tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

30 juin 2008

Blanche et Georges

georges1georges2georges3georges4                                                                                                      Comme il fallait aller à Lyon où mademoiselle Joséphine allait prendre une avion, ils ont décidé de passer cette journée en ville avec mademoiselle Blanche. Une journée presque toute entière pour elle.
La petite fille qui a décidé d’essayer de parler en  rimes rêvait, toute seule avec son père et sa mère d’un steack- frites sur une terrasse au bord de la mer « et avec tous les amis de ma vie qui seraient sur la plage aussi ».
Mauvais point pour les parents avant même que la journée soit commencée. Il auraient peut être pu faire mine de la chercher et lui annoncer un peu après mais madame L a préféré lui révélé tout suite qu’à Lyon son plan plage devait être oublié.
La petite fille a quand même trouvé la ville très jolie et puis l’idée d’aller au restaurant toute seule avec ses parents l’a aidée à marcher jusqu’à c qu’ils l’aient trouvé. Une institution ici. La Brasserie Georges, depuis le temps qu’ils s’ étaient promis d’y aller, elle était ouverte tout l’après midi et ça tombait plutôt bien. Il était deux heures passée et ils n’avaient rien mangé. Des serveurs en costume et tablier blanc, toujours gentils avec les enfants, un plat du jour bon comme à la maison et un très bel endroit plein d’histoires à raconter. Mademoiselle Blanche prête à toutes les écouter. Quand il n’y avait pas d’automobiles pour venir manger « mais la guerre c’était quand ? »
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                                                         « Et qu’est ce qui rime avec dessert ? ». Eux, ils étaient touts prêts à l’écouter, elle. Et rien qu’elle, sans pause ni interruptions des petits frères.
Ils sont ressortis rassasiés, un peu comme lorsqu’on est allé déjeuner chez sa grand -mère et qu’on a jamais osé dire non. C’était bien bon. Mademoiselle Blanche a tout mangé et c’est sûr, ils auraient le temps d’aller voir la plaine africaine, les girafes et les zèbres  l’autre bout de la ville. Les zébres s’étaient fait la malle mais les girafes étaient bien là dans les hautes herbes. Les singes, à côté,  l’ours brun un peu plus loin comme les trois eléphants d’Asie.  Et comme à chaque fois qu’il voit ces animaux là, monsieur L se dit qu’il aimerait bien emmener ses enfants les voir en vrai. Il leur a promis. Promis qu’un jour, ils essaieraient. Mais pour l’instant, un aller-retour à Lyon c’est un peu moins cher qu’un billet d’avion pour le Kenya  et c’était tellement bien qu’ils y retourneront peut être vendredi avec les garçons.
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29 juin 2008

