28 novembre 2008

fievreux

fievre1fievre3fievre2fievre4fievre7fievre6                                                                                                                                                                                                          Un bébé fiévreux, un grand frère et une grande sœur très enrhumés, et en attendant le rendez-vous pris chez le médecin pour la fin d’après-midi, une maman qui a du prendre sa journée pour s’occuper des enfants. Un coup de fil au travail,  un autre à la nounou,  un dernier à la maîtresse et une culpabilité bien vite avalée par le plaisir d’être ici avec eux.
Dehors, les champs étaient encore gelés et ils le resteraient toute la journée. Personne n’avait envie de sortir, même pour aller jusqu’à la boîte aux lettres que la factrice avait pourtant remplie. Ici, le poêle fumait un peu mais c’était bien mieux que d’avoir froid, les enfants étaient contents eux aussi d’être restés à l’abri. Mademoiselle Blanche a attendu que sa grande sœur se réveille avant d’apprendre qu’elle était partie au collège depuis longtemps. Même madame L n’arrivait plus bien à se situer dans la semaine. 
Avant l’après-midi qui serait un peu plus agitée, la matinée s’est laissée avancer au ralenti, dans cette douceur que permettent les petites maladies infantiles. Celles qui n’inquiètent pas vraiment mais qui permettent qu’on s’inquiète un peu pour eux, celles qui prolongent les câlins, celles qui hésitent entre un peu trop chaud et un peu trop froid et qui donnent le droit de traîner longtemps en pyjama.
En les regardant jouer à la dînette sur le tapis, elle retrouvait les plaisirs qui lui font envie quand elle est loin, derrière son bureau. Se refaire chauffer un café. Qu’il soit bon ou pas n’a aucune importance à cette heure là, ce qu’elle aime, c’est l’idée du temps qu’elle peut s’offrir pour le faire réchauffer, puis le boire avec une tartine de beurre salé. Du miel aussi, toute la matinée. Elle a pensé à tout ce temps qu’elle a passé à lire des magazines, « après, je m’y mets ». C'était avant. elle en achète encore quand elle rentre dans une gare ou qu’elle passe trop près d’un marchand de journaux. Il y a encore ceux qu’elle ne rate jamais. Elle ne peut pas se défaire comme ça d'une habitude comme celle là. Ces pages de papier glacé qu’elle a tant aimées et qu’elle feuillette encore quelquefois sans vraiment les regarder. Ce matin, elle n’avait pas besoin de cette petite bouffée d’ailleurs, pas besoin d’autres sources d’inspiration.
Depuis mademoiselle Joséphine, elle a appris à ne surtout pas essayer de s’avancer pendant ces heures de repos obligé. Les enfants fatigués n’aiment ni la vaisselle ni le repassage. Sauf peut être mademoiselle Blanche qui adore se laisser bercer par le bruit de la vapeur, ce qui veut dire alors que sa maman est coincée là, juste à côté d’elle, jusqu’à ce qu’elle soit arrivée au bout du tas qu’elle s’est fixé. Mais monsieur Aimé et monsieur Marcel étaient là et le jeu se serait avéré trop dangereux. Alors ils sont restés en bas, en écoutant une fois encore les oratorio de Noël. Elle les a pris dans ses bras, elle a sentie la chaleur de leur front l'emplir.
Elle a goûté à de cette chance qui lui avait été offerte aujourd’hui. S’arrêter un peu. Elle repensait a une autre chance aussi. Deux propositions de rédiger des textes de livres pour enfants. Cette chance là, celle qu’elle attend depuis des années, il ne faut pas qu’elle la laisse passer. Elle n’a pas le droit de laisser ses idées s’endormir au coin d’un poële, sur un tapis moelleux. Quand les petits malades seront gueris, il va falloir se confronter au rêve pour qu'il devienne réalité.

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Posté par marionl à 22:45 - - Permalien [#]