tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

03 juillet 2008

dans le noir

noir1noir2noir3noir4                                                                                                      D’abord il y a eu le vent. Ici, elle n’en avait jamais vu de si violent. Et puis l’eau à flots. D’abord ils ont aimé cela, un peu inquiets de voir les arbres se pencher si bas mais Ils ont décidé de profiter de ce moment de fraîcheur qu’ils attendaient. Dîner la porte ouverte en regardant la pluie tomber. Cette pluie d’été qui fait du bien. Il y a eu la coupure d’électricté. Il faisait encore jour et ici, les pannes ne durent jamais  longtemps. Monsieur et madame L ont dîné à la lueur du photophore avec leurs enfants. Dehors la nuit tombait et il faisait plus frais. Ils ont d’abord couché les petits, pas inquiets. Mademoiselle Blanche avait besoin d’être rassurée, grapillant quelques minutes supplémentaires en bas avec les parents. Il a fait noir sans que l’on s’en aperçoive vraiment. Dans le reste de la vallée, rien n’était éclairé. Madame L se laissait aller à la douceur de ces moments de mise à l’écart forcé, si bons  quand il ne durent qu’un petit moment.
Le téléphone de monsieur L a sonné. Mademoiselle Joséphine appelait de Bordeaux « mais vous n’êtes pas au courant ?! ». 
Un autre soir, madame L aurait glissé de la radio aux images en boucle de la télé. Elle aurait eu les larmes aux yeux. Naïvement, elle aurait cru à cet instant de fraternité. Quand des milliers d’individus si différents pensent pendant un très court instant, le même chose au même moment. Elle aurait partagé avec ces milliers d’ inconnus ce bonheur de voir leur héroïne si familière enfin libérée.
Et là, étrangement, même si elle a couru annoncer la nouvelle à monsieur L, l’isolement dans lequel ils étaient plongés depuis quatre heures maintenant agissait déjà comme un écran. Quelques heures et elle se sentait déjà loin de tout ça. Elle aurait voulu pourtant, mais la lumière ne s’allumait pas.
Elle est allée se coucher mademoiselle Blanche à ses côtés. La petite fille avait très peur de l’orage qui s’était mis à gronder.
Il était deux heurs vingt exactement quand le tonnerre a fait trembler les fenêtres et que l’électricité est revenue, simultanément. C’était le milieu de la nuit et toutes les lumières de la maison se sont rallumées. Les bruits familiers aussi sont réapparus si violemment. Alors elle est descendue lire les actualités et puis passer son petit billet. Elle avait tellement aimé ce moment du bain avec les enfants. Pas envie qu’il soit perdu.
Le sommeil l’a vite rattrapée. Le lit encore chaud l’attendait. En écoutant s’éloigner le tonnerre,  elle pensait à tous ceux que la vie a séparé pendant longtemps de leurs enfants. Elle en avait croisé. Le temps ne se rattrape jamais. Une petite main s’est glissée dans ses cheveux pour les caresser.

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Posté par marionl à 22:39 - jour après jour - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

bain aux herbes

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Ce matin, C’était pour mademoiselle Blanche et monsieur Aimé qui découvraient le plaisir d’être tout nus, pas encore flanqué de la peur d’être vus. Se découvrir, vérifier qu’un garçon et une fille c’est pas pareil, se regarder encore sous toutes les coutures et puis courir les pieds nus « le premier qui arrive au tilleul a gagné ! ». Madame L les regardait se laisser aller à ce plaisir délicieux de n’être vêtu de rien, même pas un petit maillot de bain. La demoiselle  prenait ses aises alors que son petit frère hésitait encore à entrer dans le bain. Il n’avait pas encore deux ans et abordait ce deuxième été comme beaucoup de petits enfants, très méfiant avec chaque nouvel élément. L’herbe n’était plus la même depuis que le soleil l’avait séchée et le petit garçon ne connaissait pas le zinc de la baignoire. Il serait bientôt chauffé par le soleil, presque doux au toucher, pourvu qu’on n’y frotte pas un ongle un peu trop long. Et puis sa grande sœur prenait beaucoup de place dans ce petit espace. Mimant la jeune fille alanguie, mademoiselle Blanche s’étendait de tout son long, avant de sauter d’un bond pour faire le tour du jardin à toute vitesse.
Il hésitait : la suivre ou profiter du bain, enfin seul. L’ivresse de la vitesse a vite gagné. Il fallait faire le tour du gros arbre et revenir en passant par les deux rosiers. Dans l’eau de la baignoire, un mélange de terre et d’herbe coupée infusait. L’année prochaine, monsieur Marcel se mêlerait à la course. Pour l’instant, il dormait au premier ignorant la course folle de ses aînés. Il n’était pas onze heures et le soleil cognait. Cet après-midi, ce serait aux deux grands de s’écrouler dans leur lit ou sur le canapé. Sr leur peau, des petits morceaux d’herbes folles encore collés.
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Posté par marionl à 03:02 - jour après jour - Commentaires [38] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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