leur maison

maison1                                                               Quand elle est rentrée dans cette maison, elle était à lui, il l’avait déjà choisie. Il l’avait choisie avec une autre qu’elle. Madame L aura toujours ce petit regret en elle, celui de ne pas être entrée avec lui dans une maison vide en sentant qu’elle allait la faire sienne. Une maison où elle aurait imaginer l’emplacement de chaque tableau, de chaque meuble, bien avant d’emménager.
Elle a voulu venir vivre ici,avec lui, et elle a mis un peu de temps à s’approprier cette maison, à dire ma maison,, notre maison. Petit à petit, elle l’a pourtant investie. Il a fallu un peu plus de temps que si elle l’avait choisie avec lui, mais ils l’ont transformée. Elle ne ressemble plus à ce qu’elle était quand il l’a trouvée.
D’ailleurs, ses meubles à elle se sont toujours sentis comme chez eux, on dirait même qu’ils y sont nés. Et puis tous les deux, ils ont chiné, jouer de la perceuse et du marteau, repoussé les murs et rêvent ensemble à la cheminée dans leur prochain bureau, à la grande verrière et à tout ce qui reste à venir.
Mais il y avait cette pièce du rez-de-chaussée dont elle n’avait jamais vraiment osé lui parler. C’était joli, mais quelque chose la gênait, depuis que la première fois elle était entrée ici. Elle avait bien sûr suggéré de menus travaux, ils avaient trouvé le billot et installé la hotte en verre, exactement comme elle voulait, mais cette pièce tout en longueur la chagrinait. Un seul mouvement vers la porte du fond, le vent aurait pu la traverser sans s’arrêter. Elle avait envie de plus de rythme dans cette pièce de vie, et puis d’un petit coin salon où on pourrait se réchauffer autour du poêle au milieu de l'hiver.
Et peut être que tout ça, toutes ces impressions, c’était juste pour justifier son envie de changer, de modifier le tracé qu’il avait dessiné avec l’autre, la jeune dame d’avant, celle avec qui il était sûrement allé chercher les clés la première fois.
Depuis quelques semaines, madame L s’avançait à pas feutrés. Des petits pas pour suggérer et surtout pas pour tout balayer et lui faire oublier la vie qu’il avait imaginée là, avant de la rencontrer. Des mots pour lui dire que pour la première fois de sa vie, elle n’avait pas envie de déménager, de changer de vie, mais qu’elle aimerait bien, juste pour s’amuser, faire bouger les meubles et tourner les tapis. Elle lui a parlé de cette verticale, une pièce à vivre traversée par une ligne de fuite, ça n'allait pas avec leur vie.  Il l’a écoutée et ce matin, il l’a même aidée à bouger le canapé.
Cet après-midi, alors qu’il était justement parti aider un ami à déménager, elle a continué sur sa lancée, sûre et certaine que si ça ne lui plaisait pas quand il rentrerait, elle remettrait tout comme avant, exactement Il faut qu’il s’habitue, c’est ce qu’il lui a dit. Il s’est trouvé ne place à table et s’es assis sur le canapé. Il a eu l’air content, lui qui n’aime pas trop voir les meubles valser. Il sait que pour elle c’était important. Ce soir elle va s’endormir dans une jolie maison. Dans leur maison. Et demain matin, elle sera pressée de descendre au rez-de-chaussée prendre son café.

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28 juin 2008

la kermesse de la vallée

kermesse0kermesse02kermesse1kermesse2kermesse3kermesse7                                                                                                          C’était une fête comme la maîtresse et les élèves en rêvaient. Une petite kermesse dans la prairie avec des jeux auxquels tout le monde avait envie de participer. Des courses en sac, une corde à tirer, un chamboulle-tout et des quilles, à tous les coups on gagnait. Et puis des petits concours comme la maîtresse en a le secret. Des concours où les gagnants sont contents d’avoir gagné et les perdants même pas déçus d’avoir perdu. Mais quand même, mademoiselle Blanche était trop contente de recevoir le premier prix de poésie. Quant à sa maman, trop fière aussi d’être intronnisée reine des tartes de cette année. Un trophée remporté haut la main grâce aux dames Tambouille dont elle a  fait la tarte aux fraises, en rajoutant queqlues framboises parce qu’elle ne peut pas s’empêcher de mettre son grain de sel. Le grand jury, messsieurs et madame les maires des quatres communes de la vallée, ont gouté, encore gouté et tellemnt regouté, qu’il a fallu se dépêcher pour en chiper une petite lichette. Même monsieur L ne s’est pas ennuyé, très content de voir sa petite fille danser.
Monsieur Marcel, regardait  les grands s’agiter sans en perdre une miette. A l’ombre du gros tilleul, il aurait pu se laisser emporter par la sieste, bercé par les rires des enfants,  mais il a resisté jusqu’au soir. Il n’était pas question pour lui de rater le concours de princesse.
Monsieur Aimé courait d’un stand à l’autre accompagné par sa très grande sœur qui a pu jouer au chamboule-tout ou chausser le casque à pic qui fait éclater des ballons sans avoir peur d’être trop grande pour s’amuser.
Madame L a laissé sa caisse et la vente de billets pour participer à la course à trois pieds avec mademoiselle Blanche qui n’avait pas très bien compris comment avancer. Avant-dernières, la petite fille aurait préféré faire mieux  et la mère s’est bien amusée.
Pour le dîner, madame L était encore la grande argentière. Beaucoup d’inscritions et des sous, es pièces et des billets. Bonne nouvelle pour la petite cantine et la quinzaine de petits élèves qui y mangera l’année prochaine. Une cantine avec une dame qui pourra continuer à leur faire ce qu’ils aiment et rien que ce qu’ils aiment, même quand les parents ne sont pas au courant.

