tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

16 mars 2008

premier biberon

DSCN5013DSCN5023DSCN5024DSCN5026Madame L était allée chercher le biberon à la pharmacie et c’est monsieur L qui s’était chargé du lait. On se disait qu’un dimanche, en famille c’était une bonne idée, comme une petite cérémonie. Il fallait que ce soit calme aussi. Le jour et le moment, c’est monsieur L qui les avait choisis. Le premier biberon, c’était lui.
La veille, Madame L y avait beaucoup pensé. Vingt-sept mois qu’elle était enceinte ou qu’elle allaitait un bébé. Dans l’après-midi, il y avait eu cette dame qui lui avait dit « alors c’est pour quand ce bébé ? ». « Mauvaise pioche, il est déjà né… »
Maintenant,  elle  avait un peu envie de s’occuper d’elle aussi. Et ça, son bébé l'avit compris. Ca n’est pas de la magie mais c’est la vie dans ce qu’elle a de plus joli.
Un bébé qui se détache petit à petit de son sein, qui s’endort une ou deux fois sans téter, un bébé qui lui dit qu’il grandit, qu’elle n'est plus la seule dans sa vie.
Alors quand ils se retrouvent tous les deux, qu’elle l’allaitent au milieu du brouhaha, c’est encore un moment précieux, sa petite main contre son sein. Mais maintenant, ils ne sont plus un, ils sont deux. Il se met à râler quand elle parle à quelqu’un mais il tourne la tête quand une musique lui plait.
Tout doucement, la séparation a lieu. Petit à petit, de la fusion  on passe à deux envies, deux battements qui se retrouvent de temps en temps. Encore souvent, heureusement.  Mais grâce à lui, ce tout petit bébé qui a compris, ils deviennent plus forts, l’un contre l’autre, et chacun de leur côté. Aujourd’hui, elle s’attendait à pleurer. Elle était juste attendrie de voir son bébé le regard fier et les mains posée sur le biberon. Content d’être plus grand.
Ce matin, il avait regardé les biderons de mademoiselle Blanche et monsieur Aimé avec envie. C’était le moment.
Alors quand il a eu faim, madame L a un peu oublié, elle lui a donné le sein. Et puis monsieur L est arrivé, il a réchauffé le lait puis s’est installé. Et là, c’est la première fois qu’un des bébés de madame L saisissait cette chose en plastique si naturellement. A deux mains, goulluement. « Comme s’il l’avait fait toute sa vie » commentait son papa, fier aussi. Ce premier biberon, c’était aussi grâce à lui. Il avait eu raison d’insister.
Quelque chose de joyeux flottait dans l'air, "un vent de liberté" disait le père. « Marcel, si tu continue à être parfait, tu va te faire des ennemis » lançait une de ses soeurs, très grande cheftaine de fratrie. Ils assistaient tous les trois, à ce rite de passage qui faisait du « bébé de maman » un frère qu’ils  accueillaient parmi les leurs. Bientôt, un petit déjeuner de plus à préparer le matin.   « Et moi, quand est ce que je pourrai lui donner ? ».
Pendant que monsieur Marcel se rendormait au sein, on décidait qu’il y aurait encore un biberon demain. Peut-être deux.

Posté par marionl à 17:06 - marcel - Commentaires [43] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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