DSCN6171DSCN6174DSCN6179DSCN6195Pour monsieur et madame L c’était le premier vide-grenier de l’année. Une allée dans un parc de Tokyo et des stands de vieux objets et de kimonos usés. Un vide-grenier ici, madame L n’y avait même pas pensé mais Philomène la connaît . Butin du dimanche matin, un kimono d’été, un petit porte-bonheur et un métrage de tissu. Du coton fin, parfait pour essayer les petits livres de patrons  pour enfants déjà rouvés et prêts à s'envoler. Avant, un petit tour dans le parc d’à côté. Le temple, toujours des vœux accrochés, et une réunion d’anciens combattants venus se retrouver à côté du musée des armées. Un dimanche matin presque comme les autres pour monsieur et madame L qui la veille au soir avaient appelé leurs enfants. Tout allait bien. Sensations mêlées de manque et d’envie d’en profiter. Bientôt, très loin, la course du quotidien reprendrait et le sejour à Tokyo se raconterait comme une histoire passée.

En prendre plein les mirettes, ne jamais s’arrêter, c’était l’idée de madame L Suivie de près par son amoureux qui, cet après-midi, attendait que la pluie cesse pour aller photographier les Shibouyettes, ces jeunes filles déguisées en poupée, en héroïne de mangas ou en infirmière  débrayées. Alors quelques sauts de puces pour regarder les immeubles  de marques, dernières folies souvent très réussies des architectes, puis ils se sont retrouvés sur le pont où les jeunes filles déjantées se retrouvent tous les dimanche pour enfiler leur costume et vivre leur rêve éveillé.

Pendant que monsieur L officiait, madame L s’est offert un petit tour seule dans le quartier. Seule dans une ville de huit millions d’habitants, au milieu d’une foule qui, pas une fois ne l’a bousculée. Et comme plusieurs fois depuis plusieurs jours, cette sensation d’ivresse et d’excitation, certitude qu’ici, on trouve toujours ce qu’on cherche et même ce qu’on ne cherche pas. Se perdre dans une ville qu’on ne connaît pas. Ne pas se perdre tant que ça. Commencer petit à petit à saisir des bribes de ce monde qui ressemble au sien et qu'elle devine quand même si différent. Le dedans et le dehors. Ne rien comprendre encore de cette ville par laquelle elle se laisse engloutir mais sentir qu’elle peut en saisir quelques clés. Impression de liberté toujours flanquée de cette rigidité qui n’en est peut être pas. Rigidité n'est pas le bon mot, mais dans sa langue, il n'en existe pas pour définir cela. Course ininterrompue et délicatesse infinie pour préparer un petit paquet qui sera défait cinq minutes après.  Dans quatre jours il faudra repartir. Ils auront la certitude qu’ils ont encore tant à découvrir d’ici. Tant àregarder. Ils auront juste passer dix jours à rester les yeux les plus ouverts possible, pour ne rien rater de ce qui leur était offert. Madame L finissait sa promenade à l'oriental bazar. Comme sa petite soeur lui avait indiqué, elle est monté au premier choisir quelques poupée puis en oubliant les groupes de touristes qui la croisaient, elle a filé au rayon des kimonos déjà portés. Presque une heure à fouillé dans les soieries et les cotons d'été et quelques petites merveilles choisies pour se souvenir longtemps de ces quelques jours japonais DSCN6217DSCN6219

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