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27 juin 2008

fin d'année

kermesse2kermesse3kermesse4kermesse5                                                       Monsieur et madame L doivent encore travailler mais il flotte déjà ici un petit air d’été. Plus besoin de se lever à six heures, les cours de mademoiselle Joséphine sont terminés. La jeune fille en a profité pour fêter son anniversaire avec des amis. Cinq adolescents pour deux jours ici, et pas un bruit. Cinq grands charmants  qui retirent leurs chaussures avant d’entrer,  vont se promener dans le champ et  s’occupent même des petits avant de dîner. Cinq grands parfaits, presque trop parfaits aurait même pensé madame L si elle avait l’esprit mal tourné.
Ce matin, alors que les adolescents récupéraient quand même d’une nuit passée à papoter, elle a préparé les petits en  glissant deux chapeaux dans la panier. Elle savait qu’aujourd’hui, ils retrouvaient d’autres enfants et d’autres nounous pour pique-niquer. Au programme de leur après-midi, peinture avec les mains et les pieds. Elle les aurait bien regardés s’amuser.
Mais elle avait très important à faire. Et cette année, elle avait même décidé d’embarquer monsieur L avec elle. Puisqu’il était là aujourd’hui, il fallait qu’il voit au moins une fois à quoi ce genre d’expédition ressemblait.
La préparation de la kermesse de fin d’année. Il y avait eu les réunions pour savoir qui achète quoi et qui fait quoi, qu’est ce qu’on fait pour le repas « mais non, ça personne ne va aimer » et puis décider des activités, et aujourd’hui il fallait préparer le dîner « ça ne t’ennuie pas si on a tout changé ». Elle n’a pas osé dire que dans le fond, elle s’en fichait, le gratin dauphinois « c’est vraiment très très bon, surtout avec du jambon ». Et puis les habituées, chef des opérations depuis des années sont arrivées et là, elle a bien sentie que l’important était de suivre les consignes données. Ne pas participer au débat enflammé sur la sauce vinaigrette, ne souffler sur les braises avec une autre idée. D’ailleurs pour ce genre de dilemme, elle a rarement d’avis tranché. Eplucher les patates, couper les tomates, ça elle savait. « ah, vous les pépins, vous les enlevez? ». S’amuser en pensant à ce que devait vivre monsieur L parti avec les hommes dresser les tables et préparer les stands de jeux. Il avoue lui-même ne pas être  très fort pour ce genre d’activités et se réfugie dans un mutisme qui peut étonner,voire même parfois inquiéter. Mais il prêtait ses bras et c’était déjà ça. Et après tout parent d’élève, lui aussi il en était.
Demain matin il faudra faire le gâteau et la tarte qu’ils ont promis d’emmener, ne pas oublier le jeu de quille et habiller la demoiselle avec ses bottes et sa coiffe de pionnière version « petite maison dans la prairie ». Demain en tout début d’après-midi, madame L arrêtera la course des préparatifs pour aider sa petite fille à se préparer, à se faire toute jolie pour la danse qu’elle a passé des jours à répeter. Ce sera sa journée. Une première fête de l’école, c’est presque aussi important qu’une première rentrée. 

