurait aligné des kilomètres pour sentir encore le frais remonter de la terre, l'humidité qui annonçait l'orage. Les arbres se tenaient très serrés, encore verts. Et puis la grande route, quelques kilomètres au milieu des vacanciers. Quelques kilomètres pour s’amuser à penser qu’ils partaient aussi. Mais ce n’est pas partir qu’elle voulait, c’est rentrer. Souffler. Se poser. Et chanter la fenêtre grande ouverte, prce que c'était l'été. La petite maison ressemblait à celle qu’on lui avait indiquée. Elle a sonné pour voir la porte s’ouvrir sur deux jeunes filles aux yeux rougis. Pas possible de discuter sur la pas de la porte, trois petits l'attendaient de l'autre côté de la route, Mademoiselle Joséphine a salué son amie, elle avait déjà beaucoup pleuré. « Tu te rends compte que je ne les reverrai jamais ! ». A l’absolu de ses quinze ans, elle n’a pu répondre qu’en l’embrassant. Lui dire qu’il y aurait des retours et des vacances ne servait à rien. Elle l’a quand même murmuré. Mademoiselle Blanche s’était endormie et les garçons criaient leur joie d’avoir retrouvé leur grande sœur, un peu troublés de l’avoir retrouvée si fragile. Personne ne râlerait pour le retard, le coup de fil trop tard. Madame L elle a monté la musique, la jeune fille l’aimait aussi, et ouvert les fenêtres. Au bout de la route, il y avait le jardin et ses ombres encore plus étirées. Et puis monsieur L. Il devait être rentré, et peut-être même qu'il les attendait.
Commentaires
Comme je te comprends, il doit faire bon se poser le soir dans votre jardin...
Une grosse bise à Joséphine.
Taxi , une corde à l'arc de la mère de famille que je connais bien....et "l'absolu" des quinze ans aussi...les adieux ici sont légions , île oblige, et les larmes des ados coulent ...mais se tarissent vite grâce à internet et sa magie!
Bon WE dans ton havre Marion!
Aujourd'hui à Barcelone aussi beaucoup de chaleur a fait : 32,5 º (plus humidité!) tant de chaleur est horrible pour les enfants et ... pour la maman des enfants!! Petons!!
Premières larmes d'une longue série... prendre son envol est génial.... mais dur aussi... je me souviens parfaitement de ce sentiment le jour ou j'ai quitté famille et amis pour partir à 600 kilomètres.... J'avais 20 ans.
Ces larmes là sont bien légitimes mais pas facile à "consoler" ...
Quand je vois ma nièce Capucine qui est venu de très loin pour ces études, j'imagine très bien tout ce que vous devez ressentir toutes les deux.
Je vous embrasse Marion et Joséphine.
Bonne journée
Angelea
Taxi...le revers de la médaille quand on habite à la campagne!Mais ces moments de conduite deviennent souvent autre chose,bien plus que cela peut paraître de l'extérieur...Et parfois on se parle au travers d'une chanson fredonnée ensemble...
premier adieu, premiers chagrins,mais quelle chance elle va avoir de partir au bout du monde , de découvrir autre chose et de le raconter via email à ses copines... courage Joséphine...
bises
pascaline
Et bien Joséphine tu as l intention de faire toute ta longue vie loin d ici ????:)) biz a Joséphine
Des gros bisous Joséphine, tu pourras toujours lui écrire, et puis comme dit Marion tu reviendras pour les vacances... Mais je comprend très bien ton chagrin..Je t'embrasse encore.
Mademoiselle Blanche à l'air toute pensive sur cette jolie photo..A quoi peut elle penser??
Monsieur Marcel me fait craquer.. Des bisous à vous tous.
Si le bitume pouvait dire toutes les histoires qui se déroulent sur leur dos, il est fort à parier qu'on serait des milliers à coller nos oreilles sur les graviers pour entendre les murmures des vies dénouées...
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