tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

20 mai 2008

tout va bien

desvies1                                                                                                                        Le rythme a repris. Pendant un mois encore, madame L ne travaille pas très loin, elle peut rentrer manger le midi, s’occuper de ses petits sans penser aux longs trajets, les retrouver le soir un peu plus tôt  et même aller chercher mademoiselle Blanche à l’école de temps en temps. Et puis depuis deux semaines, une dame vient l’aider à nettoyer cette grande maison pleine d’escaliers. Une reprise de rêve en somme. Elle le sait.
Et pourtant aujourd’hui, la tête serrée dans un étau, la tête un peu trop pleine, elle s’est sentie si fatiguée. Cette tête qui aujourd’hui ne pouvait plus rien enregistrer. Trop de choses à retenir, de mots à rédiger, de coups de téléphone à donner, et puis d’envies à réaliser.
Cette fatigue de la reprise, quand l’adrenaline des premiers jours est diluée et qu’il faut se confronter au quotidien, à sa réalité, elle l’a déjà croisée. C'est dur de retourner travailler. "Mais tout va bien", c'est ce qu'elle dit tout le temps ce moment. Le "mais" devant, pour dire la vérité.
Et pourtant tout va bien. Ce midi, elle a terminé la petite chemise pour Monsieur Aimé. Premier petit vêtement à carreaux, premières boutonnières. Trop fière. 
Demain c’est mercredi, et le mercredi après-midi elle est ici. Ils mangeront les yaourts qu’elles ont préparés ce soir avec mademoiselle Blanche. La petite fille y tenait. Elle en a parlé à sa mère jusqu’à l’achat de la yaourtière. « Je l’ai déjà fait chez maminou, je t’apprendrais ! ».
Madame L  n’a pas envie d’entendre qu’elle en fait trop.Pas envie du tout. Parce que tous ses petits  plaisirs d’avant, elle a envie de les garder. Et puis ses enfants, elle a envie d’en profiter. Mais aujourd’hui, elle était tellement fatiguée. Monsieur L n’est pas là en ce moment et c’est fou comme les nuits ne sont pas pareilles quand on a la charge d’une maisonnée. Elle a de la chance pourtant, son sommeil est lourd. Mais il est trop court.
Elle n’a pas envie de pleurnicher, elle a trop de chance en vérité. La chance de pouvoir faire tant de choses en une journée, et de toujours avoir des projets, même des tout petits projets, comme se réconcilier avec ce corps dont elle ne s’est pas beaucoup occupé. Bientôt sept mois depuis la naissance de monsieur Marcel et juste quelques grammes perdus. Petit souci de dame privilégiée. Et puis quelquefois elle se sent bien comme ça. Mais quand même, elle regarde souvent ses petites robes légères.
Dans le fond, elle sait que le secret est là. Elle a tellement aimé faire du vélo à Groix et cette petite énergie qui lui manque, c’est en s’occupant d’elle qu’elle la retrouvera. Sentir que les muscles ont fondu mais qu’ils sont toujours là. Aller à la piscine, retrouver l’eau.Retrouver son corps et ses contours.  S’occuper d’elle et de sa vie avec monieur L. Des petits moments rien qu’à deux. Ces moments, elle veut les trouver. Aujourd’hui, elle est juste un peu fatiguée.

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Posté par marionl à 22:02 - jour après jour - Commentaires [53] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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