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26 juin 2008

rester ici

ici1ici2ici3ici4                                                                                                         Les autres années, il lui fallait partir, voir du pays et prendre l’air. même si elle vit au vert. elle avait envie de voir ailleurs, et surtout la mer. Mais cette fois ci, il y a eu le Japon en amoureux et l’île de Groix pour commencer le mois de mai, alors cette fois, ils ne partiront pas. Même pas ce petit séjour autour du 14 juillet pour rejoindre monsieur L là où il travaillera.
Pour la première fois, c’est madame L qui n’a pas eu envie. 
Pas envie de se retrouver sur la route ou dans le train avec des petits, de s’allonger sur la plage avec un bébé qu’il faut protéger, de chercher ses enfants au milieu de la foule des vacanciers.
Ils resteront ici, pour se poser et profiter. Redécouvrir la maison  autrement, accueillir les amis qui voudront passer et jouer les touristes, juste à côté.
Elle pourra coudre, cuisiner, lire et jardiner. Se lever tard, se lever tôt si elle en a envie. Ils aimeraient bien aussi faire une surprise à leurs enfants.  Zoé est partie depuis longtemps maintenant. Et si cette surprise à grandes oreilles arrive ici il faudra bien s’en occuper.
Et puis depuis le temps qu’ils en ont envie. Aller voir les chevaux, les réapprivoiser et remonter. Partir en balade quelques heures au petit matin quand le soleil n’est pas encore trop haut.
A l’idée même de ne pas faire de valises pour cet été, elle se sent reposée. L’envie de voir ailleurs et de découvrir d’autres contrées la reprendra très vite. Elle le sait. Mais pour l’instant, c’est la douceur des soirées sur le petit muret qu’elle a envie de retrouver. Y papoter avec les amis de passage, venus là pour un week-end, une semaine, ou juste le temps d’une étape à mi-chemin de la méditerranée.
Elle aussi se jetterait bien dans l’eau, d’un rocher très haut dans les calanques de Marseille. Elle prendrait bien un petit café à Aix, sur la place de l’évêché ou à La rochelle en regardant les bateaux arriver, et puis dans mille endroits encore. Mais elle a encore toute une vie qui l’attend pour voyager. Les petits ne verront pas la mer cet été mais pour eux aussi il y aura tellement d’autres été. Eux aussi sont tellement fatigués. Hier, mademoiselle Blanche s’est endormie sur le dessin qu’elle était en train de colorier.
Cette année, elle a fait tellement de chose, griffonnée tellement de pages du calendrier, qu’elle a juste envie de se reposer et pourquoi pas, pendant un petit moment, vivre dans sa maison comme si elle y était invitée.
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25 juin 2008

la tondeuse

tondeuse1tondeuse2                                                        Il y a des tâches qu’elle a longtemps laissées à monsieur L, décrétant que ce n’était pas pour elle. Tondre la pelouse par exemple, elle ne s’y était jamais employée. Et puis il n’y a pas si longtemps, elle a essayé. Ce matin, c’est même elle qui a proposé. Il est de ces activités à l’écart de toute forme de création qui demandent juste de  leur auteur un minimum de volonté, celle de vouloir avancer, d’avoir fini à midi pour préparer à manger.
Alors elle s’est amusée à se lancer ce défi, avoir fini le jardin pour la fin de la matinée. Le ronronnement de la machine l’aidait à s’extraire du monde qui l’entourait, des petits qui avaient toujours quelque chose à demander. Elle était occupée.
Et ce bruit est devenu son allié. Elle ne pouvait rien entendre, pas surveiller. Il fallait qu’ils apprennent à se débrouiller. Pas inquiète, elle était sûre qu’ils sauraient.
Elle s’est mise à penser au week-end qui venait de s’écouler, aux rencontres et aux amitiés naissantes, aux liens qu’elle avait envie de tisser, et aux autres rencontres qu’elle avait désormais envie de provoquer.
Il y a quelques mois, elle avait encore un peu peur de ce passage à la réalité, de ces rencontres « en vrai » mais les jours derniers, ses craintes s’étaient envolées. Dans ce monde de l’autre côté, Des usurpateurs, des afabulateurs, il y en avait sûrement , mais pas beaucoup plus que dans la vie en vrai. Et puis il suffisait souvent d’un peu de jugeotte pour arriver à les démasquer. Le vide, le faux, on les reconnaît.
Elle pensait à ceux qui lui disait de se méfier. Elle ne s’est pas souvent méfiée. Elle n’a pas eu souvent peur. Un peu l’autre jour, une peur qui est remontée des profondeurs quand l’inconnu lui a demandé si elle pouvait le monter en voiture jusqu’à l’église. Cinq cent mètres, elle devait accepter. Il s’est assis juste à côté. Et tout d’un coup, comme une bouffée, elle s’est retrouvée ce jour où celui qui l’avait suivie a glissé son pied dans l’ouverture de sa porte d’entrée. Cette peur de l’agression, elle ne l’avait jamais retrouvée. Là, tout de suite dans sa voiture alors qu’un vingtaine de mètres les séparaient de l’église où elle devait le déposer, elle a eu envie de crier, de s’arrêter, de lui dire qu’elle ne pouvait pas continuer. Le pauvre homme avait l’air épuisé, elle n’avait aucune envie d’être méchante, mais pas envie non plus de lui raconter.
Ils sont arrivés, la femme du monsieur l’attendait. Ils étaient très chargés et ils venaient de faire plusieurs aller-retours entre le bas de la côte et le sommet. Il l’a remerciée. Elle n’a pas réussi à lui répondre,  même pas un sourire, juste un soupir quand il s’est éloigné. La tondeuse venait de s’arrêter. Trop pleine. Onze heures et demi. Il fallait se dépêcher, il lui semblait entendre quelques cris au premier.

