tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

21 mars 2008

vieil ours

DSCN5088DSCN5089                                                        Ce petit ours, madame L l’avait acheté bien avant la naissance de son premier bébé. Un vrai ours en peluche, teddy bear un peu rigide qui fait un petit bruit quand on le retourne et qu'on  appuie. C’est le premier jouet qu’elle avait posé à côté du berceau de mademoiselle Joséphine, puis dans sa chambre où d’autres ours l’avait rejoint. La petite fille avait grandi, sa collection d’ours aussi et madame L ne pouvait s’empêcher de mettre celui là devant, au premier rang, dès qu’il lui prenait l’envie de ranger. 
Mademoiselle Blanche aussi l’avait trouvé très joli, mais pas très doux pour faire des câlins. Les ours elle aimait bien mais elle préférait les poupées, plus drôle à habiller. Elle avait assis le petit ours juste au dessus de sa table de chevet. Un très beau jouet, posé, un joli souvenir pour madame L qui se rappelait la petite boutique du passage Vivienne à Paris  où elle l’avait acheté. Dans ce passage couvert qui la fait encore rêver dès qu’elle va s’y promener, il y avait ce tout petit magasin rempli d’ours quelquefois très anciens. Une folie. Il ne lui servirait à rien mais elle aimait imaginer qu’un jour ses enfants le câlinerait. C’est avec ce Teddy Bear qu’elle à commencé à se construire mère.
Les ours, elle les aimait de toutes les tailles, de toutes les formes. Elles les aimaient blancs, noirs ou bruns, ou miel, évidemment.
Ce petit ours là, mademoiselle Joséphine et mademoiselle Blanche l’avaient accepté.  Mais elles ne se l’étaient jamais approprié. Ce n’était pas leur jouet. L’air vieillot et le ventre dur, il était à leur mère. Elles s’étonnaient d’ailleurs souvent de savoir qu'il avait été acheté alors que madame L n’avait pas encore d’enfant et qu’elle n’en était plus une depuis longtemps. « C’est pas normal maman ! ».
Alors le petit ours restait pour décorer, de coin bébé en chambre d’enfant, déménagement après déménagement.
Et puis monsieur Aimé est arrivé. L’air de rien , madame L a posé le petit ours dans son lit. Il l’a tout de suite pris, regardé, et serré. Depuis, il a reçu d’autres jouets, d’autres peluches à câliner, des bâtons pour faire des pistolets, mais c’est toujours vers ce petit ours qu’il revient.
Un petit ours articulé qu’on peut assoire et faire sauter, assez petit pour le serrer contre soi, juste assez grand pour être assis sur le banc, assez résistant pour ne pas se déchirer. Alors il traîne par terre, il est quelquefois piétiné, jeté en bas de l’escalier. Il lui restera sûrement quelques cicatrices de cet amour là, un peu violent. Il ne sera peut être pas aussi beau qu’avant, mais le petit ours a su être patient, et attendre vingt ans, exactement, avant d’être adopté par un petit garçon qui a fait de lui un jouet, son nounours préféré.
Alors il veut bien être un peu malmené parce qu’en plus, avec monsieur Aimé, tout fini toujours par un gros câlin, fort, serré.
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Posté par marionl à 16:02 - Aimé - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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