01 juillet 2009
le mercredi des petits





Monsieur L est parti à Paris ce matin. Mademoiselle Joséphine ne reviendrait que demain, partie fêter la fin du brevet avec des amis.
Pour la première fois depuis des mois, madame L se retrouvait seule un long moment avec les trois petits. Plutôt réjouie par la perspective de ce mercredi, elle s’y glissait doucement alors qu’ils étaient encore endormis. Le patron de la petite robe était simplissime, mademiselle Blanche pourrait la porter aujourd’hui. Les grosses fleurs de la vieille housse d’édredon courraient sur l’herbe alors qu’il n’était pas encore dix heures et demi. Monsieur Aimé et monsieur Marcel se sont vite habillés, elle leur avait promis qu’elle viendrait avec eux dans le jardin. Ils avaient chacun choisi le nounours qui les accompagnerait sur le plaid en coton blanc. On lirait les livres dont ils avaient envie. Monsieur Aimé se frottait les yeux, la chaleur étouffante les écrasait déjà. Le téléphone a sonné, à l’épreuve de maths mademoiselle Joséphine avait fait ce qu’elle pouvait, maintenant c’est la fête qui l’attendait.
Monsieur Marcel avait suivi sa maman jusqu’au combiné. Aujourd’hui, il ne voulait pas la quitter. Elle était avec eux, rien qu’avec eux. Elle avait oublié ces moments de solitude un peu particulier, ceux qui surgissent quelquefois lorsqu’on est entouré de petits. Aujourd’hui, elle les a aimés. Très fière de son repas de roi, coquillettes au gruyère et pamplemousse au dessert, décrété « vraiment excellent », elle a repensé à tous ceux qu’elle avait partagés avec sa petite fille dans son appartement lillois. C’était il y a dix ans.
-Monsieur Marcel s’est vite endormi, et vite réveillé, on entendait l’orage gronder depuis deux bonnes heures mais il était encore loin. Pas une goutte de pluie.
Ils jouaient tous les trois avec leurs morceaux de bois, elle avait investi le hamac pendant ce temps là. Un petit cadeau à broder. Des aiguilles, des fils à ne pas mélanger, il était strictement interdit de monter avec elle. Ils ont essayé tous les trois mais elle tenait à son petit carré brodé. Elle entendait leurs bruits, elle les écoutait. Ils venaient de temps en temps voir où en était sa broderie. On réfléchissait aux cadeaux d’anniversaires. Celui de monsieur Aimé serait le premier fêté. Il voulait un tracteur vert et un lit pour son bébé. Mademoiselle Blanche trouvait que le père Noël ressemblait vraiment à un super-héros. Noêl, c’était une drôle d’idée. Après tout, on chante "petit papa Noël toute l'année ici". Les enfants étaient trempés, ruisselant de sueur et de l’eau dont ils s’étaient aspergés. Le téléphone a encore sonné. C’était monsieur L qui lui racontait sa journée parisienne. Il lui racontait ce petit salon de thé devant lequel il était passé, l’un de leurs préférés. Elle l’enviait un peu. A son tour de lui raconter, elle s’est sentie décalée. Pas envie de lui énumérer les petites choses minuscules qui avaient tricoté sa journée. A l’autre bout du fil, elle entendait son pas pressé. Elle n’avait besoin de rien. Ou si, plutôt envie de traîner dans Paris mais pas aujourd’hui, Aujourd’hui, elle était très bien ici. Les plasirs minuscules, les petits récits de tout ce qui avait fait la vie ici, elle lui raconterait demain, une fois qu’il se serait posé.
Commentaires
Une journée qui a dû vous être douce à tous les 4...
Je trouve que Monsieur Marcel change beaucoup ces temps-ci, plus du tout un bébé, son visage ressemble de plus en plus à celui d'un grand-petit garçon. Monté sur le petit cheval, on dirait même qu'il n'a plus de couche !
Le jardin et les enfants sont bien plus reposants que les rues bruyantes de Paris en ce moment. Très inconfortable avec la chaleur étouffante à faire fondre l'asphalte. Et dire que demain, je dois, à mon tour, quitter ma verdure pour affronter la moiteur du bitume de la capitale. Qui aurait dit, il y a quelques années, que j'aimerais ma banlieue verte...Très belle robe pour Melle Blanche. Félicitations à la couturière !
Les cadeaux pour Aimé, ça me fait sourire...te rappelles-tu de notre tracteur vert?
Bon alors, tous les jours mercredi finalement ? ;)
oooh, il me semble reconnaître le tissu de la petite robe, je me trompe ?
La photo n° 3, c' était avant les coquillettes ?
Ce que tu offres à tes petits comme plaisirs minuscules n'a pas de prix!
Hum, ces bonnes brochettes au bois !
Marcel, Pad aussi roule sur un vieux cheval de bois restauré par son papa...rouge foncé et jaune comme le tiens.
Une belle journée tranquille...un avant-goût de grandes vacances...
Mes journées sont faites de mille petites choses à raconter, qui deviennent insignifiantes le soir venu, quand il rentre de sa journée de travail... Seule avec les trois... ici, c'est tous les jours!
J'aime beaucoup la photo de Marcel sur sa vache (?)!
HUm, je reconnais bien ces moments là avec ses petits. Les secondes de solitude aussi, celles là il ne faut surtout apprendre à les apprivoiser pour ne pas voir l'humeur changer...
c'est tellement agréable parfois de se rendre compte combien des moments qui peuvent être si banals peuvent devenir si précieux lorsqu'on s'y attarde... profitez pleinement de ces petits bouts qui grandissent tous les jours !
Un vrai mercredi! ici aussi il a fait très chaud, les enfants se sont réfugiés sous les arbres de leur mamy et les pistolets à eau étaient aussi de sortie...
oh quel bain de jouvence je viens de prendre
doux bisous Marion...
ce que c'est chouete l'été...je t'embrasse....
Un mercredi d'été dans un jardin aussi joli, entourait de trois beaux enfants , allongeait dans ton hamac avec le chant des petits oiseaux. Elle est pas belle la vie? doux moments que tu nous offres là. Des bisous...tout plein...
... et je suis sure qu'il était ravie, monsieur L, de se poser pour retrouver avec toi tout ces petits plaisirs que tu sais si bien partager !
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