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24 juin 2008

double vie

doublevie1doublevie2                                                        Ce matin, ils étaient au milieu des tissus. Monsieur Aimé se caressait la joue avec ceux qu’il trouvait à sa portée pendant que les filles imaginaient tout ce que leur mère pourrait leur faire avec les coupons qu’elles choisissaient. Avant, ils s’étaient déguisé en touristes pour prendre le funiculaire.
Quelques heures plus tard, les enfants avaient retrouvé leur jardin. Les sacs à peine posés,  mademoiselle Blanche avait repris son entraînement de corde à sauter. Il avait du faire très chaud ici, ça sentait déjà l’été.
Entre les deux, il y avait eu le train forcément un peu fatiguant, mais madame L se sentait bien. Elle aime toujours autant ces journées où deux vies se sont croisées. Etre là et déjà sentir le parfum du foin coupé et aussi encore un peu là-bas. Oublier le petites anicroches d’un séjour parisien et ne se souvenir que du plaisir qu’on y a pris.
Trouver la maison si jolie, encore plus jolie parce qu’on l’a quittée.  Et la vie douce, encore plus douce ici parce qu’on vient de rentrer.   
Elle s’est assisse sur le pas de la porte pour profiter de la douceur de la soirée et puis elle a encore pensé qu’elle avait tellement de chance de vivre  cette vie.
La grande ville, elle y retournerait une ou deux journées quand elle pourrait. Pour faire le plein de jolies choses à regarder et des petites emplettes. Juste un peu, c’est promis. Une ou deux journées à regarder les gens, à les trouver bien habillés, souvent trop pressés, s’ennivrer de projets pour la journée. et puis à la fin du séjour avoir envie de rentrer, pour retrouver la vie qu’ils ont choisie, au milieu des prés. Et voir monsieur Marcel battre des mains et des pieds parce que devant la maison, il a retrouvé les herbes hautes, et monsieur Aimé courir partout et chercher les chevaux avant d'aller se coucher. Les coucher, chacun dans son lit, puis se laisser glisser à son tour dans le silence de la nuit d'ici, les rêves encore un peu parisiens et des projets pour demain dans le petit jardin.

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23 juin 2008

trop snob

restaurant1restaurant2Monsieur L et les enfants l’attendaient au jardin du Luxembourg. Elle avait un rendez-vous important juste à côté. Elle en est sortie m-figue, mi-raisin. Pas vraiment contente d’elle mais ravie quand même, l'aventure continuait. Un déjeuner dans le coin, ce serait bien. Alors elle a eu envie de les emmener dans le restaurant de ce beau magasin de vêtement pour enfants, sur la terrasse abritée par les grands arbres, loin du bruit qui commençait à les fatiguer.

