anniv1anniv2anniv3anniv4 anniv5anniv8anniv6anniv7                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            Pour  le goûter, ce serait une bonne idée. Monsieur Marcel et monsieur Aimé seraient réveillés, et puis  il ferait encore beau. On aurait le temps de faire le gâteau, et de dresser la table. on mettrait même des assiettes de grands pour les enfants.
Mais pour tout ça, il fallait encore terminer le cadeau, celui dont monsieur et madame L avaient eu l’idée. Le livre des deux ans, un petit livre en tissu que monsieur Aimé pourrait feuilleter pour y retrouver le portrait de chacun d’entre eux, avec les noms brodés. Monsieur L avait choisi les images et s’était occupé du transfert. Madame L y avait déjà travaillé hier soir jusqu’à très tard. Les prénoms étaient finis, les pages découpées, il ne restait plus qu’à les assembler. A seize heures, ils se sont dit qu’ils étaient dans les temps, le petit livre des deux ans commençait à ressembler à ce qu’ils avaient imaginé. Une heure plus tard, ils y étaient encore, trop d’épaisseur pour y arriver. Il était plus de six heures et les garçons avaient fni par se réveiller. Mademoiselle Joséphine les avait emmenés au premier pour laisser les parents. L’heure avançait. « maman, et le gâteau, je pourrai quand même t’aider ? ». Mademoiselle Blanche commençait à s’inquiéter.
On dirait que ce serait un goûter dînatoire, c’était parfait pour un dimanche soir. Il fallait s’y résoudre. Le livre ne serait pas terminé pour ce soir. Pourtant  Ils auraient bien voulu y arriver, lui apporter dans un petit paquet enrubanné, tout à fait terminé. Ils avaient essayé, mais la soirée avançait et rien n’était prêt.
Madame L a fait coulé un bain, comme tous les autres soirs. Finalement, le goûter dînatoire se transformerait en dîner sucré. Les enfants adoraient cette idée. Monsieur Aimé commençait  se rendre compte de ce qui l’attendait « deux ans ! deux ans, deux ans ! ».
Le gateau était prêt, mademoiselle Blanche avait léché la casserole et le grand saladier.
Il faisait nuit dehors et l’orage commençait à gronder. Le pain perdu et le chocolat n’en seraient que meilleurs.
Les deux garçons assis,  Monsieur Aimé se plaisait dans son rôle de roi de la soirée.  Les bougies sont arrivées, trois fois éteintes et rallumées. Ce moment là aurait suffi au petit garçon. Ses yeux brillaient, et il aimait ce gâteau qu’il savait fait pour lui.
Mademoiselle Blanche, savait qu’il manquait encore quelque chose à cet anniversaire. Elle était prête à courir les chercher.
D’abord le livre. Pas emballé puisqu’il n’était pas encore terminé, et puis la petite dînette qu’on avait choisie à Paris. Monsieur Aimé aimait toujours autant regarder ses parents cuisiner. Maintenet, il pourrait s’y mettre aussi.  « Et regarde, il y a en a encore un ! ». Un petit colis arrivé par la poste quelques jours avant. Le bel éléphant, son mot doux et un petit bracelet « mais comment elle savait qu’il les aimait tant les éléphants? ». et puis un encore. Celui que maminou avait envoyé. Un pull caché au milieu des bonbons. Un pull de grand garçon, tout doux, avec un col relevé. Bon, allez, un dernier. Madame L avait craqué. Quand elle l’avait vue elle ne savait pas qu’elle existait encore. Une petite télé dont la petite musique et les images tournent sans jamais s’arrêter. La même, trait pour trait, que celle qu’elle avait regardé pendant des heures, sans jamais se lasser de voir les même images revenir, la même musique repartir. Même mademoiselle Joséphine se laissait bercer volontiers. Alors, ce soir, pour la première et la dernière fois de l’année, le dîner s’est terminé avec la télé allumée, les yeux des enfants rivés sur le petit écran.

anniv9