dijon1dijon2dijon3dijon4 dijon5dijon6              Hier soir ce n'était encore qu’une idée, une nécesssité ; Ce matin, le réveil à sonné à cinq heures et demi et madame L est descendue rejoindre mademoiselle Joséphine au rez-de-chaussée. Elles devaient partir très tôt pour que la jeune fille puisse retrouver le car qui l’emmènerait en Allemagne.  Deux heures de route les attendaient. Monsieur L devait garder les petits ici.
Madame L est montée jusqu’à la cabane puis elle a frappé. La petite fille n’a pas répondu mais il lui a suffit d’entendre sa maman lui proposer ce voyage en ville pour qu’elle se lève d’un bond et s’habille.
Avant de partir , elle ont jeté un œil vers le ciel et toutes ces étoiles. Elles sont parties toutes les trois sur une route où pendant longtemps, elles n’ont croisé personne. « J’adore quand on roule la nuit » a murmuré mademoiselle Blanche avant de coucher sa poupée dans le siège bébé et de se rendormir.
Quand le jour s’est levé sur les vignes, la petite fille dormait encore. Elle s’est réveillée à quelques kilomètres de la grande ville.
Elles ont embrassée mademoiselle Joséphine « on ne pleure nous maman hein ? »  puis elles sont retournées en ville. « et même si Joséphine n’est pas là, on peut dire que c’est une petite balade entre filles ? ». D’abord un chocolat avec du sucre et de la mousse à manger à la cuillère, un magasin de jouets qu’elles avaient repéré la dernière fois et puis pour attendre le manège qui ne voulait pas se mettre à tourner, quelques magasins, juste pour traîner.
Sans poussette, sans bébé à porter, leur pas était léger. Madame L a proposé à mademoiselle Blanche de la prendre dans ses bras. Elle avait envie de sentir ses deux petites mains s’accrocher à son dos et sa tête se poser sur son épaule. « c’est bien de t’entendre respirer », la petite fille se laissait bercée par le bruit des pas sur les pavés. Madame la  devinait en train de chercher leur reflet dans les vitrines, elle a tourné la tête aussi vers les glaces qui leur renvoyaient le bonheur de l’instant . Leur plaisir se voyait et les gens qu’elles croisaient leur souriaient.
Ce matin, elles avaient une course importante à faire, une course dont elles ne peuvent pas vraiment parler parce que c’est un secret. Toutes les deux, elles ont cherché, puis elles ont trouvé.
« C’est vraiment une belle journée » répétait mademoiselle Blanche qui ne s’est pas plainte une seule fois d’être fatiguée. C’était tellement doux de tenir la main de cette petite fille, que pour madame L, la recherche du trésor devenait secondaire. Elle auraient pu marcher longtemps sur les jolis trottoirs sans but précis, au rythme du pas sautillant de ses cinq ans.
Mais l’heure tournait et la foule commençait à arriver. Il ne restait plus qu’un morceau de pain d’épices à ramener pour les garçons, une surprise qu’elles leur ferait, avec les deux petits animaux qu’elles avaient choisi pour eux. Du pain comme aime monsieur L et une sucette pour mademoiselle Blanche, dernier petit plaisir avant de rentrer.
Au retour, mademoiselle a regretté de pas avoir ramené de sucette pour ses petits frères. Madame L l’a rassurée en lui disant que cette fois ci, c’est à elle et seulement à elle qu’elle avait eu envie de faire ce petit cadeau sucré.