Monsieur L a sourit, il s’est un peu moqué. Elle a un peu insisté parce qu’elle y avait même mangé avec les enfants deux jours avant. Elle avait pris une délicieuse salade et ce déjeuner avait été un de ces petits moments dont on se souvient longtemps. Les enfants avaient envie d’y retourner et de retrouver la gentille serveuse italienne qui s’était occupée d’eux.

Alors ils y ont même donné rendez vous à une amie avec laquelle ils avaient envie de papoter. Monsieur L a reconnu la beauté des lieux mais aujourd'hui, la dame italienne n'était pas là.

Après une heure d’attente, ils commençaient à se lasser d’admirer et monsieur Marcel a commencé à pleurer et ils ont senti tous les regards se retourner vers eux. Plus de pain pour eux comme ils l’avaient demandé alors qu’il continuait à être servi sur les tables d’à côté, une carafe d’eau resservie en soupirant puis plus resservie du tout. Et au bout d’une heure et demi, des petits épuisés et des remarques de serveurs énervés. « ah oui c’est vous la table du bébé qui est en train de pleurer ». des plats toujours pas arrivés et madame L qui n’osait même plus dire que « deux jours avant c’était très bien ».

Un client s'est levé pour leur demander s’ils ne pouvaient pas « arrêter de faire pleurer ce bébé ». Difficile pour madame L de savoir à ce moment si la colère ou les larmes allaient l’emporter. Evidemment, monsieur Marcel à qui ça n’arrive jamais, elle jure que c’est vrai, s'est remis à hurler. Les plats arrivaient enfin, ils se sont dépêché de les manger sans attendre le dessert des enfants pour s’en aller. Et le prix, elle n'ose même pas en parler. C'est exactement ce qu'on apelle un déjeuner râté. 

  Elle avait oublié que Paris ça pouvait être ça aussi. Un magasin pour vêtements d’enfants ou les enfants ne sont acceptés que si ils ont l’air de sortir d’un magazine branché et silencieux surtout, pas un bruit pour ne pas gêner. Pourtant, ses enfants, madame L peut le jurer, ils étaient très mignons ce matin et plutôt sages pour des petits qu’on a obligés à attendre une heure sans eau et sans pain avant de manger.

Le café, ils sont allés le prendre dans le bistrot d’à côté. Monsieur Marcel avait biens sûr arrêté de pleurer et le serveur a proposé un petit bout de pain à monsieur Aimé, sans même que le petit garçon lui ait demandé.

Finalement, un « jambon beurre » ça peut être très bon aussi. C’est sûr, la prochainr fois elle trouvera beaucoup de charme au sandwich parisien. A l’ombre d’une fontaine ou dans un parc ombragé. Mais surtout pas sur l’herbe madame, c’est interdit ».

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22 juin 2008

manouches

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gitans2gitans3gitans4Leur grosse valise avec tous leurs habits de manouche dedans, ils ont pris le train pour partir à la fête. Monsieur L avait déjà son chapeau sur la tête, mademoiselle Blanche attendait depuis le matin de pouvoir porter ses grandes boucles d’oreilles. Des boucles d’oreilles pour la premère fois. Des strass, des brillants, sa jupe sur un grand jupon, ce soir elle serait princesse gitane.

Juste le temps de se changer et d’arriver jusqu’au portail. Tous les six habillés. fiers évidemment,. Gitans. Un grand cheval noir et un violon qui jouait, Ils n’étaient pas arrivés au jardin qu’ils y étaient déjà. Des lumignons allumés, des petites filles en sabot et en châle au crochet et plus loin, des tapis accueillants, un grand lit ancien et des châles étendus à côté du miroir qui reflétait la magie du moment. Madame L avait toujours imaginé que la dame d’ici était très forte en magie. Pas celle qui transforme les grenouilles en princesse ou qui fait sortir du chapeau le lapin blanc mais cette magie qui fait d’un instant  le chapitre d’une histoire  merveilleuse, sortie du temps, sans avant ni après, parce qu’ à cet instant, ce n’est pas ça l’important. Elle ne s’était pas trompée. Des roues de vélos suspendues se faisaient lustres majestueux, des cadres dorés entouraient ce qu’on voulait imaginer dedans, et à travers l’un d’eux on voyait la campagne derrière. Ou peut être qu’on se trompait mais c’était beau et c’était ça l ‘important.

La danseuse tournoyait dans son grand drap blanc et les enfants reprenaient leur course entre le grand arbre et la petite cabane. Puis la pinata. Ici, forcément.  Ils vivaient leur vie sans avoir besoin des grands. Monsieur Aimé, un peu à l’écart, essayait de dompter le vieux tricycle qui refusait d’avancer. Il s’arrêtait de temps en temps quand il croisait une jolie dame ou un bout de gâteau qu’on lui tendait. Il veillerait tard, encore emerveillé.

Un vieux lit de camp se faisait divan pour accueillir des discussions chuchotées, les gros fauteuils s’étaient recouverts de couvertures en petits carrés crochets et les bougies continuaient d’éclairer cette nuit tziganne que même le feu d’artifice de la ville d’à côté était venu célébrer.

La vraie magie avait fait son effet, fête de la musique et feu de la Saint-Jean réunis, même le hasard sétait invité en bouquet pétaradant. C’était beau comme la plus longue nuit de l’été.

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21 juin 2008

les petits bateaux

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D’abord faire un tour pour trouver des petites affaires. Soldes et magasin bondé. Difficile de chercher, de trouver, de s’y retrouver. Beaucoup de choses très jolies mais trop de monde aussi. D’autres rencontres, la jolie Capo et son bidon tout rond, fred et encore Lao, plus habituée et plus obstinée que Madame L. Sans elle, elle aurait tout simplement renoncé. Posé là tout ce qu’elle avait choisi sans rien acheter. Un petit burnou et un caleçon rayé pour monsieur Marcel, et toujours pas de chaussures pour monsieur Aimé.

Des petits nus-pieds trouvés juste après, exactement ceux qe madame L voulait, et soldés. Il était temps d’aller se reposer, profiter du tout début de l’été dans le parc d’à côté. Celui que les filles préfèrent. Le Jardin du Luxembourg, avec les chaises qui la font rêver et la foule des samedi ensoleillés. Celle que madame L et ses enfants aiment regarder. Un jardin de ville, avec des pelouses où on n’a pas le droit d’aller mettre les pieds, des rosiers bien taillés, des enfants qui jouent derrière les grilles et des poneys arnachés. Ils en voulaient encore, du jardin tellement civilisé, du vert taillé, du joggeur super looké et des gens qu’ils s’arrêtaient pour regarder passer. Monsieur Aimé en avait oublié qu’il était si fatigué. Réveillé à cinq heures, il était pourtant le plus vaillant de tous les enfants. il courait partout, puis s’arrêtait, sans savoir vraiment ou se fixer, les yeux grands écarquillés. Des basketteurs, des joueurs de tennis, une vieux monsieur et son pliant, il admirait.

Encore un autre rendez vous. Cette fois-ci c’était avec elle au bord du bassin où flottent les petits bateaux. Et encore cette douce sensation de se connaître déjà. Ne pas être déçue et retrouver celle qu’on imaginait. encore envie de discuter, encore des choses à raconter, Elles se disent qu’elles se reverront après. Madame L a envie que ce soit vrai.

Pendant que les dames ont papoté, les enfants regardaient les bateaux passer. Mademoiselle Joséphine et monsieur Aimé essayaient d’en faire naviguer un alors que mademoiselle Blanche, un peu grognon, commençait à sentir la fatigue arriver.

Il fallait penser à rentrer en profitant de la musique qui commençait à s’installer. Dormir un peu. Puis repartir à la fête. C’est comme si une autre journée allait recommencer.

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